TikTok étudie ses options face à Washington

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TikTok étudie ses options face à Washington

Alors que TikTok fait face à une offensive sans précédent de la part de l’administration Trump, qui l’accuse depuis plusieurs mois de transmettre des données au régime chinois, l’application de la société ByteDance assure aujourd’hui explorer toutes les actions possibles pour assurer que “l’État de droit ne soit pas écarté”. Et de décrire la position américaine comme une posture inique, tenue à partir d’une décision illégale et fondée sur des informations non corroborées.

Encore “sous le choc” du décret pris par Donald Trump visant à obliger la cession de ses activités américaines d’ici au 15 septembre prochain, la direction de ByteDance a indiqué vendredi avoir tendu la main au gouvernement américain pendant près d’un an afin de résoudre ses préoccupations concernant la sécurité des données.

“Ce que nous avons constaté, c’est que l’administration ne prête aucune attention aux faits, dicte les termes d’un accord sans passer par les procédures juridiques habituelles et tente de s’immiscer dans les négociations entre entreprises privées”, dénonce la direction de la société chinoise. Pour rappel, l’administration Trump a signé la semaine passée deux décrets, interdisant toute transaction américaine avec TikTok, sa société mère ByteDance, et ses filiales, ainsi qu’avec la populaire application de messagerie chinoise WeChat et sa société mère Tencent.

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La Maison Blanche accuse

Pour la Maison Blanche, l’affaire est déjà entendue : les applications développées en Chine sont désormais vues comme une menace pour la sécurité nationale, mais aussi pour la position de Washington dans le concert des nations ainsi que pour l’économie américaine dans son ensemble.

“TikTok capture automatiquement de vastes pans d’informations de ses utilisateurs, y compris des informations sur l’internet et d’autres activités du réseau telles que les données de localisation et les historiques de navigation et de recherche”, attaque d’ailleurs le décret signé par l’actuel pensionnaire de la Maison Blanche la semaine passée.

Comme le rapporte le document, “cette collecte de données menace de permettre au Parti communiste chinois d’accéder aux informations personnelles et exclusives des Américains, ce qui pourrait permettre à la Chine de localiser les employés et les entrepreneurs fédéraux, de constituer des dossiers d’informations personnelles à des fins de chantage et de mener des activités d’espionnage”.

ByteDance à la croisée des chemins

Dans la lutte qui fait déjà rage entre ByteDance et l’administration américaine, la maison-mère de TikTok a pourtant plusieurs atouts à faire valoir. La direction de l’application, qui comptabilise 175 millions d’utilisateurs outre-Atlantique, a expliqué en fin de semaine dernière être prête à travailler avec les autorités américaines tout en les accusant de n’avoir pas respecté les procédures régulières dans son dossier. 

Pour l’état-major de la société chinoise, l’administration américaine s’est appuyée dans son cas sur des rapports anonymes qui ne comportaient aucune citation et ont fait naître la crainte, sans fondement, que l’application puisse être utilisée dans le cadre de campagnes de désinformation.

“Nous avons clairement indiqué que TikTok n’a jamais partagé les données des utilisateurs avec le gouvernement chinois ni censuré le contenu à sa demande. En fait, nous mettons à disposition nos directives de modération et le code source de l’algorithme dans notre centre de transparence, ce qui est un niveau de responsabilité auquel aucune entreprise homologue ne s’est engagée. Nous avons même exprimé notre volonté de poursuivre une vente complète de l’entreprise américaine à une société américaine”, se défend la société, affirmant vouloir “utiliser tous les moyens à notre disposition pour nous assurer que l’État de droit n’est pas bafoué”.

Pour rappel, l’application chinoise suscite l’appétit de Microsoft, qui a confirmé plus tôt être en discussion avec ByteDance pour acquérir les activités de TikTok aux États-Unis ainsi qu’au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Twitter pourrait également se pencher sur l’acquisition du réseau social spécialisé dans les courtes vidéos, sa direction faisant valoir qu’une telle opération serait plus dans les clous des lois antitrust américaines que la transaction envisagée par Microsoft.

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