Turquie : face à Erdogan, les dirigeants européens font bloc derrière Macron – Le Parisien

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Isolé, Emmanuel Macron? Pas vraiment… Après les violentes attaques à son encontre de Recep Tayyip Erdogan, qui lui a recommandé ce week-end des « examens de santé mentale », les leaders européens ont fait bloc autour du chef de l’Etat français. Le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte a fustigé, lundi 26 octobre, les propos « inacceptables » du président turc et rappelé son attachement à « la liberté d’expression ». La chancelière allemande Angela Merkel a dénoncé, elle, les déclarations « diffamatoires » d’Erdogan par la voix d’un porte-parole. De son côté, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a tweeté que « les invectives personnelles n’aident pas […] mais éloignent au contraire les solutions ». Un message rédigé en français.

Un peu plus tôt, les autorités autrichiennes et grecques avaient aussi manifesté leur soutien à la France. A l’Elysée, cet « élan de solidarité européenne » n’est pas passé inaperçu. « On reçoit de plus en plus de soutiens », se félicite une conseillère. L’ambassadeur français en Turquie, rappelé par Emmanuel Macron, doit être reçu rapidement. A l’issue de son entretien avec le chef de l’Etat, la présidence calibrera sa riposte.

Elle concernera aussi l’appel d’Erdogan à boycotter les produits français. « Tout comme en France certains disent n’achetez pas les marques turques, je m’adresse d’ici à ma Nation : surtout ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas », a lancé lundi depuis Ankara le président turc. Ce message a été relayé dans plusieurs pays musulmans (Qatar, Koweït, Jordanie…).

« Tant pis si on ne vend plus de Kiri, ironise un ambassadeur. Je préfère saluer le mouvement de soutien sur les réseaux sociaux indiens, où le hashtag #StandwithFrance fait florès. C’est un marché de 1,3 milliard de personnes ». En décembre, le cas Erdogan sera examiné au niveau du Conseil européen.

« Les citoyens musulmans ne sont pas persécutés »

En France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lui aussi volé à la rescousse d’Emmanuel Macron, accusé d’islamophobie par Erdogan après ses annonces contre le séparatisme islamiste et sa défense de la liberté d’expression à propos des caricatures de Mahomet lors de l’hommage à Samuel Paty. Le CFCM a ainsi exhorté, lundi, les musulmans de France à « défendre l’intérêt » du pays. « La France est un grand pays, les citoyens musulmans ne sont pas persécutés, ils construisent librement leurs mosquées et pratiquent librement leur culte », a déclaré son président, Mohammed Moussaoui. Un soutien qui tombe à pic pour l’exécutif, en pleine offensive contre l’islamisme radical.

VIDÉO. Erdogan appelle à nouveau Macron à faire examiner sa santé mentale

Seul Jean-Luc Mélenchon a fait entendre sa différence. Le chef de file de la France insoumise a refusé d’apporter son soutien au chef de l’Etat. « Quand nous avons été bombardés en Syrie, quand nous avons été menacés en Libye, on a lui a dit sur tous les tons qu’il était temps de poser le problème de savoir pourquoi nous sommes alliés dans l’Otan avec quelqu’un [Erdogan, NDLR] qui nous bombarde ou qui nous menace, il n’a rien fait et il n’a rien prévu », s’est-il justifié sur France Inter.

Des mesures de sécurité renforcées

Dans ce contexte géopolitique marqué par la vague de protestation après la republication des caricatures de Mahomet, le ministère de l’Intérieur a demandé aux forces de l’ordre de renforcer les mesures de vigilance.

Dans une directive dont Le Parisien – Aujourd’hui en France a eu connaissance, le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux a alerté, dimanche, les directions et les services centraux sur la nécessité de « sécuriser les rassemblements de personnes, notamment à l’occasion des célébrations religieuses chrétiennes de la Toussaint, mais également vis-à-vis des associations et lieux de culte musulmans dont les représentants ont publiquement condamné les attentats terroristes ».

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