Il y a des seuils symboliques qui marquent les étapes d’une croissance: les 5 millions d’articles de Wikipédia en anglais en octobre 2015, les 2 millions d’article en français en juillet 2018, ou encore les 15 ans du Wiktionnaire francophone cette année, mais aussi des caps franchis par des projets moins grands, mais eux aussi utiles, à leur échelle.

 

Le Mont Saint-Michel, 1657. Gravure de Matthäus Merian. Wikimanche / domaine public

Wikimanche, “encyclopédie contributive et collective consacrée au département de la Manche à travers son histoire, ses lieux, ses personnalités, sa culture, ses traditions” annonce ainsi avoir passé le cap des 20.000 articles (dus à 856 contributeurs).

“Tout nous intéresse”

Non sans fierté, note son communiqué, puisque:

“à titre de comparaison, Wikipédia, notre grande sœur, qui a été notre modèle au départ, propose 2.000 articles sur la Manche. Dix fois moins! La masse d’informations réunie aujourd’hui par Wikimanche est en effet considérable. Et elle touche tous les domaines: la culture, la politique, l’économie, l’histoire, la géographie, le patrimoine le sport, les faits divers… Tout nous intéresse.

Pour donner encore une idée de ce qu’est Wikimanche, nous proposons aussi plus de 6.000 biographies, 1.200 fiches d’entreprises et 15.000 illustrations, dont plus de 3.000 cartes postales anciennes. Tout cela en accès libre et gratuit.”

Et sous licence libre (licence GNU de documentation libre, ou GFDL) comme Wikipédia, donc pouvant être réutilisé, dès lors que l’on respecte les conditions de la licence – à sa création, le site était sous licence Creative Commons by-nc-sa, qui n’autorise pas la reproduction à but commercial, contrairement à Wikipédia. Deux mois après, Wikimanche est passée à la GFDL afin d’être compatible avec sa grande sœur.

Cette encyclopédie régionale a été créée en mai 2007, à l’initiative du conseil départemental et du syndicat mixte Manche numérique (parmi les membres fondateurs, on trouve aussi plusieurs médias: La Presse de la Manche, Ouest-France, La Manche Libre, La Gazette de la Manche et de l’Ille-et-Vilaine, et France Bleu Cotentin). Elle est gérée par l’association Wikimanche.

Elle enregistre maintenant quatre articles supplémentaires chaque jour – avec la même possibilité pour tous de contribuer que dans Wikipédia (à condition cependant de se créer un compte utilisateur) -, et elle a reçu en 2018 plus de 600.000 visiteurs (+ 15%), qui ont lu 1,667 million de pages.

En Picardie, un partage… réduit

Un autre territoire au moins a un wiki encyclopédique dédié, la Picardie (qui ne précise pas la taille de son encyclopédie Picardia), avec un contenu relevant du droit d’auteur classique. Il est même précisé:

“La reproduction de tout ou partie de ce site sur un support électronique quel qu’il soit est formellement interdite sauf autorisation écrite du Conseil régional Nord Pas de Calais – Picardie.”

Pour diffuser des connaissances, on a connu plus ouvert (tiens, Wikipédia par exemple…). Alors que Picardia affirme comme objectif “un partage ouvert d’informations, de données, de photos et vidéo concernant la Picardie”, et qu’en 2010 j’avais relevé que cette encyclopédie régionale était sous licence CC by-nc-sa. Le contenu a été encore plus verrouillé depuis, hélas.

Lire aussi

Wikis de territoire: Marseille rejoint Brest, la Manche et d’autres collectivités – 4 novembre 2010

Biens communs: contenus et logiciels libres font leurs débuts en régions – mars 2010