Un voilier sans skipper dans la course virtuelle du Vendée Globe

Spread the love
  • Yum

Un voilier sans skipper dans la course virtuelle du Vendée Globe

RoBoat est le premier bateau virtuel sans skipper à participer au Virtual Regatta, le jeu en ligne officiel du Vendée Globe qui rassemble joueurs amateurs et skippers chevronnés.

Piloté par l’IA, son modèle combine l’algorithmie pour le routage et le machine learning (ML) pour les choix tactiques. Le Liquid Studio d’Accenture tient la barre, avec une équipe composée d’ingénieurs d’Accenture, de Gekko (racheté par le cabinet en juin 2020) et AWS.

Tout s’est mis en place dans un temps assez court. Après de premières études réalisées dans le courant du mois d’août, un prototype a été développé en septembre sur une plateforme AWS. « On a commencé par le calcul des isochrones (qui permettent de prédire une position en fonction d’un temps défini) », explique à l’AFP le directeur du centre d’innovation d’Accenture en France, Thomas Malnoury. « Puis on est passé à la définition d’une stratégie globale par rapport à la météo, et enfin d’une trajectoire selon les conditions locales autour du bateau. »

publicité

Premières difficultés

Les premiers pas du bateau ont eu lieu fin septembre, puis l’équipe est passée en mode entraînement en octobre. Les résultats encourageants leur ont permis de considérer la possibilité de participer au Vendée Globe virtuel en novembre.

Dès le démarrage de la course, le RoBoat bute dans la nuit du 8 au 9 novembre sur un fort vent de face, puis rencontre un problème de lissage qui lui fait perdre 400 000 places en quelques heures. Le lendemain, « après un réglage du lissage, RoBoat repart de plus belle plein sud, direction l’Espagne, et rattrape son retard petit à petit », peut-on lire sur le carnet de bord en ligne. En l’espace de 24 heures, le navire est parvenu à reprendre 200 000 places.

Après une semaine de course, RoBoat semble avoir trouvé sa vitesse de croisière, observe l’équipe, et le navire sans pilote navigue actuellement dans la première moitié de la flotte (autour des 300 000). « Affaire à suivre dans le pot au noir et l’anticyclone de Sainte-Hélène, la route est encore longue ! »

« Le but est déjà de terminer la course »

L’ambition est très raisonnable pour cette première participation, car l’efficacité d’un modèle ML est très dépendante du temps d’entraînement du modèle. « Le but est déjà de terminer la course, et si possible dans la première moitié du tableau », affirme Thomas Malnoury.

Si l’équipe a pu récupérer les données de navigation des 50 meilleurs joueurs du Virtual Regatta, en entraînant un algorithme à imiter leurs décisions, elle n’a pas eu le temps d’essayer « l’apprentissage par renforcement », c’est-à-dire la simulation d’un très grand nombre de courses pour aider la machine à identifier les meilleurs stratégies, raconte Adrien Jacquot, analyste de données.

Les créateurs de RoBoat sont déjà entrés en contact avec des entreprises intéressées par cette technologie pour faire naviguer de vrais voiliers sur les mers. Certaines innovations émergent dans le domaine de la navigation autonome, comme le modèle de bateau autonome du MIT mis à l’eau sur les canaux d’Amsterdam ou le navire sans équipage conçu par SeaOwl pour opérer à distance des missions sous-marines, principalement auprès des installations offshores.

Leave a Reply

%d bloggers like this: