Toulouse. Zone d’alerte maximale : “Nous sommes en sursis pour huit jours” prévient Jean-Luc Moudenc – actu.fr

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Jean-Luc Moudenc a échangé avec le premier ministre Jean Castex jeudi 1er octobre 2020, sur la situation sanitaire
Jean-Luc Moudenc a échangé avec le premier ministre Jean Castex jeudi 1er octobre 2020, sur la situation sanitaire dans la Ville rose (©G.L. / Actu Toulouse)

Ce qu’il faut savoirMis à jour il y a 6h50

Jean-Luc Moudenc s’est entretenu avec Jean Castex, ce jeudi.

Le premier ministre a indiqué que Toulouse ne passait pas, pour l’heure, en zone d’alerte maximale, et invité le maire à formuler des préconisations.

Le maire de Toulouse appelle à cibler les universités, et réduire les jauges dans les amphis.

Alors qu’ils redoutaient de trinquer à nouveau, les restaurateurs, cafetiers et autres habitants de Toulouse, peuvent souffler. Le Premier ministre s’est entretenu jeudi 1er octobre 2020, par visioconférence, avec le maire de Toulouse. Et si la Ville rose est placée depuis une semaine en zone d’alerte renforcée, il n’entend pas, a-t-il expliqué à Jean-Luc Moudenc, la basculer pour l’heure en « alerte maximale ». Ni même durcir les mesures.

Séance de déminage

Une semaine après l’annonce de mesures drastiques visant Marseille, placée en alerte maximale, et où la fermeture complète des bars et restaurants a été imposée, suscitant un vrai tollé dans les Bouches-du-Rhône, le Premier ministre a pris les devants avec les autres Métropoles… Une séance de déminage, en bonne et due forme. Il s’est donc entretenu jeudi avec les maires des villes où l’épidémie de Covid-19 monte en flèche : Paris, Lille, Lyon, Grenoble, et Toulouse, où les dernières données de l’évolution de l’épidémie inquiètent, et où de nouvelles mesures de restrictions planaient, certains redoutant que la Ville rose ne soit dans les pas de Marseille. Ce n’est pas, pour l’heure, le cas, assure Jean-Luc Moudenc. Interview.

Jean-Luc Moudenc : « Il a attiré notre attention sur la gravité de la situation »

Actu : Quel message principal vous a délivré le Premier ministre ?

Jean-Luc Moudenc : Le Premier ministre a appelé cinq maires et présidents de métropoles qui sont sur la mauvaise pente, victimes d’une aggravation de la pandémie de Covid-19 depuis plusieurs semaines et ce, de manière continue. Il a attiré notre attention sur la gravité de la situation. À Toulouse, nous vivons en effet le contraire de ce qu’on a connu au printemps : nous avions été relativement épargnés, et là, nous sommes en première ligne.

Qui a participé à cet entretien ?

J.-L.M. : Outre le premier ministre, il y avait le ministre de la Santé Olivier Véran et le Directeur général du ministère de la Santé. Et à Toulouse, pour représenter le territoire, il y avait le préfet Étienne Guyot, et le Directeur général de l’ARS Occitanie, Pierre Ricordeau.

Toulouse, en zone d’alerte maximale ? « On a évoqué cette perspective »

Le premier ministre a-t-il évoqué un éventuel “basculement” de Toulouse en zone d’alerte maximale ?

J.-L.M. : On a évoqué cette perspective, mais le seuil d’alerte maximal n’est pas pour aujourd’hui. 
Il faut que trois critères soient remplis pour basculer en zone d’alerte maximale : à ce jour, deux critères sur trois le sont. Le taux d’incidence sur l’ensemble de la Métropole, actuellement de 260 (et il ne doit pas dépasser 250 cas pour 100 000 habitants, ndlr), le taux d’incidence chez les plus de 65 ans, qui est de 140 (contre 100 cas pour 100 000). Et enfin la part d’occupation des lits de réanimation par les patients Covid : là-dessus, on est à 18 % dans la Métropole (la limite est à 30 %, mais c’est le chiffre régional qui compte selon l’Etat, pas le chiffre métropolitain, ndlr). À l’heure actuelle, seul ce dernier critère est en deçà des seuils limites.

Quelles sont les spécificités de l’évolution de la situation sanitaire à Toulouse ?

J.-L.M. : On a fait le constat que l’épidémie se développe chez les jeunes, qui sont les principaux propagateurs du virus. Mais ce qu’il faut regarder, c’est le profil des personnes hospitalisées, qui n’a pas changé, car ces jeunes positifs au Covid contaminent davantage de séniors, leurs parents et grands-parents. Ce qui prouve d’ailleurs bien que la propagation du virus ne se fait pas dans les bars et restaurants, mais dans la sphère privée. Trop de gens s’exonèrent encore de l’observation des gestes barrières.

Décisions tous les 15 jours, « sauf en cas de flambée de l’épidémie »

Qu’est-ce qui a été convenu avec le gouvernement ?

J.-L.M. : On a surtout convenu d’une méthode. Si on doit passer en seuil d’alerte maximale, cela doit se faire en concertation entre le préfet et le maire. Ensuite, toutes les décisions seront prises pour 15 jours, afin de s’adapter à l’évolution de l’épidémie. Une exception sera faite à cette clause de quinzaine en cas de flambée des chiffres. Pour l’heure, à Toulouse, nous sommes en sursis pour huit jours.
Jean Castex a aussi rappelé que concertation ne valait pas codécision. S’il y a désaccord avec le maire, l’État et le préfet prendront leurs responsabilités.

De nouvelles mesures ont-elles été annoncées ?

J.-L.M. : Il n’y a pas eu de décision. L’idée, c’est justement qu’on réfléchisse à de nouvelles mesures, pour anticiper si jamais on doit passer au seuil d’alerte supérieur.

« Je souhaite une diminution des jauges dans les amphis »

Dans ce cas, quelles décisions avez-vous, ou allez-vous, proposer ?

J.-L.M. : J’ai proposé de cibler les universités et de développer la communication envers la jeunesse. Je souhaite par exemple qu’il y ait une diminution des jauges dans les amphis. Car dans les amphis toulousains, il y a plus de monde que dans les bars ! Je l’ai dit au Premier ministre.

Lui avez-vous passé d’autres messages ?

J.-L.M. : Oui, j’ai avant tout demandé qu’on baisse la pression sur les acteurs économiques, car ce ne sont pas les vecteurs essentiels du virus, mais qu’on accentue la responsabilité des familles, en se focalisant en premier lieu sur les jeunes.

« La situation marseillaise est susceptible d’être transposée »

Les bars et restaurants peuvent-ils être totalement fermés à Toulouse, comme à Marseille ?

J.-L.M. : Le premier ministre nous a dit que, si les indices tournaient mal, la situation marseillaise était susceptible d’être transposée dans les autres métropoles.

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