VIDÉO. Covid-19 : qui sont les patients atteints de formes graves ? Reportage en réanimation au CHU de Toulous – ladepeche.fr

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l’essentiel Plus de 350 personnes sont actuellement hospitalisées en Haute-Garonne pour Covid-19 dont 204 au CHU de Toulouse. Qui sont ces patients présentant des formes graves de l’infection ? Pour le savoir, nous nous sommes rendus dans le service des maladies infectieuses et tropicales et dans le service de réanimation du CHU de Toulouse, à Purpan. À eux deux, ces services soignent une quarantaine de patients atteints par des formes sévères de Covid-19.

Depuis la première vague, en mars, le profil des patients admis à l’hôpital n’a guère changé, avec un pic de patients âgés de 60 ans à 65 ans et une part importante de personnes porteuses de diabète, hypertension artérielle, surpoids voire obésité qui peut conduire des plus jeunes jusqu’aux soins critiques.

« De nombreuses personnes pensent, à tort, que les hôpitaux sont remplis de malades Covid de plus de 80 ans», glisse en préambule le Pr Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) du CHU de Toulouse. « La moitié des décès ont lieu dans les EHPAD ou dans les SSR (Soins de suite et réadaptation). Chez nous, la mortalité est moindre », complète le Dr Béatrice Riu-Poulenc, responsable de la réanimation polyvalente au CHU de Toulouse. 

Ce qui a évolué, en revanche, c’est la prise en charge des patients Covid-19. L’oxygénothérapie à haut débit y est privilégiée pour éviter la mise sous respiration artificielle. Des corticoïdes pour stopper l’inflammation et des antibiotiques pour éviter les surinfections bactériennes dans les poumons sont également systématiquement administrés. Résultat, le temps de séjour a diminué (il est aujourd’hui en moyenne de 7 à 10 jours), entraînant un rythme plus soutenu d’entrées et de sorties. « Nous pouvons avoir jusqu’à 7 entrées et 7 sorties par jour », précise le Pr Pierre Delobel. Ce jeudi après-midi, entre 16 heures et 18 heures, 7 personnes ont ainsi été accueillies en urgence à Purpan avant d’être réparties entre Rangueil, Purpan et des cliniques de l’agglomération. Parmi eux, un patient de 35 ans et un autre de 40 ans. 

Plusieurs cas représentatifs 

Voici  trois cas représentatifs de patients hospitalisés dans le service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Toulouse

  • Un homme de 42 ans, sans pathologie associée, présentant un indice de masse corporelle (IMC) de 30. « Il est au seuil, c’est un surpoids modéré », explique le Pr Pierre Delobel. Ce patient est arrivé aux urgences le 4 novembre pour des douleurs thoraciques. Son taux d’oxygène dans le sang était bas et le scanner a montré des lésions pulmonaires étendues. Ses premiers symptômes datent du 19 octobre (fièvre, toux, perte du goût et de l’odorat), un test PCR a confirmé sa positivité au coronavirus SARS-CoV2 deux jours plus tard. La contamination  s’est faite au sein de son foyer. En hospitalisation dans le service des maladies infectieuses, il a reçu à son arrivée un apport d’oxygène de 2 litres par minute. 
     
  • Une femme de 66 ans, présentant une obésité (IMC à 39), arrivée aux urgences le 1er novembre, présente elle aussi un taux d’oxygène bas dans le sang et des lésions pulmonaires étendues. Elle reçoit actuellement 5 litres d’oxygène par minute. L’administration de corticoïdes a par ailleurs révélé un diabète de type 2. « C’est assez courant. Ce diabète est insidieux, latent. Les corticoïdes, qui augmentent le taux de sucre dans le sang, le révèlent », explique l’infectiologue. Comme le patient précédent, l’aggravation de l’infection Covid s’est produite dans la période de 7 à 10 jours après les premiers symptômes. 
     
  • Un homme de 40 ans, en obésité modérée (IMC à 31), a lui aussi été hospitalisé en urgence 7 jours après les premières manifestations de la maladie (fièvre, maux de tête, essoufflement, perte du goût et de l’odorat). Son médecin traitant, qui le reçoit le 3 novembre, constate alors que son taux de saturation d’oxygène dans le sang est de 84 %. « En dessous de 95 %, il y a des retentissements et là, avec un taux à 84 % il y a danger vital ». Ce patient a été mis sous oxygène aux soins intensifs du service des maladies infectieuses. « Nous travaillons main dans la main avec nos collègues de réanimation pour pouvoir anticiper toute aggravation de nos patients et elle peut arriver très vite », conclut le Pr Pierre Delobel. 

À Purpan, quatre exemples de patients hospitalisés dans le service de réanimation polyvalente

En service de réanimation, juste en dessous, des patients plus critiques bénéficient de la technique « Optiflow », de l’oxygénothérapie à haut débit, qui peut permettre d’éviter l’intubation. 

  • C’est le cas de ce patient de 66 ans, arrivé mercredi, très essoufflé, quelques jours après un test positif Covid. Grâce à une oxygénothérapie haut débit qui lui administre 60 litres d’oxygène par minute, son taux d’oxygène dans le sang est remonté à 95 %. Ce monsieur, dont la femme et le fils sont aussi positifs au coronavirus, a un message : « Je ne pensais pas que ça allait me tomber dessus, je suis quand même assez solide. Je peux dire aux imbéciles qui n’y croient pas que ce virus est même plus mauvais qu’on ne le pense. Plutôt que de sortir manifester, il vaut mieux faire attention ». 
     
  • Dans un autre box, un homme de 58 ans, diabétique, en surpoids (IMC à 30), hospitalisé six jours après ses premiers symptômes, a dû être intubé au bout de trois jours. « L’oxygène à haut débit ne lui a pas suffi », précise le Dr Béatrice Riu-Poulenc. 
     
  • Plus loin, un homme, âgé lui aussi de 58 ans, avec un diabète, des antécédents d’infarctus et un surpoids (IMC à 30) a été transféré du CHU de Nîmes le 26 octobre. « Ce patient a été transporté chez nous alors qu’il était déjà intubé. Ce jour-là, le CHU de Nîmes a dû faire face à une arrivée de 13 patients ventilés ». 
     
  • Un autre patient transféré de Nîmes, âgé de 66 ans, avec du diabète et de l’hypertension artérielle, a été intubé dans le Gard six jours après les premiers symptômes de la Covid 19. Les équipes de réanimation de Purpan ont pu l’extuber le week-end dernier. 

« Après leur hospitalisation chez nous, les patients ne rentrent pas directement chez eux. Ils passent d’abord dans un service traditionnel (maladies infectieuses, pneumologie par exemple). Ceux qui ont été intubés ont besoin de rééducation, il leur faut réapprendre à mobiliser leurs muscles, à se déplacer, à manger », souligne le Dr Béatrice Riu-Poulenc. 

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