Violences policières : le coup de pression de Macron sur l’Intérieur, les syndicats agacés – Sud Ouest

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Emmanuel Macron a enjoint mardi l’Intérieur de faire rapidement des « propositions pour améliorer la déontologie » des forces de l’ordre accusées de violences. Ses déclarations à Pau interviennent peu de temps après que Christophe Castaner les a appelées à « l’exemplarité », braquant des policiers sous pression après des mois de manifestations.

Pour le chef de l’Etat, il y a urgence face à des “comportements, pas acceptables, (qui) ont été ou vus ou pointés”, car ils peuvent « atteindre la crédibilité et la dignité » des forces de l’ordre. « Il ne faut avoir aucune complaisance », a-t-il asséné, en déplacement dans le Béarn, tout en déplorant « la violence et le nihilisme politique » qu’expriment selon lui certains manifestants.

Au ministère de l’Intérieur, on souligne avoir « déjà engagé plusieurs travaux sur la déontologie et le contrôle », avec notamment le futur « schéma national du maintien de l’ordre dont les conclusions doivent aboutir dans quelques semaines ». « Nous allons voir ce qu’il y a à améliorer, de la formation aux techniques d’intervention », ajoute-t-on.

« On est à bout, exténués »

Au lendemain de la mort près de Lyon d’un policier percuté volontairement par un fourgon lors d’une intervention, les déclarations présidentielles ont agacé les syndicats. « Ses propos sont malvenus après la mort d’un collègue et alors que les responsables sont toujours en fuite”, s’est indigné Frédéric Lagache d’Alliance.

 »On est à bout, exténués, on ne peut pas faire preuve de résilience à l’infini”, a renchéri Thomas Toussaint de l’Unsa-Police. « On ne valide pas tout (les violences de policiers), a-t-il ajouté, mais il faut remettre les choses dans leur contexte ». En cause à ses yeux, les « 60 semaines de manifestations et de mouvement des gilets jaunes » qui ont mis sur le flanc les forces de l’ordre.

Pour Frédéric Lagache, il faut « faire en sorte que la police soit respectée et qu’il y ait des sanctions lorsqu’il y a outrage ». Et de citer les « insultes », les « crachats » jetés à la figure des forces de l’ordre.

« Les dindons de la farce »

Au syndicat Synergies-Officiers, la réaction à la déclaration présidentielle est amère. « On a le sentiment d’être les dindons de la farce. On a défendu la République et le politique est en train de nous lâcher », a dit son secrétaire général Patrice Ribeiro.

Lundi, « deux policiers se sont suicidés et un collègue est mort. On n’a pas eu un mot d’Emmanuel Macron sur cette affaire », a ajouté Patrice Ribeiro.

Du côté du premier syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa), le ton en revanche est conciliant. « Il faut savoir reconnaître qu’il y a des choses qui ne vont pas. Dans les manifestations, on a vu des gestes inappropriés : le croche-pied à Toulouse, ça fait mal à tout le monde », a commenté David le Bars, en référence à une vidéo montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante.

Les propos de l’exécutif ont « satisfait » le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Le député LR Eric Ciotti a lui demandé au gouvernement « plus de moyens et de considération » pour les policiers, en dénonçant « la haine antiflics ».

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