Vert Absolu : jusqu’où une société peut-elle aller pour sauver le climat sans écraser ceux qui la composent ?

Vert Absolu, Chronique d'un monde étouffé est une œuvre de fiction signée Guy de Lussigny, publiée en mai 2025. Son intrigue se déroule en 2060, dans un Paris glacé où la lutte climatique a pris la forme d'un contrôle permanent du quotidien. Rien de ce qui suit ne décrit un fait réel : il s'agit d'un thriller dystopique, et la présentation officielle de l'éditeur suffit déjà à poser un dilemme que tout lecteur attentif aux enjeux technologiques et écologiques reconnaîtra. Avant de se demander comment ce monde finit, il vaut la peine de comprendre comment il a commencé, et ce que sa logique interne révèle sur nos propres usages du contrôle numérique.

Un système qui mesure tout pour protéger tout

Dans l'univers imaginé par Guy de Lussigny, la République écocitoyenne a confié à un dispositif nommé CARB-CTRL la gestion de la sobriété collective. Température autorisée, ration d'eau, score écocitoyen : chaque geste quotidien devient une donnée surveillée. La présentation officielle insiste sur ce point précis, qui est aussi le cœur du malaise du récit : la mesure n'est pas un outil neutre, elle devient la condition d'accès à des besoins vitaux. Ce choix narratif résonne avec une question bien réelle que posent aujourd'hui les objets connectés et les applications de suivi : à partir de quel seuil une donnée collectée pour le bien commun se transforme-t-elle en instrument de contrainte individuelle ?

Eliott Mersan, bâtisseur devenu témoin de son propre système

Le personnage central, Eliott Mersan, n'est pas présenté comme une victime extérieure au système mais comme l'un de ses architectes. Selon la description de l'éditeur, il connaît la mécanique de contrôle mieux que quiconque parce qu'il a contribué à la concevoir. Ce positionnement change la nature du dilemme : il ne s'agit pas d'un combat entre un rebelle et une institution abstraite, mais d'une remise en question intérieure, celle d'un homme confronté aux conséquences concrètes de ce qu'il a lui-même rendu possible. La fiction interroge ainsi la responsabilité de ceux qui conçoivent des outils de contrôle, bien avant que ces outils ne soient détournés ou durcis par d'autres.

Le geste interdit comme déclencheur du récit

L'élément qui met l'intrigue en mouvement, selon la présentation officielle, est un acte simple en apparence : Tara, la sœur d'Eliott, utilise trop d'eau chaude pour soigner son fils fiévreux, et ce geste devient une faute au regard du système. Ce point de bascule est révélateur de la construction du roman : la transgression n'est pas spectaculaire, elle naît d'un besoin de soin élémentaire confronté à une règle rigide. En plaçant le déclencheur du côté du soin plutôt que du côté de la révolte politique, Vert Absolu pose une question qui dépasse la seule anticipation climatique, celle de la place laissée au jugement humain face à des règles automatisées.

Une porte ouverte, une fuite qui n'est pas seulement physique

La présentation officielle évoque ensuite l'ouverture par Eliott d'une ancienne porte du système, qui déclenche une fuite le menant des entrailles de la ville jusqu'au cœur du pouvoir. Le terme choisi par l'éditeur, la fuite, porte une double lecture dans le contexte du récit : une fuite au sens de l'évasion physique, mais aussi au sens d'une brèche dans un système que l'on croyait hermétique. Ce dilemme narratif, entre obéissance maintenue et réel qui s'impose, structure la suite du roman sans que l'issue en soit révélée. C'est ce point de bascule que le lecteur est invité à explorer par lui-même.

Pourquoi ce thriller dystopique parle aussi aux lecteurs connectés

La présentation officielle résume l'enjeu du livre par une question frontale : jusqu'où peut-on aller pour sauver l'avenir sans étouffer ceux qui doivent encore y vivre. Cette formulation s'adresse directement à quiconque s'intéresse aux usages du numérique, à la surveillance algorithmique ou à l'intelligence artificielle appliquée au contrôle social, thèmes que l'éditeur associe explicitement au roman. Vert Absolu ne propose pas de réponse toute faite ; il construit une fiction cohérente où chaque dispositif technique a une fonction précise dans l'intrigue, ce qui en fait une lecture pertinente pour qui veut réfléchir, par le récit, aux limites entre protection collective et liberté individuelle.

Vert Absolu, Chronique d'un monde étouffé construit son dilemme central dès les premières pages décrites par l'éditeur : un système de contrôle total porté par ceux-là mêmes qui le subissent, et un geste de soin qui suffit à tout faire basculer. Guy de Lussigny signe ainsi un thriller dystopique de 363 pages qui interroge la frontière entre sobriété imposée et liberté de choisir, sans jamais trancher à la place du lecteur. Pour découvrir comment Eliott Mersan navigue entre obéissance et réel, et jusqu'où le mène la brèche qu'il a ouverte, il reste à ouvrir le livre.

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