AVANT-PREMIERE – Design repensé, puissance accentuée et volonté d’en faire toujours plus : l’iPad Pro d’Apple fait peau neuve et rêve de plus en plus de supplanter les PC portables. Nous avons passé quelques jours en sa compagnie pour en avoir le coeur net. Verdict.

Près de 16 mois après avoir présenté son iPad Pro 10,5 pouces et rafraîchi l’intérieur de son iPad Pro 12,9 pouces, Apple a présenté fin octobre sa nouvelle gamme. Nouvelle car la marque à la pomme a finalement décidé de revoir le look de sa célèbre tablette tactile, qui n’avait jusque-là connu qu’un légèrement amincissement et un agrandissement de sa diagonale d’écran avec sa ligne Pro. Rien ne ressemblait davantage à un iPad qu’un autre iPad. C’est désormais du passé.

Entre l’iPad d’entrée de gamme sorti en mars dernier et les nouveaux modèles d’iPad Pro, il y a désormais une véritable différence qui se voit à l’intérieur et à l’extérieur. Et pour nous en rendre compte, nous avons passé quelques jours avec le nouvel iPad Pro 12,9 pouces.

Au niveau du design tout d’abord. Exit le bouton physique d’accueil et les bordures d’écran ! Les iPad Pro ont un écran LCD “Liquid Retina” (comme l’iPhone XR) qui occupe quasiment toute la surface et offre un rendu des couleurs très agréable. Il dispose de la fonction True Tone, qui adapte la luminosité de l’écran à votre environnement lumineux, et d’un revêtement anti-reflet qui permet de ne pas être gêné par une très grande source de lumière (grand soleil par exemple).

Pour pallier la disparition du lecteur d’empreinte Touch ID, on trouve désormais la reconnaissance faciale Face ID via la même caméra TrueDepth que celle des iPhone (7 Mpx), positionnée sur le haut de l’iPad. Mais ici, pas d’encoche pour l’abriter. Elle se fond plus élégamment dans la bordure d’écran. Un très bon point pour ce système de déverrouillage : vous pouvez tenir votre iPad en format portrait ou paysage, et même en positionnant la caméra en bas, Face ID fonctionne parfaitement et très rapidement. Une fois que vous aurez pris l’habitude de sécuriser votre appareil, de valider les achats ou de remplacer vos mots de passe par la reconnaissance faciale, vous ne vous en passerez plus.

Nous avions testé en 2015 le premier modèle de la tablette XXL d’Apple. Premier constat frappant : le format est désormais plus carré et surtout beaucoup plus compact (25% de surface gagnés) avec la même dimension d’écran. En épaisseur aussi, on constate un sérieux amincissement. Comme son acolyte l’iPad Pro 11 pouces, l’iPad Pro 12,9 pouces ne mesure plus que 5,9 mm d’épaisseur. Il faut avouer qu’il tient mieux en main que l’ancien iPad Pro grand format, notamment si vous utilisez le nouvel Apple Pencil pour prendre des notes ou dessiner (voir plus bas). Niveau son, les quatre haut-parleurs de l’iPad Pro ont été encore plus miniaturisés et gagnent fortement en puissance comme en qualité sonore.

Autres changements de taille : on ne trouve plus de prise jack pour les écouteurs sur l’iPad Pro, qui a aussi troqué son port Lightning maison pour la recharge contre une prise USB-Type C. Cela présente beaucoup d’avantages, comme ceux de pouvoir connecter des accessoires (appareil photo, instruments de musique, écrans 4K ou 5K, docks…) ou accélérer la vitesse de transfert de données (jusqu’à 10 Gb/s). Embarquant une batterie beaucoup plus puissante, l’iPad Pro peut à présent recharger votre iPhone via un câble USB-C/Lightning, et même d’autres appareils USB-C. Exit aussi le Smart Connector sur la tranche. Avec le design plus droit de l’iPad Pro, il ne connecterait plus aussi bien les accessoires comme un clavier ou un socle de chargement. Il a donc basculé au dos. Vos anciens produits comme le Smart Keyboard ou le socle Logitech ne seront donc plus compatibles.

A l’intérieur, Apple a placé la puce A12X Bionic avec système neuronal gravée en 7 nm, la version pour iPad de la puce ultra-puissante des iPhone XS/XR avec ses milliards d’opérations à la seconde. Apple en fait d’ailleurs son argument principal pour avancer que l’iPad Pro peut remplacer un PC et serait même plus puissant et performant que “92% des PC vendus l’an dernier, même ceux avec une puce Intel Core i7”. En tout cas, l’iPad Pro 2018 s’avère déjà deux fois plus performant que ses prédécesseurs, et ça se ressent. Tout est plus fluide, notamment l’ouverture des applications ou la gestion du multitâche (écran partagé entre deux applis). Mais c’est au niveau de la réalité augmentée – décidément le nouveau dada d’Apple- que cela semble encore plus impressionnant.

Nous avons pu nous essayer à LEGO Ninjago, une variante ludique du célèbre jeu de construction qui transforme en terrain de jeu virtuel le module en briques construit physiquement. L’iPad y adapte un jeu de combat en réalité augmentée pour plusieurs joueurs (plusieurs iPad Pro nécessaires). Nous avons également testé Plantale, une application éducative pour apprendre aux enfants la croissance d’une plante. Celle-ci apparaît en réalité augmentée sur la table. On peut zoomer à l’intérieur, voir les reflets de la lumière sur ses feuilles et avoir un maximum d’informations. Mais aussi en entretenir une et voir le résultat progresser sous ses yeux durant cinq jours. Le tout sans lag ou freeze de l’écran, ou perte de texture. Et c’est tout aussi bluffant pour les jeux mobiles un peu gourmands en ressources.

Pour cela, l’iPad Pro est aidé par le système d’exploitation iOS 12, mais aussi la caméra (12 Mpx avec une ouverture f/1,8 – supporte la vidéo 4K en 60 ips) améliorée au niveau du rendu et des détails, grâce notamment à l’ajout de la technologie Smart HDR, déjà présente sur les derniers iPhone. La lentille est physiquement plus volumineuse à l’arrière et dépasse davantage. Si vous optez pour le Smart Keyboard Folio (en option à partir de 199 €) qui offre le clavier avec la protection, elle disparaît au dos. 

L’atout de l’iPad Pro, hormis sa puissance et son design, c’est aussi la possibilité donnée aux créatifs de s’en donner à cœur-joie avec l’Apple Pencil. Avec la disparition du port Lightning qui  servait à le recharger (drôle d’idée !), Apple a dû revoir son stylet connecté. Désormais, il suffit d’aimanter l’Apple Pencil 2e génération au Magnetic Connector qui lui est dédié sur la tranche pour l’appairer en un clin d’œil, mais aussi le recharger. Son format a aussi été modifié pour mieux tenir en main. On a désormais la sensation de tenir un crayon à papier blanc avec son côté plat. Il reprend exactement les mêmes fonctionnalités (écrire, dessiner, annoter) que le premier modèle, avec la même qualité d’utilisation fluide, et y ajoute la double-tape sur le côté pour des options selon l’appli (passer de la gomme au stylo dans Notes). On regrettera juste que, malgré le prix de vente en hausse de l’iPad Pro, l’Apple Pencil soit vendu séparément (135 €) et que l’ancien modèle ne soit plus compatible. A mettre aussi au rayon des regrets, le stockage initial de l’iPad Pro cantonné à 64 Go, un peu juste aujourd’hui dès que vous vous en servez pour de la musique, de la photo ou de la vidéo (stockage proposé jusqu’à 1 To mais moyennant plus de 1.700 ou 1.900 euros selon  le modèle choisi).

L’iPad Pro peut-il remplacer votre Notebook comme Apple le prétend ? Comme pour son prédécesseur, la question mérite d’être posée. Cet article a été rédigé sur l’iPad Pro, avec l’aide du clavier, de la retouche de photos, tandis que les vidéos avaient été en partie montées sur iMovie. Pour la productivité, la navigation et le jeu vidéo, il est le compagnon idéal, ses performances le rendant extrêmement habile dans toutes les situations. Il a aussi reçu le soutien d’Adobe, qui a adapté ses principaux logiciels (Photoshop, Lightroom CC et Premiere Rush) afin de satisfaire les créatifs, dessinateurs et photographes qui pourraient alors se passer d’un PC. L’Apple Pencil vient à son secours en ce sens et l’ajout du très compatible port USB-C aussi. Mais pour de nombreux utilisateurs, l’absence de ports USB ou la simple possibilité de raccorder des périphériques de stockage externes feront encore la différence pour rester fidèles à des PC plus traditionnels. Il n’en reste pas moins un excellent compromis mobilité-puissance-petit format, mais à un prix élevé qui le fait naviguer dans les eaux financières des très bons PC portable pour des stockages comparables (à partir de 128 Go), de quoi être aussi un rival du nouveau MacBook Air d’Apple. La différence entre les deux modèles d’iPad se résume, elle, finalement à une question de taille et de confort recherché.

Disponible le 7 novembre en gris sidéral ou argent :

– iPad Pro 11 pouces : à partir de 899 € pour 64 Go en modèle Wifi et 1069 € en modèle wifi+ 4G

– iPad Pro 12,9 pouces : à partir de 1.119 € en 64 Go wifi et 1.289 € en 64 G 4G. 

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