“Tous les ingrédients sont là”: des médecins redoutent une 4ème vague de Covid-19 dès la fin juillet – BFMTV

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L’amélioration des indicateurs aura été de courte durée. Depuis quelques jours, la perspective d’une quatrième vague épidémique plane au-dessus de la France, en raison du variant Delta, qui commence à gagner du terrain. Va-t-on pouvoir y échapper cet été?

La France n’est plus à l’abri d’une quatrième vague épidémique liée à l’émergence du variant Delta (initialement détecté en Inde), commence à marteler le gouvernement depuis quelques jours. Dimanche, le ministre de la Santé a même prévenu que celle-ci pourrait voir le jour d’ici la fin du mois de juillet, à l’image du rebond qu’ont connu nos voisins britanniques ces dernières semaines. Depuis le festival Solidays, Olivier Véran a estimé que nous étions engagés dans “une course contre la montre”, et a appelé à “aller encore plus vite sur la vaccination”, en particulier celle des soignants.

“Depuis un peu moins d’une semaine, l’épidémie regagne du terrain, le variant Delta qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement”, s’est également inquiété Gabriel Attal lundi sur France Inter.

Le variant Delta sur le point de prendre l’avantage

L’institut Pasteur avait de son côté prévenu le 29 juin d’une possible quatrième vague, mais bien plus tard, à l’automne, si le rythme actuel de vaccination perdurait. Le variant Delta étant plus contagieux que la souche initiale du virus, celui est en train de prendre l’avantage sur les autres mutations. Et selon les experts, il pourrait devenir majoritaire d’ici le mois d’août.

Depuis cinq jours, le nombre de nouvelles contaminations ne baisse plus en France. Pire, ces dernières réaugmentent, selon le ministre de la Santé. Un total de 2549 nouveaux cas de Covid ont été confirmés sur le territoire sur les dernières 24 heures dimanche, un chiffre en hausse de 27% sur sept jours. Cette mutation du virus “double presque chaque semaine, on est aujourd’hui à plus de 30% des contaminations qui sont liées au variant Delta”, a également mis en garde Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. Et d’ajouter: “On a des exemples autour de nous qui montrent que cette situation peut être les prémices d’un redémarrage de l’épidémie”.

“Une hausse quasi inéluctable” cet été

“Tous les ingrédients sont présents pour qu’une quatrième vague se prépare, elle est plus que probable”, estime au micro de BFMTV le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches, dans les Hauts-de-Seine. “Les 15-30 ans font partie des moins vaccinés aujourd’hui, ils font partie de ceux qui vont être les plus exposés à la circulation du virus: manifestations sportives, culturelles et autres. Donc ils vont contribuer à l’accélération rapide du virus avec le variant Delta.

“On va voir le nombre de réanimations augmenter ces 15 prochains jours, c’est quasi inéluctable”, prédit le chef du service réanimation. “Chez les personnes fragiles, on va observer un retentissement au niveau des hospitalisations d’ici 4 à 8 semaines”. “L’enjeu, maintenant, c’est de faire en sorte qu’elle reste une vaguelette qui n’ait pas de conséquences, ni sur notre vie quotidienne, ni sur le service hospitalier”.

Même son de cloche du côté de Patrick Pelloux, le président de l’association des médecins urgentistes de France. Sur BFMTV, lui aussi juge qu'”il va y avoir très probablement une remontée (des contaminations)”. Cependant, le médecin estime que cette nouvelle vague pourrait plutôt arriver en France “au mois d’octobre, car c’est un virus saisonnier, qui va nous la jouer comme l’année dernière”.

Il rappelle qu'”on assiste doucement mais sûrement à une remontée” du nombre de cas. “Et là on parle du variant Delta, mais on n’a pas fini d’énumérer l’alphabet grec, car je vous parie qu’il y aura encore des variants. Car c’est la vie normale d’un virus. Il ne faut pas en avoir peur pour autant, car on a l’arme qui dissuade et défend du virus: c’est le vaccin.”

“On est encore sur des petits nombres”, nuance toutefois Robert Sebbag, infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (APHP). En effet, le taux de positivité des tests reste bas en France, à 0,8% sur les sept derniers jours; tout comme le taux d’incidence qui ne s’élevait qu’à 21,5 cas pour 100.000 habitants au 1er juillet. À l’hôpital, les indicateurs continuent encore leur décrue, avec 1104 patients en réanimation dimanche.

Décorrélation entre les cas et les données à l’hôpital

“Mais rappelez-vous, la Grande-Bretagne il y a quelques semaines, c’était moins de 100 contaminations par jour”, note l’infectiologue. “Or, aujourd’hui, ils sont à 25.000“. Malgré cela, Robert Sebbag explique qu’une nouvelle hausse du nombre de cas ne doit pas forcément alarmer, car l’exemple britannique montre bien que cette fois, grâce à la vaccination, il n’existe plus forcément de corrélation entre le nombre de cas et les données hospitalières. En somme, ce n’est pas parce que les contaminations remontent que les services hospitaliers vont de nouveau se retrouver débordés.

“On le voit, il n’y a pas d’augmentation massive au niveau des hôpitaux, donc c’est plutôt rassurant”, souligne cet infectiologue. Mais il note aussi qu’une nouvelle fracture risque de se créer dans les prochains mois, entre les personnes vaccinées et les non-vaccinées.

“Toutes les personnes à risque qui ne sont pas vaccinées risquent de faire des formes graves, et l’embouteillage qu’on prévoit fin juillet, fin août ou en septembre à l’hôpital ne sera pas tellement une explosion telle qu’on la connue jusqu’ici, et qui nécessite confinement et couvre-feu.” Mais cette fois, l’embouteillage à l’hôpital pourrait avoir lieu “au niveau des personnes qui n’ont pas été vaccinées”, selon lui.

Une autre différence doit enfin être prise en compte: le Royaume-Uni a deux mois d’avance sur la France en terme de couverture vaccinale. Outre-Manche, 63% de la population est totalement vaccinée, contre seulement 36,9% en France. “Il faut rappeler aux gens que ce n’est pas fini”, considère Robert Sebbag, avant de lancer aux Français: “vous allez partir en vacances, si vous n’êtes pas encore vacciné, faites-le!”

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

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