Violences au Capitole : les derniers saccages de Donald Trump – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Donald Trump, lors du meeting qui a dégénéré, à Washington, mercredi 6 janvier 2021.

En mars 2019, Donald Trump avait livré cette conviction au site ultranationaliste Breitbart News. « Je pense en fait que les gens de droite sont plus durs [que la gauche], mais ils ne jouent pas plus durement. D’accord ? Je peux vous dire que j’ai le soutien de la police, le soutien de l’armée, le soutien des “motards pour Trump” – j’ai des gens durs, mais ils ne jouent pas dur – jusqu’à ce qu’ils atteignent un certain point, et alors ce serait très mauvais, très mauvais », avait assuré le président.

Le ton était dépourvu de la moindre préoccupation morale. Il dépeignait le rapport de force largement fantasmé que le président américain souhaitait entretenir. Tous les moyens lui semblaient bons, quel qu’en soit le prix pour la démocratie, une valeur régulièrement absente de ses discours et réduite dans sa pratique du pouvoir à une simple variable d’ajustement. En fonction des circonstances et de ses intérêts.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Tout cela, c’est de la fraude, on va se faire baiser » : le jour où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au Capitole

Ces « gens durs » se sont matérialisés, mercredi 6 janvier, au cœur même de la démocratie américaine, le Capitole, alimentant des images que les Américains ne pensaient sans doute jamais voir dans leur propre pays. Ces « durs » sont apparus après avoir été chauffés à blanc pendant deux mois par les diatribes d’un perdant incapable de reconnaître sa défaite, indifférent aux conséquences de l’assaut en règle orchestré contre les institutions américaines, l’un des éléments majeurs de cette « grandeur » dont il prétend être soucieux, mais jeté à terre et foulé aux pieds.

« Si le droit ne compte plus… »

Le procès en destitution de Donald Trump, il y a tout juste un an, avait donné l’occasion aux démocrates de mettre solennellement en garde contre le danger incarné, selon eux, par ce président indifférent aux normes et aux règles. Il s’agissait alors du chantage exercé contre l’Ukraine pour que Kiev ouvre une enquête visant le futur adversaire démocrate du président sortant, Joe Biden, à travers son fils.

Le représentant de Californie Adam Schiff s’était montré le plus alarmiste. « Est-ce que quelqu’un peut dire aujourd’hui : “Donald Trump ne ferait jamais une chose pareille ?” Bien sûr que non, parce que nous savons qu’il la ferait, et parce qu’il l’a faite », avait-il assuré. « Si le droit ne compte plus, peu importe la qualité de la Constitution, peu importe le génie des Pères fondateurs, peu importe si nos arguments dans ce procès sont bons ou mauvais, peu importe comment le serment d’impartialité a été rédigé. Si le droit n’a pas d’importance, nous sommes perdus. Si la vérité n’a pas d’importance, nous sommes perdus. Les Pères fondateurs ne pourront pas nous protéger contre nous-mêmes si le droit et la vérité ne comptent plus », avait ajouté Adam Schiff face à des sénateurs républicains indifférents, à l’exception d’un seul, Mitt Romney.

Il vous reste 61.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: