Un homme maîtrisé alors qu’il s’en prenait aux journalistes pendant un meeting de Donald Trump à El Paso, le 11 février 2019. — Eric Gay/AP/SIPADonald Trump derrière son pupitre puis… Un zoom sur le sol. La BBC a protesté mardi auprès de la Maison Blanche après l’agression d’un de ses caméramen lors d’un meeting du milliardaire la veille, demandant à l’administration américaine un examen des mesures de sécurité entourant la presse présidentielle.

Le journaliste de la chaîne britannique Ron Skeans a été agressé par un partisan du président américain lors de son discours à El Paso, au Texas, lundi soir, alors qu’il se trouvait dans l’espace réservé aux médias. Le journaliste n’a pas été blessé par son agresseur, qui portait une casquette avec le slogan « Make America Great Again » (« Rendons à l’Amérique sa grandeur ») et qui a insulté les médias avant d’être expulsé par le service d’ordre.

Le chef du bureau de la BBC aux Etats-Unis, Paul Danahar, a indiqué mardi sur Twitter avoir demandé à la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, « un examen complet des mesures de sécurité après l’agression d’hier soir ». « L’accès à la zone média n’était pas contrôlé », a-t-il ajouté. « Personne parmi les forces de l’ordre n’est intervenue avant, pendant ou après l’agression ».

Juste après une déclaration de Trump sur la partialité présumée des médias

Celle-ci « était violente et désagréable, mais ne menaçait pas la vie » du caméraman, a précisé Paul Danahar dans un autre message. « Toutefois, je crains que cela soit un pas vers quelque chose de plus grave contre un journaliste si la calomnie envers les médias continue », a-t-il mis en garde.

Un correspondant de la BBC à Washington, Gary O’Donoghue, qui couvrait le meeting d’El Paso, a expliqué que l’agresseur avait tenté de briser la caméra « après que le président a plusieurs fois chauffé le public sur une partialité présumée des médias ». Après l’agression, Donald Trump s’est interrompu et a demandé aux médias : « Ca va, tout va bien ? ».

L’association des correspondants de la Maison Blanche a appelé mardi le président à « faire clairement comprendre à ses partisans que la violence contre les journalistes est inacceptable ». Le président « condamne tous les actes de violence contre tout individu ou groupe de personnes, y compris les membres de la presse », a réagi la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders. « Nous demandons que chacun participant à un évènement le fasse de manière pacifique et respectueuse », a-t-elle poursuivi.