Un vaccin anti-Covid pour quand et pour qui? Les pistes envisagées par l’exécutif – BFMTV

Spread the love
  • Yum

Avec la multiplication des annonces des laboratoires, le gouvernement prépare scrupuleusement sa stratégie vaccinale, avec en tête l’idée de répondre à la méfiance d’une large partie de la population.

En dix jours, les annonces sur l’efficacité de projets de vaccin contre le Covid-19 se sont enchaînées: une surenchère de communiqués, qui laisse désormais espérer une vaccination à portée de main.

Et pourtant, les dernières études et sondages révèlent que la population est particulièrement méfiante à cet égard, redoutant un manque d’efficacité ou encore de recul des laboratoires: seuls 4 Français interrogés sur 10 envisagent actuellement de se faire vacciner contre le Covid-19, selon notre sondage Elabe pour BFMTV publié ce jeudi.

>> “Adaptation” du confinement, vaccin… Suivez en direct les dernières informations sur l’épidémie de Covid-19

Pour le gouvernement, les prochains jours seront donc stratégiques pour démarrer l’élaboration d’une stratégie de vaccination française et européenne. Quel est le calendrier envisagé par le gouvernement? Quels seront les publics ciblés par le vaccin? Voici les pistes étudiées par l’exécutif.

· Le vaccin sera-t-il obligatoire?

Le futur vaccin contre le Covid-19 va-t-il être obligatoire en France? La question se pose au sommet de l’État. La majorité plaide pour qu’il ne le soit pas, redoutant que la défiance de la population ne soit accrue par le fait de l’imposer. “Il vaut mieux que cela soit volontaire”.

L’exécutif est conscient de l’importance de bien communiquer à ce sujet, pour convaincre que le futur vaccin contre le coronavirus sera sûr. Au sein du gouvernement, on reconnaît qu’il s’agit “aussi d’une question de libertés individuelles”. 

Certains, au sein de la majorité présidentielle, font preuve de pessimisme. “Pour autant, quand tu sais qu’il faut atteindre 60% de couverture vaccinale pour que ça marche, et que c’est justement la proportion de Français qui ne veulent pas se faire vacciner…”.

D’autres, au contraire, ont “bon espoir” que la couverture vaccinale soit importante en France, considérant que “le taux d’anti-vaccins diminue depuis le début de l’épidémie”. “Les gens veulent un horizon social et économique, ils n’en peuvent plus de cette pandémie”.

Selon nos informations, le vaccin contre le Covid-19 pourrait être rendu obligatoire pour les enfants car les autorités considèrent que c’est un sujet de santé publique. Mais là encore, la question n’est pas tranchée: “Les obligations vaccinales actuelles qui concernent les enfants portent sur des vaccins qu’on connaît depuis des décennies”, reconnaît-on au sommet de l’État. 

· Quand sera-t-il prêt?

La question du timing va être cruciale. “Nous nous mettons en capacité de pouvoir vacciner rapidement, c’est la seule chose dont nous soyons sûrs, comme tous les pays européens”, indique d’ores-et-déjà le gouvernement.

Des “discussions avancées” avaient été annoncées le 24 août entre Moderna et la Commission européenne pour l’achat de 80 millions de doses du vaccin, mais aucun engagement ferme n’a été signé depuis. Mardi, le gouvernement s’est voulu rassurant et a annoncé qu’un accord allait être conclu “dans quelques jours”.

“Cet été, la Commission européenne s’est basée sur un horizon de 12 à 18 mois” pour l’obtention du vaccin”, confie un conseiller au sein de l’exécutif. Les premiers vaccins pourraient donc être disponibles en Europe “entre le printemps et l’automne de l’année prochaine”.

Le gouvernement envisage de “vacciner très vite” comme cela devrait être le cas en Allemagne. Outre-Rhin, les autorités sont déjà en ordre de marche depuis l’annonce de Pfizer et BioNTech.

Le gouvernement est conscient qu’il va devoir faire preuve de prudence. “On risque un procès en imprudence si on vaccine trop vite, un procès en impréparation si on vaccine trop tard”, confie-t-on au sommet de l’État, comparant ce dossier à celui de l’hydroxychloroquine: “Aujourd’hui, personne ne nous reproche la non-mise sur le marché de la chloroquine…”.  

L’exécutif ne cache toutefois pas qu’il reste des incertitudes sur la question du vaccin et sur son efficacité. “Nous allons apprendre à marcher avec l’avancée des connaissances scientifiques”, reconnaît-on, admettant qu'”aujourd’hui, nous ne savons pas si l’efficacité est de 90% sur 3 mois, 6 mois, 1 an…”

· Qui pourra se faire vacciner en priorité?

“En France, 17 millions de Français sont considérés comme des publics prioritaires”, rappelle l’exécutif. La question va donc être de savoir comment organiser et prioriser les différents publics. Le gouvernement doit encore choisir la mécanique de vaccination à adopter.

Parmi les pistes évoquées, l’organisation pourrait par exemple se faire au niveau local, notamment par le biais de centres de vaccination par département. Enfin, le gouvernement devra trancher la question de l’ordonnance: en aura-t-on besoin d’une pour se faire vacciner, ou pourra-t-on l’obtenir de façon libre, comme pour les tests PCR?

Anne-Saurat Dubois et Agathe Lambret avec Jeanne Bulant

Leave a Reply

%d bloggers like this: