Trump positif au Covid-19 : cinq fausses informations sur son hospitalisation – LCI

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International

FAKE NEWS – Déjà polarisée, l’élection présidentielle américaine a pris un nouveau virage après que Donald Trump a annoncé être positif au Covid-19 avant une courte hospitalisation. Une information qui a suscité rumeurs et fausses informations dans les deux camps.

Tout a commencé à la seconde où Donald Trump a publié son tweet. C’est sur son réseau social préféré que le président des Etats-Unis a fait savoir ce vendredi 2 octobre qu’il avait été testé positif au coronavirus. Une annonce aussitôt accompagnée d’un flot de rumeurs. Ses partisans estimant que c’était un leurre pour déjouer un complot mondial, et ses opposants spéculant qu’un faux diagnostic pourrait lui offrir un avantage politique. Depuis, si sa maladie est belle et bien avérée, les fausses informations circulent toujours. LCI en a passées cinq au crible.

Non, les démocrates ne sont pas derrière le virus

L’une des rumeurs les plus répandues a été lancée sur Twitter par DeAnna Lorraine Tesoriero, une militante du mouvement complotiste QAnon. Egalement ex-candidate malheureuse au Congrès, elle n’a pas directement accusé les démocrates, opposés à Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, d’être derrière la maladie du président. Mais elle a tout de même fait le lien sur Twitter entre le débat qui a opposé les deux candidats à la présidentielle et l’état de santé du président. “Donald Trump allait bien jusqu’au débat, où ils ont installé des micros et une estrade pour lui“, a-t-elle écrit, relevant que “la période d’incubation est généralement de 2 à 3 jours“. “Il a été testé positif quelques jours après le débat“, conclu-t-elle. Avant de se demander si “quelqu’un d’autre trouve étrange qu’aucun démocrate de premier rang n’ait eu le virus mais que la liste des républicains continue de s’allonger?”, insinuant qu’il y aurait donc un rapport entre ces élus et la propagation du Covid-19.

Pour vérifier cette information, il suffit de jeter un coup d’œil aux données de la National Public Radio (NPR), qui liste les membres du Congrès des Etats-Unis infectés par le coronavirus ou qui ont été mis en quarantaine. Or, il apparaît que si davantage de membres républicains ont été testés positifs, un bon nombre de figures des rangs démocrates l’ont également eu. Selon cette source, trois sénateurs républicains et neuf représentants ont été testés positifs ou étaient des cas contacts depuis le début de la pandémie. C’est plus que les démocrates, qui n’ont eu aucun sénateur, mais tout de même six représentants testés positifs. 

Une différence qui peut s’expliquer bien plus facilement que par des théories fumeuses. Selon tous les sondages, les partisans des républicains sont en effet moins susceptibles que leurs opposants de considérer le coronavirus comme une vraie menace pour la santé publique. Ils respectent donc moins les gestes barrières et sont moins enclin à porter le masque. 

Non, Donald Trump n’a pas utilisé un respirateur de poche

Si Donald Trump a popularisé le concept de “fake news, inondant l’espace public de phrases infondées visant ses détracteurs, il en est aussi parfois la cible. Pour preuve, cette fausse information qui voudrait qu’en quittant la Maison Blanche pour rejoindre l’hélicoptère qui l’a amené à l’hôpital Walter Reed, le président aurait utilisé un “concentrateur d’oxygène” portatif, qui permet d’aider un patient en insuffisance respiratoire. Photos à l’appui, certains internautes assurent en effet apercevoir dans son cou, remontant jusqu’à son oreille droite, un tube en plastique, et dans sa poche l’ombre d’un objet qui pourrait être un respirateur artificiel. 

Ce trajet de quelques secondes de sa résidence à la pelouse où l’attendait le Marine One été médiatisé par la totalité des médias qui étaient présents. On trouve donc une multitude d’images prises sous différents angles. Et elles ne font aucunement état d’un canal nasal, comme le montre ci-dessous l’image capturée par un photographe de l’AFP. En analysant la séquence en vidéo, comme celle de CNN, on comprend en fait qu’il s’agit du reflet blanc de cheveux, que la mauvaise qualité de l’image peut faire passer pour une canule nasale. 

De plus, s’il existe bien des concentrateurs d’oxygène portatifs, utilisés par des patients lors de déplacements notamment, ils sont en fait bien trop grands pour rentrer dans la poche d’une veste de costume. Ils font en fait plutôt la taille d’un sac à main, comme le montrent les photos de ces articles vendus en ligne. S’il y a eu beaucoup de confusion tout au long du week-end sur l’utilisation ou non par le président d’un respirateur artificiel, il est certain qu’il n’en avait pas un lorsqu’il a quitté la Maison Blanche. 

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Un faux rassemblement en son soutien

D’autres fausses informations viennent, elles, de sources plus officielles. Et notamment de l’équipe de campagne du président américain, dont le directeur a lui aussi été testé positif au coronavirus. L’un de ses responsables a en effet publié sur les réseaux sociaux une action de motards, silencieux, genoux à terre. En légende, Jake Schneider écrit que ces bikers se sont réunis pour “prier” pour le président. 

Sur la vidéo visualisée plus de 1,4 million de fois apparaît très distinctement le nom du compte TikTok d’où elle provient. En se rendant sur la publication d’origine, on remarque rapidement que le pseudo apparaît pendant quelques secondes deux fois, de façon superposée, signe que la vidéo a déjà été mise en ligne une première fois. En effet, on la retrouve publiée par le même compte, le 12 septembre dernier. L’internaute n’a cependant donné aucune précision sur les lieux où ont été tournées les images. Or, l’absence de drapeau américain ou de pancartes revendicatives laissent penser qu’il ne s’agit pas de partisans de Donald Trump.

Selon l’enquête des journalistes de Lead Stories, qui s’appuient sur le paysage qu’on aperçoit en arrière-plan, il n’y a en effet aucun lien ni avec la campagne américaine ni même avec les Etats-Unis. Il s’agit visiblement d’une action qui a eu lieu le 29 août 2020, en Afrique du sud, comme en atteste cette vidéo d’un média local. Des milliers de motards s’étaient rejoint pour manifester contre une vague de meurtres dans des fermes du pays.

La fausse journée chargée de Trump

Toujours au sein de l’équipe de campagne du président, des photos qui devaient rassurer sur son état de santé ont eu l’effet radicalement inverse. Publiées par la Maison Blanche, elles mettent en scène Donald Trump en train de travailler depuis l’hôpital militaire de Walter Reed, dans la banlieue de Washington. Sa fille et conseillère principale Ivanka en a publié une sur Twitter, écrivant que “rien ne peut l’empêcher de travailler pour le peuple américain“, suivi d’un “implacable” en lettres majuscules. Idem pour son fils Eric, qui a salué l'”éthique de travail” de son père. Seulement voilà, la mise en scène est très visible.

Sur les différents clichés, le président apparaît dans différents endroits, avec plusieurs tenues, et une coupe différente. Objectif clair : montrer qu’ils ont été pris à plusieurs moments de la journée. Mais les métadonnées des photos ne trompent personne. Elles montrent qu’elles ont été capturées à dix minutes d’intervalle. Elles sont donc plus de l’ordre de la séance photo orchestrée par une équipe de communication que l’illustration d’une journée complète d’affaires présidentielles.

Trump n’a pas tweeté en 2013 qu’il n’aurait jamais le Covid

Ici, ce ne sont ni les fervents admirateurs de Donald Trump ni ses opposants qui ont propagé la fausse information, mais un compte à 270.000 abonnés. Capture d’écran à l’appui, il écrit qu’il y a “toujours un tweet“. Sous son message, ce qui apparaît comme un tweet de Donald Trump, prétendument publié le 3 septembre 2013 sur le réseau social. Or, une simple recherche avancée permet de savoir que la capture d’écran est totalement fausse. D’une part, Donald Trump n’a jamais écrit le mot “Covid-19” en 2013. En plus, le président américain n’a pas publié cette phrase, que ce soit depuis la crise sanitaire ou avant qu’il ne soit président des Etats-Unis. 

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L’info passée au crible

Ces cinq exemples ne sont que la face la plus visible de ce phénomène. Rien de surprenant cependant quand on sait que Donald Trump lui-même est, selon les conclusions d’une étude de l’université de Cornell, le principal propagateur de la désinformation autour du coronavirus pendant la pandémie

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