Une variante du coronavirus inquiète les gouvernements européens – Journal La Croix

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► Nouvelle souche, variant… De quoi parle-t-on ?

L’apparition au Royaume-Uni d’une « nouvelle souche » du Sras-cov-2, le virus responsable du Covid-19, inquiète les épidémiologistes. Cette « nouvelle souche » est « hors de contrôle », a reconnu, dimanche 20 décembre, le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, après avoir annoncé le reconfinement de Londres et du sud-est de l’Angleterre, où une augmentation très forte des cas de contamination et des hospitalisations a été constatée ces derniers jours. Ce reconfinement pourrait se prolonger « jusqu’à ce que le vaccin soit déployé », a ajouté le ministre.

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Ce dimanche, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas ont annoncé la suspension de leurs vols en provenance du Royaume-Uni, tandis que l’Allemagne annonçait y réfléchir « sérieusement ». La France a annoncé dimanche soir suspendre toutes ses circulations depuis le Royaume-Uni à compter de minuit et pour 48 heures.

Les mutations identifiées par les Britanniques, qui seraient apparues mi-septembre à Londres ou dans le Kent (sud-est), concernent des parties d’une protéine importante du virus, le « spicule » (spike, en anglais). C’est elle qui lui donne sa forme hérissée, et lui permet de s’accrocher aux cellules humaines. Toutefois, ces différences – un changement du 501e acide aminé et l’absence du 69e et 70e, sur les 1 273 que compte la protéine – ne sont pas assez importantes pour que les scientifiques parlent, à l’instar du gouvernement britannique, de « nouvelle souche » : ils évoquent pour le moment un « variant » du coronavirus.

► Ces mutations rendent-elles le virus plus dangereux ?

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, a indiqué samedi 19 décembre que la nouvelle variante du Sras-cov-2, se propageait plus rapidement et devenait la forme « dominante ». L’information « sur cette nouvelle souche est très préoccupante », affirme de son côté le professeur Peter Openshaw, immunologiste à l’Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu’« elle semble de 40 % à 70 % plus transmissible ».

Plusieurs virologues français joints par La Croix appelaient de leur côté à la prudence, dimanche 20 décembre. « Il est trop tôt pour conclure à ce que ces mutations font ou ne font pas, explique la virologue Marie-Paule Kieny, présidente du Comité Vaccin Covid-19. Il ne faut pas faire de catastrophisme avant qu’on ait des faits scientifiques à considérer. »

Le lien de causalité entre l’accélération de l’épidémie en Grande-Bretagne et ces mutations reste encore à démontrer. Même si l’idée d’un virus mutant a toujours quelque chose d’anxiogène, on peut difficilement faire plus commun. Le génome du virus Sras-cov-2 n’a eu de cesse d’évoluer depuis sa transmission à l’homme fin 2019. L’immense majorité de ces mutations sont insignifiantes – certaines sont dites « délétères », puisqu’elles détériorent le virus, d’autres « neutres », car elles n’ont aucun effet. En novembre, une équipe de biologistes publiait dans la revue Nature les résultats d’une étude sur 185 mutations récurrentes du virus responsable du Covid-19. Aucune ne le rendait plus contagieux.

► Faut-il craindre que les vaccins à venir soient moins efficaces ?

« Rien n’indique pour le moment que cette nouvelle souche cause un taux de mortalité plus élevé ou qu’elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela », a expliqué le médecin-chef de l’Angleterre, Chris Whitty, dans un communiqué cité sur le site de Science Media Centre. « Le fait qu’il y ait une mutation nouvelle du spicule ne change rien à l’efficacité des vaccins », affirme également Yves Gaudin, chercheur au département de virologie de l’université Paris-Saclay.

→ EXPLICATION. Vaccins contre le Covid : jusqu’où faut-il être transparent ?

Quand l’organisme reçoit un vaccin, explique-t-il, il monte une « réponse immunitaire diversifiée » : « Elle ne conduit pas à la production d’un seul anticorps qui ne serait efficace que contre un seul variant du virus. Non, on parle bien d’un cocktail d’anticorps, suffisamment divers pour être efficaces contre de très nombreux variants de ce virus. Ce variant identifié par les scientifiques britanniques ne semble pas suffisamment différent pour que l’on s’inquiète de l’efficacité du vaccin. »

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