Xavier Dupont de Ligonnès, disparu depuis dix ans : « Un jour ou l’autre, s’il est en vie, un signalement sera le bon » – Le Monde

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L’arme d’entraînement de Xavier Dupont de Ligonnès, le 23 avril 2011, à Nantes (Loire-Atlantique).

Dix longues années se sont écoulées depuis la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, l’homme soupçonné d’avoir abattu à la carabine .22 Long Rifle son épouse et ses quatre enfants entre le 3 et le 5 avril 2011 dans leur demeure bourgeoise à Nantes. Dix jours plus tard, il s’évaporait à Roquebrune-sur-Argens, petite commune varoise cernée par les reliefs accidentés, où la caméra d’un hôtel Formule 1 captait son image une dernière fois, à 16 h 10, avec une sacoche en bandoulière.

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Au cours de ces dix années, les enquêteurs se sont échinés à résoudre l’énigme « XDDL », ouvrant et refermant les portes, écartant une à une les fausses pistes, tout en faisant face à la pression médiatique d’une affaire suivie par la France entière. A Nantes, un policier anime cette enquête au très long cours, et ce, depuis ses débuts. Il est seul à présent. Certes, un fonctionnaire de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) suit de près, depuis Paris, cette affaire à ses côtés, dans sa dimension internationale. Mais c’est à Nantes que l’enquête est centralisée. Une multitude d’investigations a été diligentée. Las. Xavier Dupont de Ligonnès demeure introuvable. Pourtant, les policiers gardent l’espoir de le retrouver, mort ou vif.

« Il finira par faire une connerie, un jour ou l’autre », répètent ceux qui le croient en vie. « Xavier Dupont de Ligonnès est mort depuis bien longtemps. Mais soutenir cette thèse, dans cette affaire, c’est sûr, c’est moins vendeur que de l’imaginer avec une pépée, un cigare au coin du bec, quelque part sous les cocotiers », rétorquent les autres.

Des signalements réguliers

Inutile d’insister : l’ancien patron de la direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes (de 2003 à 2006 puis de 2009 à 2016) ne se prononcera pas de façon définitive sur le sujet. Tout retraité qu’il soit, Jean-Paul Le Tensorer reste « un flic ». « Et un policier n’affirme jamais rien sans preuve. » S’il s’est peu exprimé sur le sujet, l’ex-taulier a lui aussi « un sentiment » dans ce dossier. Pour lui, le père de famille est « probablement décédé » depuis des années. Jean-Paul Le Tensorer le reconnaît cependant : ce soir du 11 octobre 2019, lorsqu’un journaliste lui a téléphoné pour lui annoncer que Xavier Dupont de Ligonnès venait d’être « arrêté » en Ecosse, il s’est pris à douter. « Je me souviens très bien de ce soir-là, évidemment. Je regardais un match, assez minable, à la télé, et sur le moment, j’ai pensé que je m’étais peut-être planté. » Cet événement ne lui aura finalement pas donné tort. Celui qui avait été interpellé à sa descente d’avion au prix d’une terrible méprise, s’appelait Guy Joao, un homme sans aucun lien avec le dossier.

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