« Tout cela, c’est de la foutaise, c’est de la fraude évidente, on va se faire baiser » : le jour où les partisans de Donald Trump ont semé le chaos au Capitole – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Un partisan de Trump entre dans le périmètre du Capitole, le 6 janvier à Washington D.C.

A 14 h 50, le message d’alerte est arrivé sur tous les téléphones : la maire de Washington Muriel Bowser instaurait un couvre-feu dans la capitale américaine à partir de 18 heures. Objectif, sauver ce qui pouvait l’être alors que les partisans de Donald Trump encerclaient le Capitole par dizaine de milliers. Peu avant, on discutait tranquillement avec une républicaine de Floride, Coleen Tress, qui se réjouissait de la journée : « Ce n’est pas violent, c’est pacifique, c’est ok », nous confie-t-elle. Au même moment, Coleen Tress découvre sur son smartphone que les choses ne roulent pas aussi bien que prévu : des manifestants sont entrés dans le Capitole, qui doit certifier les résultats de l’élection présidentielle américaine, le bâtiment a été bouclé, le processus démocratique interrompu.

Suivre le direct : « Notre démocratie est victime d’une agression sans précédent » : Joe Biden dénonce l’irruption de manifestants au Capitole, Donald Trump les invite à « rentrer chez eux »

Comment pouvait-il en être autrement, alors que Donald Trump avait appelé ses partisans à manifester en masse ce mercredi 6 janvier et à marcher sur le Capitole ? Les autorités locales avaient tenté de minimiser les risques, arrêtant puis interdisant d’accès le chef des Proud Boys, organisation d’extrême droite ravie d’en découdre. Les militants de Black Lives Matter avaient prudemment appelé à ne pas contre-manifester, pour éviter des violences mortifères.

Confrontation entre la police et les supporters de Donald Trump à l’entrée du Sénat, le 6 janvier à Washington D.C.

Pourtant, dès le matin, dans le train qui reliait New York à Washington, on comprend que la journée ne sera pas comme les autres. Dans l’Amtrak, des militants trumpistes, sans masque, au lieu des habituels banquiers et fonctionnaires qui font la navette. Arrivé à la gare, on prend le métro, et les partisans de Trump se congratulent : « C’est une journée où il fait bon être Américain », lance un homme à son nouveau camarade politique. Chacun converge vers l’Ellipse, entre l’obélisque [le Washington Monument] et la Maison Blanche où Donald Trump compte donner meeting à 11 heures, sans doute le dernier, baptisé « Save America Rally », la manifestation pour sauver l’Amérique.

« Dieu, des Armes et Trump »

Tout le quartier est bouclé. Aucune voiture ne circule. Les partisans du président se rassemblent. Un meeting de Donald Trump, c’est d’abord un spectacle visuel, avec des centaines de drapeaux, des casquettes rouges au slogan Make America Great Again, des tenues paramilitaires. Des tee-shirts aux slogans explicites (« Dieu, des Armes et Trump »), les militants anti-avortements habituels et curieusement des militants contre le parti communiste chinois.

Il vous reste 68.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: