Une deuxième entreprise de chiffrement suisse était pilotée par la CIA

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Une deuxième entreprise de chiffrement suisse était pilotée par la CIA

Pour s’assurer du chiffrement de ses données au cours des dernières années, il valait mieux ne pas trop compter sur la suisse. La chaîne de télévision suisse SRF a diffusé un reportage jeudi affirmant que la société Omnisec AG avait elle aussi fourni à ses clients des appareils de chiffrement comportant des portes dérobées.

Ces révélations font suite à un précédent scandale impliquant le concurrent direct de d’Omnisec AG, la société Crypto AG. Une enquête du Washington Post en collaboration avec des médias suisses et allemands avait révélé en début d’année que cette société, qui vendait des appareils et dispositif cryptographiques à de nombreux gouvernements étrangers, avait en réalité été placée sous l’influence des services de renseignement américain et allemand qui finançaient ses opérations. En contrepartie, les équipements vendus par Crypto AG à certains gouvernements comportaient des porte dérobées et des failles dans le chiffrement, qui permettaient aux services de renseignement de décrypter les communications chiffrées avec ces appareils.

Suite aux révélations de la presse sur Crypto AG, une enquête parlementaire avait été lancée sur l’influence du renseignement étranger sur les entreprises suisses. Le rapport publié début novembre mentionnait ainsi le fait qu’une autre entreprise avait connu le même sort que Crypto AG, sans la nommer directement.

L’enquête de la SRF a donc permis de mettre un nom sur cette seconde entreprise, et celle ci se révèle être l’un des concurrents suisse de Crypto AG. Si Omnisec AG n’avait pas la taille ou le chiffre d’affaire de son concurrent Crypto AG, la société a vendu ses outils cryptographiques à des gouvernements étrangers et à des administrations et agences suisse ainsi qu’à la banque UBS, l’une des banques les plus importantes du pays.

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Du passé, n’en parlons plus

Omnisec AG n’aura néanmoins pas trop à s’inquiéter de l’impact de ces révélations sur son business, la société ayant déposé le bilan en 2018 après 31 ans de bons et (de)loyaux services. Crypto AG a également été liquidée la même année, et ses actifs ont été revendus à deux autres sociétés.

La nouvelle ne fait pas que des heureux en suisse et de nombreux représentants politiques ont demandé de nouvelles enquêtes sur l’influence des services de renseignement étrangers et sur le rôle joué par les services de renseignements suisses dans cette affaire. La première enquête menée suite aux révélations sur l’affaire Crypto AG avait ainsi conclu que les services de renseignement suisse savaient que la société était contrôlée par des services étrangers, mais que le gouvernement n’en avait pas été informé.

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