Un ours abattu en Ariège, l’Etat porte plainte – Le Monde

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Son cadavre a été découvert dans une zone escarpée près du cirque de Gérac, à 1 800 mètres d’altitude, d’où il a été transporté par hélicoptère jusqu’à un chemin de montagne.

Un ours brun a été retrouvé mort mardi dans les Pyrénées. Il portait des traces de tir par balle et devait être autopsié mercredi 10 juin à l’école vétérinaire de Toulouse, a annoncé le procureur de la République de Foix, Laurent Dumaine. « Il a été manifestement abattu par arme à feu. Tous les moyens sont mis en œuvre pour identifier le ou les auteurs », a dit M. Dumaine lors d’une conférence de presse.

Le procureur a précisé que l’enquête avait été ouverte pour « destruction non autorisée d’une espèce protégée », une infraction passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. La préfète de l’Ariège, Chantal Mauchet, a ajouté que la victime était un jeune mâle de 4 à 5 ans, pesant de 150 à 200 kg. Il n’a pas été identifié, car il n’était pas équipé de collier de géolocalisation comme les ours venant de Slovénie réintroduits dans le massif pyrénéen.

Son cadavre a été découvert dans une zone escarpée près du cirque de Gérac, à 1 800 mètres d’altitude, d’où il a été transporté par hélicoptère jusqu’à un chemin de montagne. Des experts de l’Office français de la biodiversité ont trouvé l’ours alors qu’ils effectuaient des constats de prédation à la demande d’éleveurs, ayant déclaré des brebis tuées. La brigade des recherches de gendarmerie de Saint-Girons est chargée de l’enquête.

L’annonce de sa mort, près de la station de ski de Guzet, a été faite mardi par la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, qui a déclaré que l’Etat allait porter plainte. « L’ours est une espèce protégée, cet acte est illégal et profondément condamnable. (…) L’Etat va porter plainte », a écrit la ministre sur Twitter.

Les organisations de défense de l’ours dans les Pyrénées ont également annoncé leur intention de porter plainte. « Personne n’a le droit de supprimer un ours dans les Pyrénées, c’est inconcevable. C’est une espèce protégée », a réagi Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours, qui défend la présence de l’ours dans les Pyrénées. « Bien entendu, nous [les associations] allons également déposer plainte et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour retrouver les responsables et les faire condamner », a ajouté cette figure du mouvement de défense de la biodiversité.

Deuxième ours retrouvé mort cette année

C’est le deuxième ours retrouvé mort dans les Pyrénées cette année. En avril, la dépouille de Cachou, un mâle né en 2015, avait été découverte dans le val d’Aran (Espagne), sans que les causes de sa mort n’aient été divulguées. Pratiquement disparu au début des années 1990, l’ours brun a repris ses droits dans les Pyrénées, après des réintroductions en 1991 de spécimens provenant de Slovénie, qui provoquent depuis des années des tensions avec les éleveurs, qui estiment leur présence incompatible avec l’activité pastorale.

Le nombre d’ours dans les Pyrénées est désormais estimé à 50 individus, selon les autorités, niveau qui n’assure toutefois pas la survie de l’espèce. La France avait adopté un plan « Ours » pour 2018-2028 prévoyant des lâchers d’ours pour renforcer la population dans les Pyrénées, mais il a été enterré par le gouvernement quelques mois à peine après sa mise en place, à la suite de manifestations d’éleveurs.

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En 2019, 1 173 animaux ont été tués par des ours et 36 ruches détruites, selon les chiffres contenus dans une consultation publique lancée récemment pour des mesures d’effarouchement des ours bruns dans les Pyrénées. La semaine dernière, les ministres de la transition écologique et solidaire et de l’agriculture ont d’ailleurs annoncé une enveloppe de 500 000 euros supplémentaires pour la cohabitation des activités de pastoralisme avec la présence des ours.

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Le Monde avec AFP

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