Un courrier du gouvernement prie Ségolène Royal de se taire – Le Parisien

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C’est l’étape qui précède son remplacement en Conseil des ministres. Une toute dernière sommation avant son possible limogeage, en somme. Selon nos informations, Ségolène Royal a trouvé il y a quelques jours dans sa boîte aux lettres une missive fort menaçante émanant de son autorité de tutelle, le Quai d’Orsay : un courrier préalable à sa suspension de son poste d’ambassadrice, bénévole, en charge des pôles. Elle avait déjà reçu – personne ne l’a su – des courriers de rappel à l’ordre. Mais jamais rien d’aussi sérieux.

« C’est une décision politique, pas une décision administrative », glisse une source au sein de l’exécutif, sous couvert du plus strict anonymat. « Il y a un vrai sujet de devoir de réserve et elle n’a pas fait le job dans sa mission. Au nom de quoi serait-elle au-dessus des lois ? » s’agace un autre interlocuteur au sein de la macronie.

Gênante, Ségolène Royal? « Ils veulent que je démissionne, mais je ne démissionnerai pas. Je remplis mes fonctions. Qu’ils prennent leurs responsabilités! » réplique avec force l’ancienne candidate à l’Elysée, contactée par notre journal. « Chiche! S’ils croient que leur menace va la faire taire, ils se trompent. S’ils veulent limoger une femme d’Etat, libre de sa parole, qu’ils le fassent. Elle continuera à dire ce qu’elle pense de l’état du pays et des solutions qu’elle peut apporter », mitraille le député PS Luc Carvounas, un de ses fervents soutiens. L’ancienne ministre a publié la lettre en question sur son compte Facebook ce mardi après-midi.

«Ils n’assument pas, ils ont les jetons !»

Pourquoi donc le gouvernement n’a-t-il pas communiqué sur ce fameux courrier, laissant la ministre de l’Écologie Élisabeth Borne, qui fut directrice de cabinet de Royal au même poste, monter au front pour l’appeler à la retenue? « Parce qu’elle n’attend que ça pour se poser en victime », décrypte une source gouvernementale.

« Ils n’assument pas, ils ont les jetons ! » moque un royaliste. « Macron est très emm… é. Il l’a nommée en pensant l’acheter, et maintenant, elle lui rentre dans le lard. Il doit vite la sortir, avec le risque de l’instituer comme adversaire pour 2022 », analyse un député de la majorité, qui aimerait bien l’auditionner sur d’éventuels manquements à sa mission d’ambassadrice des pôles.

Dans la majorité, on a bien compris que la « Zapatera », l’un de ses vieux surnoms, était prête à reprendre du service pour la présidentielle. Entre l’étonnant silence de Bernard Cazeneuve et la promesse faite par Anne Hidalgo dans Le Parisien de ne pas postuler à l’Elysée si elle gagne Paris, le vide est abyssal à gauche, en dehors des écolos. Et plus question pour elle de se faire doubler, comme lorsqu’elle avait tendu en vain la main au Vert Yannick Jadot pour les européennes de mai. Pas question non plus de passer sous les fourches caudines du PS. « Un parti qui est à 6 % ne peut pas être une rampe de lancement », assène un proche.

Elle réunit sa garde rapprochée

En route pour 2022 ? Royal s’en cache à peine. En petit comité, elle répète qu’un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen se solderait par la victoire de la cheffe du RN. « En tant que femme d’Etat qui a connu l’exercice du pouvoir, elle veut voir le pays réussir », élude pudiquement Carvounas lorsqu’on l’interroge sur la prochaine présidentielle.

Depuis peu, elle réunit de nouveau sa garde rapprochée. Comme ce dimanche, où elle a convié les siens à partager – ça ne s’invente pas – une galette des rois. « C’est le signe qu’elle est repartie », sourit un vieil ami.

Pour s’échauffer, l’ancienne ministre de l’Écologie s’est lancée dans un tour de France de soutien aux candidats aux municipales, retrouvant avec délice les déambulations sur les marchés et les foules. Après Toulouse samedi, elle sera ce vendredi à Ris-Orangis (Essonne), puis à Marseille jeudi prochain avec Samia Ghali, avant probablement Montpellier. Un Royaliste, bravache, promet déjà : « On va montrer que le vieux monde a encore de beaux jours devant lui ! »

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