VIDEO. Maison squattée à Toulouse : après le départ des occupants, “tout est dévasté” chez Roland – LaDepeche.fr

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l’essentiel Au lendemain du départ des squatteurs, Diane, la fille de Roland a accepté d’ouvrir les portes de la maison. De pièces en pièces, les dégradations s’accumulent.

Passé le petit portail vert de la villa de Roland, 88 ans, débarrassée de ses squatteurs depuis jeudi 11 février, quelques cannettes vides jonchent le sol du jardin. La poubelle verte déborde de draps et couvertures. Diane, la fille de l’octogénaire, nous guide marche après marche vers l’intérieur du logement.

Passé la lourde porte d’entrée en bois dont la serrure a enfin été changée, le spectacle se passe presque de commentaires. Des débris de porcelaine coupants accueillent le visiteur dans l’étroit couloir de la demeure. « La cuisine est en chantier, se contente d’observer Diane. La cuisinière a disparu. Je l’ai cherchée. » Un filet d’oignon pend au mur, il reste des radis, un peu de salade et un gros morceau de pain. La vaisselle n’a pas été faite.

Dans les différentes pièces de la maison de Roland, les matelas à la propreté approximative sont à même le sol. « Les lits ne sont plus là. J’ai retrouvé la tête du lit de ma grand-mère dans des toilettes du jardin », pourrait s’amuser Diane si le spectacle ne l’affligeait pas tant. « Quand je suis entrée, j’ai ressenti beaucoup d’émotion, d’indignation et d’incompréhension. Les sentiments ont été successifs. »

Les matelas sont à même le sol.
Les matelas sont à même le sol. DDM – FREDERIC CHARMEUX

À l’étage, sur une fenêtre, à l’arrière, un dessin au fin marqueur détaille un plan. Celui à suivre pour entrer et sortir du pavillon sans se faire repérer mais aussi pour éviter des intrusions. On y apprend comment éviter l’avenue de Fronton et rejoindre, par-derrière, l’avenue des États-Unis.

Dans ce domaine, les squatteurs sont bien organisés, plus que pour le rangement et le ménage. Dans la cuisine, sur un bout de carton, les « tours de garde » sont définis selon des horaires quasi-militaires.

L’ordre est beaucoup moins évident dans le « bureau » en haut. « C’est là que je travaillais quand j’étais lycéenne puis étudiante, se souvient la guide. Il y a dû y avoir un barbecue ? ». Des caisses pleines de cannettes de bière vides et de bouteilles tutoient les nombreux mégots de cigarettes roulées sur le parquet poussiéreux de la pièce pleine de souvenirs.

« Je préfère que mon papa ne vienne pas »

« En entrant dans la maison, l’odeur de tabac m’a marquée… » Les squatteurs ont laissé quelques tee-shirts étendus mais aussi des victuailles. « Le frigo est plein. » « Je m’attendais à des dégradations mais, quand on est dans les lieux, on se rend compte vraiment. » Les murs et un grand miroir ont été épargnés. Quelques affichettes politisées ou humoristiques ont été accrochées ci et là.

Mais qu’en penserait Roland ? « Je préfère que mon papa ne vienne pas. Ça lui ferait très mal au cœur ». La maison de famille date des années trente. Elle avait besoin d’être rafraîchie. Elle doit désormais être décapée.

Libérée de ses squatteurs grâce à de fins négociateurs ce jeudi, la villa est de nouveau entre les mains de ses propriétaires. « Tout est dévasté, c’est scandaleux. Maintenant, il faut s’en remettre. Les choses ne sont pas terminées. Je ne souhaite à personne de vivre la même histoire ».

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