Les États-Unis ont mis vendredi à exécution leur menace de se retirer d’un traité de désarmement nucléaire crucial avec la Russie, accusée de violer ce texte signé lors de la Guerre froide, au risque d’une nouvelle course aux armements. “Demain, les États-Unis vont suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF” sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, “et lancer le processus de retrait”, a annoncé Donald Trump dans un communiqué.

Moscou quitte aussi le traité

Le retrait sera effectif “dans six mois, à moins que la Russie respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte”, a ajouté le président américain. Moscou, qui rejette des accusations “sans fondement”, avait aussitôt dénoncé la “stratégie des États-Unis” qui consiste à ses yeux à “s’affranchir de leurs obligations juridiques internationales”.

Finalement, ce samedi, le président russe Vladimir Poutine a annoncé que son pays suspendait sa participation au traité, en réponse à la suspension américaine entrée en vigueur le même jour. “Nos partenaires américains ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation à l’accord et nous la suspendons à notre tour”, a affirmé M. Poutine, cité par les agences de presse russes.  

Accusations depuis des années

Les premières accusations de violations russes avaient été lancées sous la présidence de Barack Obama, en 2014, et l’actuel locataire de la Maison Blanche avait dès octobre évoqué une sortie de ce traité signé en 1987 entre l’URSS et Washington pour abolir les missiles terrestres d’une portée de 500 à 5 500 km.

Début décembre, depuis Bruxelles et avec le soutien de l’Otan, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu’à ce samedi 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée violant le traité selon les Américains et l’Alliance atlantique. Faute de quoi, il avait menacé de lancer la procédure de retrait. Les nombreuses discussions des deux derniers mois n’ont permis aucun progrès. Et peu d’observateurs envisagent une percée d’ici le retrait définitif des Américains, début août. 

“La Russie a mis en danger la sécurité” de “millions d’Européens et d’Américains”, “et nous ne pouvons plus être entravés par un traité pendant que la Russie le viole éhontément”, a lancé vendredi Mike Pompeo, estimant que cela plaçait l’armée américaine en position défavorable. Les autorités russes ont accusé vendredi les États-Unis de chercher “l’épuisement économique” de la Russie “via une nouvelle course aux armements”.