Vague d’arrestations en Jordanie sur fond de lutte de pouvoir, le prince Hamza Ben Hussein accusé d’avoir porté atteinte à la sécurité du royaume – Le Monde

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Le prince Hamza Ben Hussein, à Amman (Jordanie), en 2015.

Le vice-premier ministre jordanien pour les affaires politiques, Aiman Safadi, a accusé, dimanche 4 avril, l’ancien prince héritier du royaume, Hamza Ben Hussein, d’avoir été en contact avec des complices à l’étranger en vue d’un complot visant à déstabiliser la Jordanie. Samedi, les autorités jordaniennes ont procédé aux arrestations de quatorze à seize personnes pour « raisons de sécurité », notamment des proches de la famille royale.

Ajoutant que le prince Hamza était surveillé depuis un certain temps, M. Safadi a déclaré lors d’une conférence de presse que les autorités avaient intercepté des communications, entre le demi-frère du roi Abdallah II et ses contacts à l’étranger, visant à planifier des mesures pour affaiblir la sécurité du royaume hachémite.

Plusieurs personnalités de haut rang, dont Bassem Awadallah, ancien conseiller du roi, et Charif Hassan Ben Zaïd, membre de la famille royale, ont été interpellées, selon l’agence de presse jordanienne Petra. Les services de sécurité ont demandé le renvoi des participants à ce complot devant un tribunal de sûreté de l’Etat, a précisé Aiman Safadi, qui occupe également le poste de ministre des affaires étrangères.

Une « calomnie »

Dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, le prince Hamza a nié avoir pris part à un complot et a accusé les autorités de son pays de « corruption » et d’« incompétence ». Samedi, le chef de l’état-major de l’armée jordanienne lui a rendu visite en le mettant en garde contre des actions visant « la sécurité et la stabilité » du pays. Sa mère, la reine Noor, quatrième et dernière épouse de l’ancien roi Hussein, mort en 1999, a dénoncé sur Twitter une « calomnie » et affirmé « prier pour que la vérité et la justice l’emportent pour toutes les victimes innocentes » de ces arrestations.

« Je ne fais partie d’aucun complot ni d’aucune organisation malfaisante », s’est défendu le prince dans la vidéo, regrettant qu’il ne soit plus possible, selon lui, d’exprimer son opinion ou de critiquer les autorités « sans être intimidé, harcelé ou menacé ». Le pouvoir jordanien pense que « ses intérêts personnels, ses intérêts financiers, sa corruption sont plus importants que la vie, la dignité et l’avenir des 10 millions de personnes qui vivent ici », a encore accusé le prince Hamza.

Le roi de Jordanie, Abdallah II (à droite) et son demi-frère, le prince Hamza Ben Hussein, à Amman, en 1999.

Hamza est le fils aîné du roi Hussein et de son épouse américaine, la reine Noor, née Lisa Halaby. Conformément au souhait de son père, mort en 1999, il avait été nommé prince héritier lorsque Abdallah était devenu roi. Mais en 2004, Abdallah l’avait dépouillé du titre et l’avait donné à son fils aîné Hussein.

Les Etats-Unis apportent leur soutien à la Jordanie

Deux alliés de la Jordanie ont vite apporté leur soutien, samedi, au roi Abdallah II. « Le roi Abdallah est un partenaire-clé des Etats-Unis, et il a tout notre soutien », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price. En Arabie saoudite, le palais royal a également fait part dans un tweet de « son appui total (…) aux décisions et mesures prises par le roi Abdallah II et le prince héritier Hussein pour sauvegarder la sécurité et la stabilité » dans le pays.

Le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman, autres membres du Conseil de coopération du Golfe ont apporté leur soutien dans des termes très similaires. Les riches pays du Golfe sont d’importants partenaires de la Jordanie qui dépend grandement de l’aide internationale. Par ailleurs, l’Egypte a exprimé sa « solidarité totale et son soutien au royaume jordanien hachémite représenté par sa majesté Abdallah II », selon le porte-parole de la présidence, Bassem Rady.

L’assignation à résidence du prince et les arrestations surviennent à quelques jours de la célébration du centenaire du royaume. Le 11 avril 1921, le roi Abdallah, dirigeant du nouvel Etat de Transjordanie, avait formé son premier gouvernement, après la création de l’émirat en mars 1921, aux côtés de la Palestine pendant le mandat britannique.

Le Monde avec AFP

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