Un couvre-feu en Ile-de-France contre le coronavirus ? «Rien n’est à exclure», avance Marlène Schiappa – Le Parisien

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« Tout est envisageable, très honnêtement, tout est sur la table ». Interrogée ce mardi matin sur LCI, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa n’a pas balayé l’hypothèse d’un couvre-feu en Ile-de-France pour contrer l’évolution des contaminations au Covid-19, alors que le taux de positivité des tests atteint 17 % en Ile-de-France, (11,8 % en France), un chiffre « qu’on n’avait jamais atteint » a alerté lundi Aurélien Rousseau, directeur de l’Agence régionale de santé.

« Rien n’est à exclure puisque le virus évolue, a poursuivi la ministre, qui reconnaît que les restrictions actuelles ne parviennent pas à ralentir la progression de l’épidémie. « Il y a beaucoup de gens qui respectent avec beaucoup de précautions l’ensemble des mesures sanitaires, mais on observe que hélas ça ne suffit pas », avance Marlène Schiappa. Alors oui, « il y a d’autres mesures qui sont sur la table et qui sont envisagées très localement ».

Selon Le Point, qui se réfère à plusieurs sources au sommet de l’État, l’hypothèse d’un couvre-feu nocturne dans les zones les plus à risque est bel et bien à l’étude. D’après l’hebdomadaire, différents scénarios seraient étudiés pour limiter la circulation des personnes en soirée, à partir de 20 heures, 22 heures ou 23 heures.

Une restriction appliquée depuis ce week-end dans plusieurs grandes villes en Allemagne. A Berlin, les établissements ferment désormais leurs portes entre 23 heures et 6 heures, une tranche horaire habituellement fréquentée chaque week-end par des dizaines de milliers de personnes. Ce couvre-feu, qui concerne tous les magasins sauf les pharmacies et stations-service, est en place au moins jusqu’au 31 octobre. La vente d’alcool dans les stations-service est interdite.

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Francfort a pris une mesure similaire, avec la fermeture des bars et restaurants et l’interdiction de vente d’alcool un peu plus tôt, à 22 heures. Même horaire pour Cologne, qui déplore au moins 50 nouvelles infections quotidiennes pour 100 000 habitants.

Pour « réduire la circulation nocturne et donc les interactions sociales »

Interrogé sur France Info à propos d’une telle mesure, le chef du service réanimation de l’hôpital Lariboisière, à Paris, estime qu’il « faut agir ». « Malgré les appels à la responsabilisation de la population et le renforcement des protocoles sanitaires, les chiffres continuent à augmenter, constate Bruno Mégarbane. Donc très clairement, même si 80 % de la population applique les règles, une partie reste réfractaire et continue à organiser des rassemblements dans le cercle privé ».

Un couvre-feu dans les zones les plus touchées permettrait d’éviter ces rassemblements, « de réduire la circulation nocturne et donc les interactions sociales », estime le patron de la réanimation à Lariboisière. Parce que « si on reste comme ça, la catastrophe est prévue dans un ou deux mois ».

«Deuxième vague forte »

Emmanuel Macron prendra la parole mercredi peu avant 20 heures pour évoquer la situation sanitaire et de nouvelles mesures. Lundi matin, le Premier ministre Jean Castex a reconnu que la France était « dans une deuxième vague forte ». « J’appelle à ce que nous nous mobilisions tous et toutes, il ne peut plus y avoir de relâchement », a-t-il répété. En écartant un reconfinement généralisé, dont les conséquences seraient « dramatiques », Jean Castex a demandé de « limiter le nombre de personnes reçues à domicile » et de « respecter les gestes barrière dans l’espace public et dans la sphère privée ».

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