TOUT COMPRENDRE – Les différentes recommandations au sujet des masques en tissu – BFMTV

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Tout et son contraire a été dit, cette semaine, concernant le port de certaines catégories de masques en tissu, afin de mieux lutter contre l’épidémie de Covid-19. Le point sur la situation.

Faut-il, ou non, continuer à porter des masques en tissu faits maison? Depuis le début de la semaine, l’efficacité de certains masques en tissu a été remise en question et déconseillée, d’abord par le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), puis par le ministère de la Santé. Mais l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Académie de Médecine ne souhaitent pas de leur côté changer les recommandations en vigueur.

BFMTV fait le point sur ce qui a été dit cette semaine, et ce qu’il faut en retenir.

· Des masques de catégorie 1 plus sûrs

Les premières recommandations en France cette semaine, pour le port d’un masque plus protecteur, sont venus du HCSP. “À l’occasion de la pénétration en Europe de certains nouveaux variants (…) plus transmissibles, alors que les modes de transmission n’ont pas changé, se pose la question de la catégorie des masques que l’on peut proposer dans la population générale”, déclarait lundi sur notre antenne Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail Covid-19 du HCSP.

Lui conseille le port des masques chirurgicaux et côté masques en tissu, ceux qui sont de catégorie 1, car, fournis par les industriels, ils sont “validés par la direction générale des Armées, en termes de performance et sont aussi efficaces que les masques chirurgicaux”, avec une efficacité supérieure à 90% en terme de filtration.

“Le virus étant plus contagieux, on a envie de prendre des masques un peu plus protecteurs pour essayer de récupérer le même niveau de protection”, expliquait lundi sur BFMTV Pierre Squara, chef du service de réanimation à la clinique Ambroise-Paré (Hauts-de-Seine).

· Trois types de masques recommandés

La recommandation du HCSP a été appuyée dès mardi par le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, qui s’est voulu rassurant en rappelant que “la quasi-totalité des masques industriels grand public ont des capacités filtrantes supérieures à 90%, ce qu’on appelle les masques grand public de niveau 1″.

Les masques moins protecteurs sont donc les masques en tissu de catégorie 2 (protection de 70%), mais surtout les masques artisanaux, réalisés chez soi, dont l’efficacité ne peut qu’être difficilement prouvée en raison de la diversité des modèles et des matières pouvant être utilisées par chacun.

Dans les jours qui viennent, seuls trois types de masques devront donc en principe être portés dans l’espace public en France, même s’il sera difficile de s’assurer en pratique du respect de cette consigne: les masques chirurgicaux (issus du monde médical, avec une face bleue et une face blanche), les FFP2 (les plus protecteurs, mais réservés à certaines professions) et les masques en tissu industriels dits de catégorie 1.

· Les masques artisanaux pointés du doigt

Cette semaine, Olivier Véran a en particulier pointé du doigt le manque de protection potentiel des masques artisanaux qui “n’offrent pas nécessairement toutes les garanties nécessaires” de protection, a-t-il expliqué sur France Inter. “Hélas ces masques offrent moins de capacités filtrantes”, a-t-il répété sur TF1.

“On voit un petit peu tout et n’importe quoi, y compris des masques fabriqués par la grand-mère sur un coin de tissu qui restait, ça ce n’est pas sérieux en termes de prévention”, a déclaré mardi sur BFMTV Jean-Paul Stahl, professeur émerite de médecine infectieuse au CHU de Grenoble Alpes (Isère).

Il n’est pas en soi prouvé que tous les masques faits maison ne sont pas assez filtrants. Mais il n’est pas établi le contraire non plus, contrairement aux masques industriels qui sont testés en laboratoire, et dont la filtration, la respirabilité et le nombre maximum de lavages, sont mesurés. Des recommandations assez précises pour la confection de masques avaient été publiées par l’Afnor (Association française de normalisation), mais difficile de savoir si elles ont été suivies.

“Il faut se remettre dans le contexte du mois de mars avec la pénurie de masques: l’artisanal était la seule solution. Aujourd’hui, l’offre est pléthorique. Il vaut mieux se tourner vers des masques qui offrent toutes les garanties nécessaires”, explique aujourd’hui l’Afnor.

· L’OMS et l’Académie de Médecine ne changent pas leurs recommandations

Mais en fin de semaine, deux autorités sanitaires de premier plan n’ont pas confirmé ces recommandations, préférant conserver celles qui couraient jusqu’à présent. “Les masques en tissu, non chirurgicaux, peuvent être utilisés par toutes les personnes âgées de moins de 60 ans qui ne présentent pas des problèmes de santé particuliers”, a déclaré vendredi la responsable de la gestion de la pandémie à l’Organisation mondiale de la santé, Maria Van Kerkhove.

Même avec des variants qui peuvent être plus contagieux, “nous n’avons aucune indication suggérant que le mode de transmission aurait changé”, a fait valoir la responsable, c’est pourquoi, en ce qui concerne les recommandations en vigueur, “nous n’avons pas l’intention de les modifier à ce stade”.

L’Académie de médecine a abondé dans ce sens vendredi, rappelant dans un communiqué que “l’efficacité des masques ‘grand public’ n’a jamais été prise en défaut dès lors qu’ils sont correctement portés”, et que les transmissions se faisaient plutôt lorsqu’il n’y avait pas de masque porté, comme lors des repas.

“Un tel changement des recommandations concernant une pratique avec laquelle l’ensemble de la population avait réussi à se familiariser risque de susciter de l’incompréhension et de raviver les doutes sur le bien-fondé des préconisations officielles”, ajoute l’Académie de médecine.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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