Vaccin contre le Covid-19 : feu vert en Europe, première piqûre en France… dès dimanche – Le Parisien

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« C’est le meilleur cadeau d’anniversaire anticipé que j’aurais pu espérer, cela signifie que je peux finalement envisager de passer du temps avec ma famille et mes amis dans la nouvelle année après avoir été seule durant une grande partie de l’année ». Le 8 décembre, Margaret Keenan, 90 ans, quittait les yeux brillants l’hôpital où elle avait été la première Anglaise à recevoir le vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNtech. Des volontaires pour suivre l’exemple de Margaret? C’est le moment de lever la main. Après un examen accéléré, ce vaccin a reçu à son tour, ce lundi 21 décembre, le feu vert des autorités européennes du médicament. Une approbation très attendue.

L’émergence d’ une nouvelle souche du virus du Covid-19, a priori beaucoup plus contagieuse, en Angleterre, était en train de semer la panique partout chez ses voisins européens. Accueilli comme le messie, le vaccin Pfizer/BioNTech, le premier à avoir passé avec succès les phases d’expérimentation sur l’homme, allait-il du coup devenir inefficace? C’était la grande question. « Pour le moment, il n’existe aucune preuve suggérant qu’il ne soit pas efficace contre la nouvelle variante », a précisé Emer Cooke, la directrice générale de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Après le feu vert de l’EMA, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé dès ce lundi que le vaccin de Pfizer et BioNTech était désormais autorisé sur le marché européen.

Eviter une… quatrième vague

En attendant que les scientifiques s’assurent à 100 % que ce Covid-19 mutant ne soit pas réfractaire à ce vaccin, le voici donc adoubé pour un an, et sous réserve d’un suivi au plus près, au grand soulagement des virologues. « Sans vaccin, on ne peut pas s’en sortir, la situation est vraiment critique », soupire l’expert en virus du CNRS Etienne Decroly, prudent mais plutôt optimiste : « Ce vaccin, même si on manque d’un petit recul sur la durée de l’immunité qu’il confère, trois ou six mois, c’est une première arme qui tombe au bon moment ».

VIDÉO. Le régulateur européen autorise le vaccin Pfizer-BioNTech contre le Covid-19

Conçu en à peine plus de huit mois, son efficacité affichée paraît impressionnante : 95 %, c’est aussi bien que le vaccin contre la rubéole et la rougeole, près de deux à trois fois mieux que celui de la grippe. « C’est bien mieux que ce qui était attendu et, au moins, cela permettra d’éviter les formes graves, si cela peut enfin soulager les hôpitaux, tant mieux », se réjouit Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille (Nord), pour qui la priorité des priorités est de vacciner les personnes âgées. « Avec les vacances et le brassage des générations à Noël, on s’attend à l’arrivée d’une troisième vague à la fin de la première semaine de janvier ». L’arrivée du vaccin ne va pas produire d’effet tout de suite, explique-t-il, « car il faut deux injections et 21 jours d’intervalles entre les deux ». « Et l’apparition des premiers anticorps ne survient qu’après dix jours, mais cela peut grandement aider quand même à éviter une quatrième vague ».

Vacciner au plus vite les personnes âgées vivant en établissement, c’est la priorité du gouvernement qui devra aussi tenir compte de l’avis de la Haute autorité de santé attendu ces jours-ci pour cerner le profil des personnes qui devront éviter le vaccin ou prendre leurs précautions. Lors des essais cliniques, des phénomènes allergiques, des paralysies faciales ont été constatés. En attendant, le gouvernement accélère.

Un million de vaccinés en janvier

Les premières injections se feront dimanche, a twitté Olivier Véran, le ministre de la Santé, sur Europe 1, après avoir évoqué dans la matinée un « début très progressif ». Le but? Arriver à un million de vaccinés en janvier en Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). En février-mars, la vaccination « sera ensuite élargie aux plus de 75 ans, puis de 65 à 74 ans, puis aux professionnels de la santé et du médico-social âgés d’au moins 50 ans ou présentant des comorbidités », avait détaillé la semaine dernière Jean Caste x. Cette deuxième phase concernera 14 millions de personnes dites à risque. Enfin, « au début du printemps », le reste de la population pourrait être immunisé, avec en priorité les 50-64 ans, les personnels de sécurité, d’éducation, les personnes vulnérables et précaires.

Ce calendrier est-il tenable? Le défi est en tout cas immense : « le vaccin Pfizer requiert un stockage à −80 °C. Dès qu’on l’a décongelé, on a cinq jours pour vacciner et il ne supporte pas plus de douze heures de transport avant l’injection », expliquait récemment devant les députés Olivier Véran. « Mieux vaut que tout soit bien huilé, qu’aucun super frigo ne tombe en panne, prévient Philippe Amouyel. Aux Etats-Unis, ils ont pris un général cinq étoiles pour piloter toute cette logistique. C’est dire le savoir-faire qu’il faut. »

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