Dans un message diffusé sur Facebook, l’étudiant avait évoqué ses difficultés financières et accusé « Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE » de l’avoir « tué ».

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h52, mis à jour à 15h04

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Le bâtiment du Crous à Lyon, dans le 7e arrondissement.

Le bâtiment du Crous à Lyon, dans le 7e arrondissement. Capture d’écran Google Maps

Un étudiant de 22 ans originaire de Saint-Etienne s’est immolé par le feu devant le bâtiment du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) à Lyon, vendredi 8 novembre dans l’après-midi. « Brûlé à 90 % », le jeune homme a d’abord été traité sur place avant d’être transporté au centre des brûlés de l’hôpital Edouard Herriot, ont indiqué les pompiers. Sa vie est en danger, selon le procureur de la République de Lyon, cité par Franceinfo. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de son geste.

Le drame est survenu peu avant 15 heures dans le 7e arrondissement de Lyon. Prévenue de son geste par un SMS, la petite amie de la victime a alerté les services de secours qui sont rapidement arrivés sur les lieux. Avant de s’asperger d’essence, l’étudiant de l’université Lyon-II avait, selon Le Progrès, publié un message sur Facebook dans lequel « il évoque ses difficultés financières et se revendique de la lutte contre le fascisme et le libéralisme ».

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« En grande précarité financière, privé de bourse, désespéré »

« Nous n’avons pas suffisamment de mots pour crier notre douleur et notre tristesse », a écrit dans un communiqué le syndicat Solidaires étudiant-e-s. La fédération étudiante a adressé ses « pensées [aux] camarades, ami-e-s et famille » de la victime, « en grande précarité financière, privé de bourse, désespéré » et aujourd’hui « entre la vie et la mort ».

Le syndicat a également publié une capture d’écran présentée comme étant le message publié par l’étudiant sur Facebook avant qu’il ne s’immole. « Cette année, faisant une troisième L2 [deuxième année de licence], je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais, 450 euros/mois, est-ce suffisant pour vivre ? », peut-on notamment lire. « J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires », continue le message.

Refusant de commenter l’affaire, l’université Lyon-II a simplement annoncé sur Twitter qu’elle mettrait en place une cellule psychologique dès mardi.

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