Violences policières : l’exécutif contraint de répondre à la montée des polémiques – Le Monde

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Altercation entre manifestants et forces de l’ordre pendant une mobilisation contre le projet de réforme des retraites, à Paris, le 9 janvier.

« A l’ordre républicain, vous substituez l’ordre policier ! », tonne la députée (La France insoumise) de Paris Danièle Obono. « L’escalade de la violence doit cesser ! », appuie le patron des députés communistes, André Chassaigne. Mardi 14 janvier, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, l’opposition de gauche a fustigé la politique sécuritaire de l’exécutif, en l’appelant à adopter une stratégie du maintien de l’ordre « plus protectrice des libertés ».

Une offensive motivée par la diffusion de plusieurs vidéos ces derniers jours sur les réseaux sociaux où l’on voit des forces de l’ordre s’en prendre à des manifestants contre la réforme des retraites. Celle montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse a notamment suscité un vif émoi. Ces événements – qui s’ajoutent à la mort d’un père de famille, le 3 janvier à Paris, lors d’un contrôle routier houleux – viennent renforcer l’argumentaire de manifestants et de défenseurs des libertés publiques, qui dénoncent des « violences policières » depuis le mouvement des « gilets jaunes ».

Accusé de se montrer trop passif face à de tels agissements, Emmanuel Macron s’est décidé à rappeler à l’ordre les troupes du ministère de l’intérieur. « J’attends de nos policiers et de nos gendarmes la plus grande déontologie (…) Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été vus ou pointés », a déclaré le chef de l’Etat, lors d’un déplacement à Pau mardi, tout en déplorant dans le même temps « la violence et le nihilisme politique » qu’expriment selon lui certains manifestants.

Inflexion du discours

Promettant de se montrer « intraitable » avec ces derniers, M. Macron a assuré qu’il n’aurait « aucune complaisance » avec les policiers auteurs de dérapages. « Je ne veux pas que ça atteigne la crédibilité et la dignité de nos professionnels des forces de sécurité intérieure », a-t-il insisté, demandant au ministre de l’intérieur de lui faire « des propositions claires pour améliorer la déontologie » des forces de l’ordre.

L’exécutif avait déjà sérieusement infléchi son discours ces derniers jours, en demandant aux policiers et gendarmes un « usage proportionnée de la force ». Un message délivré par le chef du gouvernement Edouard Philippe, mardi après-midi à l’Assemblée nationale, déjà formulé longuement, la veille, par le ministre l’intérieur, Christophe Castaner.

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