Cette nouvelle affaire judiciaire reflète toute la misère sociale que nous pouvons encore trouver dans le département.

En tout début d’année, les autorités judiciaires ont été alertées d’un éventuel cas de négligence sur un enfant âgé de deux ans et demi. Ce sont des proches d’une famille résidant du côté de La Vôge-les-Bains qui, au regard de l’état rachitique de ce garçon, ont effectué un signalement auprès des autorités.

Très vite, les gendarmes se sont rendus sur les lieux pour vérifier l’information. Une fois sur place, ils ont fait face à une situation innommable.

L’enfant, ses parents et l’un de ses frères, à peine plus âgé que lui, vivaient au milieu des détritus, des excréments de chien et d’un capharnaüm indicible. « On se serait cru dans un bidonville en Inde », avoue une source proche du dossier. L’enfant, lui, est dans un état de santé préoccupant. À deux ans et demi, il mesure 67 centimètres et pèse à peine plus de 5 kilos ! Il est si faible qu’il ne parvient pas à tenir sa tête ni à s’asseoir. Il est recroquevillé sur lui-même. Pour les enquêteurs, c’est le signe que l’enfant vivait dans un endroit où il ne pouvait pas étendre ses jambes.

Hospitalisation immédiate

À ces tristes constatations, il faut ajouter le fait qu’il développait du duvet sur certaines parties de son corps, ce qui est le signe d’une dénutrition sévère. Dans le monde médical, on considère que ce fameux duvet est l’ultime moyen de défense du corps humain contre le froid.

Compte tenu de son état physique, l’enfant a été immédiatement hospitalisé. Du côté des autorités, une information judiciaire a été ouverte dans la foulée. L’enquête a abouti, cette semaine, à l’interpellation des parents du petit garçon. Après avoir été auditionnés, ils ont été présentés devant un juge d’instruction et mis en examen ce jeudi matin. Il leur est reproché les faits de privation d’aliments ou de soins au point de compromettre la santé de l’enfant ainsi que de la négligence en termes d’hygiène corporelle vis-à-vis de leur petit garçon. Pour ces faits, les parents encourent sept ans de prison.

Suite à ce passage devant le magistrat instructeur, les deux trentenaires ont été libérés et placés sous contrôle judiciaire. Ils devront, entre autres, pointer régulièrement auprès des services de la gendarmerie.

Bien entendu, les parents ne retrouveront pas leur enfant de sitôt. Ce dernier, toujours hospitalisé depuis la révélation de ces tristes faits, sera placé dans un établissement spécialisé.