Wi-Fi 6 : quels changements pour les entreprises ?

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Wi-Fi 6 : quels changements pour les entreprises ?

Il était temps. En offrant à ses normes des noms plus logiques, la Wi-Fi Alliance a rendu plus compréhensible au public les spécifications pour l’implémentation de réseaux numériques locaux à liaison sans fil, autrement dit le Wi-Fi. Ainsi, le protocole IEEE 802.11ac annoncé en janvier 2014 s’appelle Wi-Fi 5. Et la version suivante, dont la certification IEEE est attendue pour la fin de l’année, ne s’appellera pas 802.11ax mais Wi-Fi 6. Un changement bienvenu, certes de l’ordre de la cosmétique, mais qui cache une évolution technologique sensible de la norme, soit 75 nouvelles fonctionnalités et un nouveau hardware (chipsets) pour des composants Wi-Fi 6 à intégrer dans les ordinateurs, les routeurs et les périphériques.

Qu’apporte le Wi-Fi 6 pour continuer de pousser l’intérêt pour les réseaux Wi-Fi ? Par rapport au Wi-Fi 5, la norme 802.11ax permet de multiplier par quatre la bande passante du réseau, comme le nombre d’utilisateurs simultanés, chacun pouvant disposer théoriquement jusqu’à 10 Gbit/s. De même, pour des configurations de dernière génération, la latence est réduite de 30 ms à 10 ms via des technologies d’algorithmes et d’antenne 5G.

De quoi faire oublier la perte de paquets en itinérance, afficher en local de la vidéo 8K, offrir la HD 4K à la visioconférence, ou rendre moins agressive la réalité augmentée comme virtuelle avec perception en temps réel. La couverture sans fil est également augmentée de 20 % via la bande de fréquence 2,4 GHz, qui offre une meilleure portée et traverse mieux les obstacles que la bande des 5 GHz. Et toujours un déploiement facilité sans aucune configuration, auquel on ajoute une meilleure gestion de la batterie pour une plus grande autonomie. Succès assuré pour le Wi-Fi 6, la Wi-Fi Alliance avance 1 milliard de chipsets à la norme en 2022. Et ce n’est qu’un début !

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WAP 3, la sécurité Wi-Fi augmentée

Pour autant, le Wi-Fi affiche sa faiblesse, la sécurité. Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir aux origines, au début de ce siècle. A cette époque, 802.11 ne s’appelait pas encore Wi-Fi et surtout n’avait pas l’omniprésence qu’on lui connaît aujourd’hui. Avec 802.11i certifié par l’IEEE en 2004, le réseau sans fil vient au PC portables via les cartes PCMCIA. La sécurité fait son apparition selon deux modes : en standard, une clé pré-partagée (PSK) pour l’authentification ; et 802.1X / EAP (Extensible Authentication Protocol) qui décharge le travail d’authentification sur un serveur tiers.

Problème, et sans entrer dans les détails techniques, une clé d’authentification demande une forte puissance de calcul, que le chipset Wi-Fi ne peut embarquer. Résultat, PSK est très rapidement reconnue sensible aux attaques, et pour simplifier, le Wi-Fi jusqu’à la version 5 incluse est assimilable à un réseau ouvert, sans authentification forte. L’authentification cryptographique est bien présente, mais elle impose une action de l’utilisateur pour l’usage de mots de passe trop simples. Le réseau Wi-Fi se révèle ainsi assez facile à pirater…

Pour compenser les lacunes de WPA2-PSK et traiter les nouveaux cas d’usages du Wi-Fi, la norme 802.11ax de Wi-Fi 6 embarque désormais WPA 3, une évolution sensible de la sécurité du réseau sans fil. Pour l’utilisateur, WPA 3 n’entraîne aucun changement dans l’utilisation comme dans les flux de travail. Il est toujours aussi simple de se connecter en Wi-Fi : repérer le réseau et cliquer pour être connecté. Par contre, pour le pirate informatique, le déchiffrement des mots de passe est rendu plus difficile.

Et comme la fonction CNSA (Commercial National Security Algorithms) – une suite d’algorithmes cryptographiques qui offre SHA384 pour le hachage, la courbe elliptique p384 du NIST pour l’établissement des clés et les signatures numériques, et AES-GCM-256 pour le chiffrement et l’authentification des données – définie par la NSA (National Security Agency) américaine supprime la possibilité de mauvaise configuration, les données dont les pirates peuvent s’emparer ne peuvent plus être exploitées. Si la certification de la Wi-Fi Alliance d’un périphérique Wi-Fi 6 atteste que celui-ci embarque WPA 3, les périphériques et les routeurs actuels peuvent également le prendre en compte, de manière facultative.

L’association Wi-Fi 6 et 5G

Le Wi-Fi 5 avait étendu les capacités du Wi-Fi domestique, mais maintenu des restrictions qui en limitent encore l’usage dans des environnements professionnels et surtout industriels. Le Wi-Fi 6 double les capacités de connexions avec ses huit antennes Mu-MIMO (Multi-Utilisateur Multiple-Input Multiple-Output) améliorées ; OFDMA (Orthogonal Frequency Division Multiple Access) pour diviser un canal lors d’une communication simultanée avec plusieurs appareils ; un débit théorique maximal de 10 Gb/s ; et la fréquences de 2,4 GHz pour un meilleur débit et une portée étendue. Le Wi-Fi 6 étendu renforce également la sécurité du réseau sans fil, donc l’ouverture vers de nouveaux usages.

Et c’est avec la 5G que le Wi-Fi 6 pourrait prendre toute sa dimension. Les deux réseaux cohabitent et de complètent : pour la 5G la connexion outdoor ; pour le Wi-Fi 6 la connexion indoor haute densité. Comme de nombreuses expérimentations l’ont démontré, leur association qui élève la sécurité du réseau va faire la différence au domicile des particuliers, ainsi que dans les lieux publics à forte densité, et potentiellement dans l’industrie et les services.

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