Violences à Washington : pourquoi Marine Le Pen et le RN minimisent – Le Parisien

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Le Rassemblement national, dernier défenseur de Donald Trump? Alors que le propre camp républicain – jusqu’au vice-Président Mike Pence – lâchait le président américain sortant, suite aux violences perpétrées par ses supporters mercredi à Washington, le parti de Marine Le Pen a fait part d’une étrange mansuétude à l’égard du milliardaire et de ses soutiens. Les partisans de Trump étaient plusieurs milliers devant le Capitole, alors que se tenait la séance de validation des résultats de l’élection américaine.

Après des affrontements avec les forces de l’ordre, certains ont pénétré par la force dans l’enceinte du Parlement, faisant interrompre le processus démocratique. Donald Trump lui-même, avait pris la parole devant les manifestants, continuant à déclarer l’élection « volée ».

Jeudi matin, la présidente du RN, Marine Le Pen, y est allée en deux temps. « Je suis extrêmement choquée par ces images de violence. Dans une démocratie on doit défendre le droit de manifester, mais pacifiquement. Tout acte de violence qui vise à attenter au processus démocratique est inadmissible », a-t-elle dénoncé sur France 2. Condamnation sur le même ton par Louis Aliot, maire (RN) de Perpignan, sur Twitter, rappelant que « la violence n’a pas sa place dans le débat démocratique ».

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Mais si la députée RN du Nord a été claire dans sa dénonciation, elle a refusé de reconnaître la responsabilité de Trump. « Il n’a pas mesuré la portée de ses propos sur une partie de ces gens », l’a défendu Le Pen, dénonçant là « des extrémistes » qu’elle a dit ne pas vouloir « confondre […] avec les 72 millions d’électeurs qui ont voté » pour Trump. Tant pis si l’intéressé assène depuis des semaines que l’élection lui a été volée, qu’il n’acceptera jamais le résultat, et que la manifestation qui a débordé en violences était siglée – tous drapeaux dehors – Trump.

«Des Américains désespérés et perdus»

Longtemps, le Rassemblement national a voulu voir dans la présidence de Trump aux Etats-Unis, la préfiguration de son succès futur. « Clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire dans l’émergence d’un nouveau monde, qui a pour vocation à remplacer un ordre ancien », déclarait ainsi Marine Le Pen en 2016 à la BBC, au lendemain de l’élection du milliardaire américain. Longtemps aussi, le tout RN a refusé de reconnaître sa défaite, le 3 novembre, alors qu’aucune des accusations de fraudes ne semblait avérée.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux cadres du RN ont ainsi minimisé les événements de Washington, que même le puissant sénateur républicain Mitt Romney a qualifié d’« insurrection, incitée par le Président des Etats-Unis ». « Ai-je le droit de dire qu’ils (NDLR : les émeutiers) ressemblent plus à des Américains désespérés et perdus qu’à de dangereux miliciens ? Stop à la caricature », a dédramatisé l’eurodéputé Thierry Mariani, précisant qu’il désavouait leurs actes.

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« 100 types qui passent une heure dans le Parlement », résume pour sa part Antoine Baudino, élu des Bouches-du-Rhône et collaborateur du sénateur Stéphane Ravier. Quand Damien Rieu, cofondateur du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire et assistant parlementaire RN, ironise sur les « quatre fenêtres cassées » du Capitole.

Même ton pour de nombreux cadres locaux du RN, virant parfois vers le complotisme. Ainsi, la conseillère régionale des Hauts-de-France, Mireille Chevet, sur Facebook : « Le coup d’État, la démocratie piétinée ce n’est pas le peuple en colère qui en est l’auteur, mais les FRAUDEURS et leurs complices. L’indignation trumpiste est légitime », écrit l’élue, qui attribue les dégradations à « des antifas déguisés en partisans de Trump ». Aucune condamnation non plus chez Florian Philippot, ancien vice-président du RN, désormais chef des Patriotes, qui justifie ces « réactions incontrôlables ».

Au RN, on a préféré concentrer ses critiques sur Twitter et Facebook, qui ont – première historique – censuré certains messages de Donald Trump. « Il doit condamner ces violences, mais encore faut-il qu’il puisse le faire, notamment sur les réseaux sociaux ! Les géants du numérique peuvent-ils décider qui a le droit de parler ? » s’est interrogée Marine Le Pen sur France 2.

Twitter comme Facebook ont ainsi bloqué un message vidéo dans lequel il appelait les émeutiers à rentrer chez eux, tout en précisant « on vous aime » et en continuant de dénoncer une « élection frauduleuse ». « C’est une situation d’urgence et nous prenons des mesures d’urgence appropriées, y compris le retrait de la vidéo du président Trump […], qui, au final, contribue au risque de violence au lieu de le diminuer », a justifié un dirigeant de Facebook, quand Twitter a dénoncé « des violations graves et répétées » de leur « politique d’intégrité civique ».

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