Vaccination : C’est quoi cette histoire d’effets secondaires avec AstraZeneca ? – 20 Minutes

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La vaccination par AstraZeneca a donné lieu à de nombreux effets secondaires — Liselotte Sabroe/AP/SIPA
  • Depuis samedi, le vaccin AstraZeneca est administré en France aux soignants de moins de 50 ans.
  • Or, ce jeudi, les hôpitaux de Brest et Morlaix ont suspendu temporairement ce mode de vaccination en raison d’un excès d’arrêts maladie consécutifs à l’injection de la première dose.
  • Faut-il s’en inquiéter ou est-ce une réaction normale ?

Mais que se passe-t-il (encore) avec AstraZeneca ? Le vaccin britannique a fait les gros titres ce jeudi soir après que le CHRU de Brest (Finistère), a décidé de suspendre temporairement son administration aux soignants, en raison d’un trop grand nombre d’effets secondaires qui ont eu pour conséquence de très nombreux arrêts maladie dans les services de l’établissement.

Est-ce un nouveau coup dur pour ce vaccin, dont les retards conséquents de livraison en Europe avaient déjà fait scandale en janvier ? Le vaccin Pfizer est-il meilleur et présente-t-il moins de risque d’effets secondaires ? 20 Minutes fait le point.

Que se passe-t-il ?

La vaccination par AstraZeneca a débuté en France ce samedi 6 février, et concerne principalement les soignants de moins de 50 ans (ceux de plus de 50 ans reçoivent le vaccin Pfizer-BioNtech ou Moderna). Ce jeudi, environ 10.000 soignants avaient reçu une injection d’AstraZeneca. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recense parmi cette population « 149 déclarations de pharmacovigilance entre le 6 et le 10 février au matin mentionnant des syndromes grippaux souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures ou céphalées) », soit 1,49 % des personnes vaccinées.

Si ces symptômes n’engendrent pas d’hospitalisations, la grippe et la fatigue sont parfois tellement intenses qu’elles entraînent un arrêt de travail. Cela a pu poser problème, notamment au CHRU de Brest qui a massivement vacciné ses soignants et s’est donc retrouvé avec de nombreux services en manque de personnels. Selon Le Télégramme, entre 20 à 25 % des personnels vaccinés au CHRU se sont mis en arrêt de travail, en raison principalement de maux de tête et de fortes fièvres. Le chiffre a atteint 18 % dans le Morbihan, au centre hospitalier de Vannes, a indiqué ce vendredi matin Stéphane Mulliez, le directeur de l’ARS Bretagne.

Le CHRU de Brest ayant vacciné massivement les services en prise directe avec le  Covid (maladies infectieuses, urgences et réanimation), ces absences sont très préjudiciables. D’où la suspension temporaire de la campagne de vaccination jeudi. Toutefois, l’ARS Bretagne, a également indiqué ce vendredi matin que la campagne de vaccination allait reprendre son cours.

Pourquoi autant d’effets secondaires si intenses ?

Une telle intensité n’a pas été constatée lors de la campagne de vaccination Pfizer ou Moderna en France, même si des maux de tête (55 % des cas Pfizer et 63 % des cas Moderna en étude clinique) ou une légère fatigue (63 % des participants Pfizer et 68 % des participants Moderna en étude clinique) peuvent apparaître. Mais pas au point de nécessiter des arrêts de travail. Alors, le vaccin AstraZeneca est-il plus dangereux ?

Pas nécessairement, car il y a un énorme biais, renseigne Eric Billy, médecin et chercheur en immuno-oncologie, spécialiste des vaccins pour le collectif « Du côté de la science » : l’âge de la population vaccinée. Pfizer-BioNtech et Moderna sont pour le moment administrés aux personnes âgées de plus de 75 ans et aux soignants de plus de 50 ans, quand AstraZeneca sert à vacciner les soignants de moins de 50 ans. L’âge médian des 100.000 personnes vaccinées par AstraZeneca depuis ce samedi est de 34 ans. Et ça, ça change tout.

« Plus la personne est âgée, plus la réponse du système immunitaire au vaccin est lente à se mettre en place, donc par défaut, les personnes âgées développent moins d’effets secondaires au vaccin, car leur système immunitaire réagit trop faiblement », explique Eric Billy. Au contraire, les personnes plus jeunes ont un « système immunitaire très réactif, et il est plutôt rassurant qu’il y ait ce genre d’effets secondaires, cela montre qu’il y a une réponse immunitaire », note le médecin. Si le vaccin Pfizer-BioNtech par exemple était à son tour administré à des personnes beaucoup plus jeunes qu’actuellement, les effets secondaires seraient également probablement plus intenses que ceux actuellement constatés.

Le vaccin AstraZeneca est-il remis en question à la suite de ces nombreux effets secondaires ?

Non. Dans sa note, l’ANSM précise d’ailleurs : « Ces effets indésirables sont connus et décrits avec les vaccins. » Une surveillance des données sera de mise, « ces déclarations de pharmacovigilance constituent un signal potentiel et font l’objet d’une surveillance particulière au regard notamment de l’intensité de ces effets », note certes l’agence, mais surveiller les effets en vaccination réelle par rapport aux études cliniques se fait pour absolument tous les nouveaux vaccins.

Eric Billy : « En l’état, le vaccin AstraZeneca n’est pas remis en question et son administration ne va pas s’arrêter, il n’y a rien d’alarmants, ce n’est pas comme s’il y avait 10 % d’hospitalisation à la suite du vaccin. Ce qui risque de changer, c’est que l’on va davantage étaler la campagne de vaccination dans le temps par centre hospitalier, pour éviter d’avoir trop de soignants K.-O. d’un coup. » L’ANSM recommande ainsi d’échelonner les injections du vaccin d’AstraZeneca au sein des services, afin d’avoir toujours du personnel disponible. C’est d’ailleurs ce qui a été décidé au CHRU de Brest, a indiqué l’ARS Bretagne ce vendredi. S’adapter en temps de coronavirus, toujours.

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