Variant britannique du Covid-19: Arnaud Fontanet redoute “une nouvelle épidémie dans l’épidémie” – BFMTV

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Invité ce lundi matin de BFMTV et RMC, l’épidémiologiste membre du Conseil scientifique voit dans l’apparition du variant britannique en France une donnée “qui change complètement la donne”.

“Il y a une grande menace.” Ce n’était pas inattendu mais c’est désormais une certitude, la souche britannique du Covid-19, apparue en fin d’année au Royaume-Uni et qui se montre plus contagieuse, circule en France, comme à Marseille ou dans les Hautes-Alpes. Si cette présence est actuellement étudiée pour se faire une meilleure idée de sa propagation, cette arrivée “qui change complètement la donne”, juge le professeur Arnaud Fontanet, invité ce lundi matin de BFMTV et RMC:

“C’est un variant, finalement, qui change complètement la donne pour cette rentrée d’année”, affirme l’épidémiologiste, au risque même d’aggraver la situation sanitaire dans les prochaines semaines.

“Ce mutant se répand plus rapidement, 50% de plus que les autres souches”, explique le membre du conseil scientifique, avant de s’appuyer sur l’exemple de la Grande-Bretagne, qui “plonge dans une situation extrêmement difficile”, Londres et l’Irlande étant très sévèrement touchés, “avec un virus qu’ils n’arrivent pas à stopper malgré des mesures de contrôle à peu près similaires à celles qu’on a aujourd’hui [en France, NDLR] puisque qu’à ce niveau de mesures de contrôle, le virus continue de progresser à raison de 50% de cas de plus par semaine”.

Deux différences d’importance en comparaison de février 2020

Alors que les cas explosent chez nos voisins britanniques, et que ce nouveau virus vient tout juste d’être repéré dans l’Hexagone, la situation est-elle comparable à ce que nous avons vécu février 2020 avec l’Italie? “Il y a une analogie”, répond le scientifique, “c’est presque une nouvelle épidémie dans l’épidémie”. Le Professeur note toutefois “deux différences fondamentales”:

“Quand on était en février dernier, ce fameux nombre de reproduction [Le R0, qui mesure la vitesse à laquelle l’épidémie se propage, NDLR] était de 3, alors que là avec ce variant anglais on est, avec les mesures de contrôle dont on dispose, à 1,5, dont ce n’est pas le même temps de doublement de l’épidémie.” Deuxième élément, souligne-t-il, est l’arrivée des vaccins, qui n’existaient évidemment pas il y a un an, au tout début de la pandémie.

Le spectre de nouvelles “mesures extrêmement dures”

“On va très vraisemblablement avoir une recrudescence des cas en France dans les semaines qui viennent”, prédit toutefois Arnaud Fontanet, pour qu’il faut dorénavant bien dissocier les effets des fêtes de fin d’année sur les contaminations, pour lesquels “les signes sont plutôt encourageants” pour l’heure, et l’émergence de ce variant anglais: “L’important c’est de savoir combien il y en a sur le territoire français, parce que ça va conditionner complètement notre stratégie sur les trois mois qui viennent” développe le spécialiste.

“C’est ce qui nous dira combien de semaines on a devant nous pour, finalement, passer à des mesures extrêmement dures si ce variant était en train de vraiment exploser en population française.” Comprendre: c’est la circulation de cette nouvelle souche qui pourrait contraindre les autorités à mettre en place un troisième confinement. “Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”, nuance notre invité, pour qui ce mutant du Covid-19 constitue toutefois “une grande menace”.

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