Un an après, le bilan mitigé du Grenelle contre les violences conjugales – Le Monde

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Tout juste un an après le lancement, en grande pompe, du Grenelle contre les violences conjugales, la nouvelle ministre en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, devait consacrer sa journée du jeudi 3 septembre, à cette thématique. Au menu : rencontres avec les représentants des onze groupes de travail mis en place lors du Grenelle et avec plusieurs personnalités du monde associatif, réunion de travail avec sa prédécesseure Marlène Schiappa et déplacement sur le terrain.

La séquence est une manière de montrer que la lutte contre les violences conjugales, qui concernent plus de 220 000 femmes chaque année, demeure un sujet de préoccupation du gouvernement. Des réunions seront désormais organisées toutes les six semaines avec les groupes de travail pour « évaluer le déploiement des mesures annoncées lors du Grenelle mais aussi faire de nouvelles propositions », indique le cabinet du ministère.

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En juillet 2019, c’est après plusieurs mobilisations massives contre les féminicides que le lancement d’un Grenelle avait été annoncé. La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait alors défendu la mise en œuvre d’une « action coordonnée » pour lutter contre le fléau des violences conjugales. A l’issue des trois mois de concertation ayant réuni la plupart des acteurs impliqués, une quarantaine de mesures avaient été présentées le 25 novembre par le premier ministre, Edouard Philippe. Parmi elles, la mise en place d’une grille d’évaluation du danger commune à l’ensemble des professionnels amenés à être au contact des victimes, la reconnaissance du phénomène d’emprise au cœur des violences psychologiques, la création de 80 postes supplémentaires d’intervenants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries…

1 000 bracelets antirapprochement

A l’époque, les associations, bras armé des politiques publiques de lutte contre les violences, avaient réservé un accueil mitigé à ces annonces, soulignant la faiblesse des moyens engagés. Un rapport sénatorial publié cet été relève d’ailleurs le morcellement des crédits alloués aux politiques de lutte contre les violences faites aux femmes, à la croisée de plusieurs politiques publiques, et appelle à davantage de clarté.

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« Il y a un décalage très fort entre le consensus politique qui entoure le sujet, son ampleur, la mobilisation citoyenne qu’il a suscité, et les réponses apportées par le Grenelle », fustige Caroline De Haas, du collectif féministe Nous toutes, pour qui « en l’absence d’une politique de prévention, véritable angle mort du Grenelle, et sans la puissance de l’Etat et sa capacité à mettre en mouvement les administrations, rien ne bougera ».

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