Vidéo : L’Australie appelle Facebook à cesser de bloquer les éditeurs de presse

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Vidéo : L'Australie appelle Facebook à cesser de bloquer les éditeurs de presse

Le blocage par Facebook des éditeurs de presse australiens passe mal du côté de Canberra. Alors que le réseau social vient de mettre à exécution sa menace de bloquer les médias australiens, les autorités australiennes dénoncent ce qu’ils qualifient “d’attaques contre une nation souveraine”. “Facebook a pris des mesures, qui sont sans précédent et répréhensibles. Inacceptables dans une démocratie et assimilables à un abus de pouvoir”, a condamné le ministre de la Santé australien Greg Hunt ce jeudi.

Celui-ci a très sévèrement critiqué le blocage par Facebook des pages gouvernementales de santé, alors que le monde est en proie à une crise sanitaire de grande ampleur après la flambée de l’épidémie de Covid-19. Tout au long de la journée, Facebook a restauré les pages du gouvernement, mais cela n’a pas suffi pour éviter la colère du gouvernement. “C’est une attaque contre la liberté des gens et, en particulier, c’est un abus total du pouvoir de marché et du contrôle de la technologie par les grandes entreprises”, a également fait savoir le ministre.

“Facebook a eu tort. Les actions de Facebook étaient inutiles. Elles ont été lourdes et elles vont nuire à sa réputation ici en Australie”, a de son côté regretté le trésorier australien Josh Frydenberg. Autant de déclarations qui font suite à la mise en exécution par Facebook d’une menace formulée il y a plusieurs mois d’empêcher les éditeurs et les Australiens de partager ou de consulter des contenus d’actualité australiens et internationaux, en réponse à l’adoption d’une réforme des droits voisins destinée à faire payer les géants de l’internet pour les informations qui transitent par leurs plateformes.

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Faire payer les géants du numérique

Ce projet, dit de « code de conduite contraignant », est destiné à aider les médias australiens en grande difficulté. Et ce en faisant payer les géants de l’internet, à commencer par Google, qui a déjà subi les foudres des autorités australiennes sur l’utilisation sans consentement des données des utilisateurs, et Facebook. Si les deux entreprises menacent de limiter l’accès de leurs services aux internautes australiensl le gouvernement australien défend cette mesure, destinée selon lui à remédier aux déséquilibres fondamentaux du pouvoir de négociation entre les éditeurs et les principales plateformes numériques.

“Ce que les événements d’aujourd’hui confirment pour tous les Australiens, c’est l’immense pouvoir de marché de ces géants des médias numériques … [ils] occupent une place très importante dans notre économie et dans le paysage numérique”, a critiqué Josh Frydenberg, précisant n’avoir pas été averti par Facebook de la mise à exécution de sa menace ce jeudi matin.

L’initiative australienne est suivie de près à travers le monde, et ce dans un contexte où les médias souffrent du développement d’une économie numérique où les revenus publicitaires sont de plus en plus captés par les GAFA. La crise des médias a été aggravée par l’effondrement économique provoqué par le coronavirus en Australie, où des dizaines de journaux ont été fermés et des centaines de journalistes licenciés.

Accalmie entre Google et l’Australie

Alors que Google a également menacé de bloquer les éditeurs en Australie, la situation semble s’être apaisée entre le géant américain et les autorités australiennes. Josh Frydenberg a profité d’une conférence de presse pour remercier Google pour les “discussions très constructives qu’ils ont eues avec les parties prenantes”. Le géant de la recherche a conclu cette semaine trois accords publics avec des éditeurs, dont le groupe News Corp du magnat Rupert Murdoch. L’un des accords conclus en début de semaine prévoit que Google paiera 30 millions de dollars australiens par an pour afficher des liens vers des articles d’un autre conglomérat de presse.

“Si des accords commerciaux sont conclus, cela change l’équation”, a déclaré le trésorier australien, refusant de répondre si les accords conclus par Google n’étaient plus conformes à la directive du code. Le chef de l’opposition Anthony Albanese s’est quant à lui rendu sur Twitter pour partager sa colère contre Facebook.

“Pendant une pandémie mondiale, les Australiens ne peuvent pas accéder aux services de santé des Etats sur Facebook. Les Australiens ne peuvent pas accéder au Bureau de la météorologie sur Facebook, alors que le Queensland et l’État de Washington sont en proie à des inondations et à des incendies”, a-t-il tweeté. “Le gouvernement Morrison doit régler ce problème aujourd’hui.” Reste à voir comment les autorités australiennes vont répondre au chantage du réseau social et mettre ainsi fin à une crise observée de près par nombre de pays, dont la France.

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