Valse-hésitation à la Bourse de New York concernant le sort de trois opérateurs chinois

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Valse-hésitation à la Bourse de New York concernant le sort de trois opérateurs chinois

Le pas de deux continue à la Bourse de New York (NYSE), qui a une fois de plus changé d’avis quant à la radiation d’un trio d’opérateurs chinois, soupçonnés par Washington d’agir pour le compte de Pékin. Alors qu’elle avait semblé abandonner son projet, la Bourse de New York a finalement déclaré qu’elle poursuivrait son plan initial de retrait de la cote de China Telecom, China Mobile et China Unicom Hong Kong, prévu le 11 janvier prochain.

“Le 5 janvier 2021, le département du Trésor a fourni des directives supplémentaires spécifiques à la Bourse de New York, indiquant que les ressortissants américains ne peuvent pas s’engager dans certaines transactions … après 9h30, le 11 janvier 2021”, a déclaré la Bourse de New York. “En conséquence, le règlement du NYSE a annoncé qu’il procédera à la radiation de la cote”, fait-on savoir du côté de Wall Street, qui navigue à vue dans ce dossier hautement politique.

En début de semaine, la bourse avait en effet déclaré vouloir revenir sur la décision prise la veille du Nouvel An de radier les trois géants chinois des telcos. Cette radiation était pourtant destinée à permettre à la Bourse new-yorkaise de se conformer à un décret du 12 novembre 2020 du président américain sortant Donald Trump visant les sociétés soupçonnées de représenter une menace pour les intérêts américains.

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Une radiation très politique

Dans ce décret, l’administration Trump affirmait de manière martiale que la République populaire de Chine (RPC) “exploite le capital des Etats-Unis” pour renforcer et mettre à jour son armée, ce qui, selon le président sortant, permettrait à Pékin de menacer les Etats-Unis et ses forces à l’étranger, ainsi que de développer “des armes conventionnelles avancées et des actions cybernétiques malveillantes contre les Etats-Unis et leur population”.

“Grâce à sa stratégie nationale de fusion militaire et civile, la Chine augmente la taille du complexe militaro-industriel du pays en obligeant les entreprises civiles chinoises à soutenir ses activités militaires et de renseignement”, pointait Donald Trump pour justifier sa décision de s’en prendre à toutes les entreprises chinoises présentes sur le marché américain.

Les autorités chinoises se sont défendues après l’annonce initiale effectuée par la Bourse de New York. Pour Pékin, cette radiation serait motivée par des raisons politiques et ignore les droits des investisseurs tout en portant gravement atteinte au marché. Et de relativiser l’impact de cette mesure en relevant que la taille des cotations sur les marchés américains était inférieure à 2,2 % du total des actions offertes, de quoi nuancer les conséquences de cette radiation, considérées comme “plutôt limitées”.

Pas de détente en vue

“La récente décision de certaines forces politiques américaines de supprimer continuellement et sans fondement les sociétés étrangères cotées sur les marchés américains, même au prix d’un affaiblissement de leur propre position sur les marchés mondiaux des capitaux, a montré que les règles et les institutions américaines peuvent devenir arbitraires, imprudentes et imprévisibles. Ce n’est certainement pas une démarche judicieuse”, a également taclé Pékin.

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis sont aujourd’hui à un état de tension extrême. Nouveau signe de la rivalité intense que se livrent Washington et Pékin, le président sortant Donald Trump a signé ce mercredi un décret visant à interdire huit applications chinoises – Alipay, CamScanner, QQ Wallet, SHAREit, Tencent QQ, VMate, WeChat Pay et WPS Office – du marché américain en invoquant des raisons de sécurité nationale.

“Des mesures doivent être prises pour répondre à la menace posée par ces applications logicielles chinoises connectées”, a déclaré l’actuel pensionnaire de la Maison Blanche, qui doit quitter ses fonctions le 20 janvier prochain, date d’entrée en fonction de son successeur, le démocrate Joe Biden… Dont l’arrivée au pouvoir ne devrait pas faire redescendre la tension. De quoi douter d’une détente proche entre les deux premières superpuissances mondiales.

Source : ZDNet.com

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