« Valeurs Actuelles » : Le Parquet de Paris ouvre une enquête pour « injures à caractère raciste » après l’article sur Danièle Obono – 20 Minutes

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Danièle Obono, députée de la France Insoumise — Jacques Witt/SIPA

Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Paris pour « injures à caractère raciste » ce lundi après la publication d’un article de Valeurs Actuelles publié le 27 août 2020. Il s’agissait d’une fiction dépeignant Danièle Obono, députée de la France Insoumise, en esclave il y a plusieurs siècles.

L’enquête sur cet article qui a suscité une vague de condamnations unanimes dans la classe politique, allant jusqu’au président de la République, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), indique Rémy Heitz, procureur de Paris, dans un communiqué.

« Une insulte à (ses) ancêtres, sa famille » et « à la République »

Dans ce récit de sept pages publié jeudi par le magazine, la députée de Paris, à la peau noire, « expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage » au XVIIIe siècle, selon la présentation qu’en fait le magazine. Des dessins de Danièle Obono, collier en fer au cou, accompagnent ce « roman de l’été ».

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a appelé la députée samedi pour lui faire part de sa « condamnation claire de toute forme de racisme », selon l’Elysée. Dénonçant « une insulte à (ses) ancêtres, sa famille » et « à la République », Danièle Obono avait dit samedi soir « réfléchir » à porter plainte. Cette publication est selon elle « une souillure qui ne s’effacera pas », mais surtout « l’aboutissement d’un acharnement médiatique » contre elle.

« L’extrême droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même »

Dès vendredi, elle avait dénoncé sur Twitter une « merde raciste dans un torchon », accusant « l’extrême droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même ». Le Premier ministre Jean Castex a déploré sur Twitter une « publication révoltante (qui) appelle une condamnation sans ambiguïté », assurant partager « l’indignation de la députée ».

« On est libre d’écrire un roman nauséabond, dans les limites fixées par la loi. On est libre aussi de le détester. Moi je le déteste et suis (aux) côtés » de la parlementaire, a écrit le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.

L’excuse de la fiction

Mais, a répondu le magazine d’opinion sur Twitter, « il s’agit d’une fiction mettant en scène les horreurs de l’esclavage organisé par des Africains au XVIIIe siècle », « terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir ».

Sur BFMTV, Tugdual Denis, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, a fait amende honorable. « On comprend, avec la charge symbolique extrêmement violente de cette image, que Danielle Obono soit choquée. On s’excuse auprès d’elle à titre personnel », a-t-il dit, assurant que son journal n’était « pas raciste ».

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