Vaccination, pass sanitaire, jauge abaissée… : quelles pistes pour freiner la 4e vague de Covid-19 en France ? – Sud Ouest

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Alors qu’Emmanuel Macron doit s’adresser aux Français lundi, le Conseil scientifique et la Haute Autorité de Santé recommandent un tour de vis pour freiner la 4e vague, portée par le virulent variant Delta

Emmanuel Macron s’adressera aux Français lundi 12 juillet à 20 heures. Cette allocution sera précédée par un Conseil de défense sanitaire. L’Élysée n’a pas donné de détails sur le contenu de l’intervention, mais le chef de l’État « tiendra compte des données sanitaires », comme l’avait déjà dit le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Une dégradation éclair

Or dans son dernier point, Santé publique France déplore une « dégradation de la situation, après plusieurs semaines d’amélioration » (4 580 nouvelles contaminations vendredi soir, 68 % de plus qu’une semaine plus tôt). SPF note aussi une « augmentation marquée du taux d’incidence, particulièrement chez les 15-44 ans ». Une propagation rapide chez les jeunes qui inquiète sur fond de réouverture des discothèques.

De son côté, le Conseil scientifique a averti vendredi 9 juillet qu’une « quatrième vague liée au variant Delta pourrait avoir un retentissement sur le système de soins, malgré un niveau élevé de vaccination ». « L’épidémie ne pourra être contrôlée qu’avec 90 % à 95 % de personnes vaccinées ou infectées », met-il en garde.

Intensifier la campagne vaccinale

Vendredi soir, on comptait une bonne moitié de Français vaccinés avec une première dose et environ 40 % complètement. Le gouvernement vise les deux tiers des adultes totalement vaccinés à la fin août. Le Conseil pense que ces objectifs seront atteints, mais il recommande malgré tout d’intensifier et cibler davantage la campagne.

Car outre les résidents d’Ehpad et d’établissements pour handicapés, le Conseil s’est dit préoccupé du niveau de vaccination des « plus de 60 ans, des personnes à risque entre 40 et 60 ans » et des « jeunes à risque, en particulier obèses ». Seules 50 % des personnes obèses « seraient vaccinées », selon l’instance qui s’inquiète aussi d’une forte hésitation dans les couches les plus défavorisées.

« Si les gens attendent la rentrée pour se vacciner, ce sera trop tard », insiste l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique. On a « une situation absurde, on a eu plus de 100 000 morts » et de l’autre côté, « un vaccin très efficace et gratuit ».

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Vaccination obligatoire des soignants ?

Le Conseil plaide également en faveur d’« une obligation vaccinale des soignants », catégorie où le taux de couverture est « trop bas » notamment dans les Ehpad avec « la moitié » du personnel couvert. Faisant suite à cet avis, la Haute autorité de santé (HAS) a aussi recommandé « que soit envisagé sans délai l’obligation vaccinale de l’ensemble des professionnels de santé en contact avec des personnes vulnérables ».

Même le controversé professeur Didier Raoult s’est dit, dans un tweet, « favorable à la vaccination systématique des personnels soignants ».

Le gouvernement planche sur un projet de loi à ce sujet : il pourrait être adopté dès mardi en Conseil des ministres et voté rapidement.

Pass vaccinal ?

L’instance évoque en outre la possibilité d’un pass vaccinal pour accéder aux restaurants, activités culturelles ou sportives, et qui exempterait les immunisés de nouvelles restrictions en cas de quatrième vague.

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Dans un même esprit, la HAS a recommandé de réduire l’espace « de 3 à 4 semaines entre les deux doses » de vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) pour ceux qui démarrent la vaccination. Jusque-là, pour ce type de vaccins, l’écart était d’environ 6 semaines.

Jauge abaissée ?

Pour contenir le variant, le Conseil scientifique recommande aussi un abaissement de la jauge (actuellement fixée à 1 000 personnes) pour les événements soumis à un pass sanitaire (vaccination ou test négatif) et des « mesures partielles de restrictions » dans les territoires les plus touchés, « y compris en juillet et août et dans des zones de vacances, comme cela a été réalisé récemment au Portugal ».

Surveiller les hospitalisations

En plus de cela, le Conseil recommande d’accentuer la stratégie de traçage et d’isolement des cas de Covid-19 et de « surveiller l’impact de Delta sur les hospitalisations », en Angleterre, Écosse, Irlande et Portugal, « dont la rapidité d’augmentation (+20% d’hospitalisations par semaine en Angleterre) constituerait un signal d’alerte important ».

Dans des modélisations, l’Institut Pasteur estime qu’« un pic d’hospitalisations, similaire au pic de l’automne 2020, pourrait être observé en l’absence de mesures de contrôle » et toucherait particulièrement les plus de 60 ans, encore insuffisamment protégés.

Limitation des voyages ?

Des mesures pourraient également être prises pour contrôler les voyages avec les pays où la situation se détériore comme l’Espagne ou le Portugal.

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