The Rental : à ne pas louer

Spread the love
  • Yum

The Rental : à ne pas louer

Le scénario de The Rental avait tout pour plaire : deux couples d’amis louent une maison isolée pour un week-end, afin de se reposer. On sentait arriver le bon vieux slasher des familles, typiques des années 90 et 2000. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à sauver.

publicité

Scénario indigent

Les deux amis sont également collègues de travail, au sein de l’entreprise qu’ils ont créée. Avec leurs compagnons respectifs, ils décident de s’offrir un week-end dans une maison isolée de tout. Nos deux créateurs d’entreprises sont dépeints comme supérieurement intelligents et pourvus de compagnons en pleine admiration devant eux. C’est le premier point qui ne passe pas : évidemment les deux créateurs couchent ensemble, dans le dos de leurs conjoints respectifs, dans la maison.

On sait que les gens sont stupides par nature, mais le sont-ils vraiment au point de s’envoyer en l’air dans le jacuzzi de la maison, en prenant le risque que les légitimes reviennent plus tôt que prévu de leur randonnée ? On a envie de secouer les légitimes, surtout quand ils expliquent à quel point leur conjoint respectif est brillant, débordé de travail et mérite de se reposer.

C’est tout le souci du film : on nous vend un film d’horreur et on se retrouve avec un long-métrage insipide, qui aurait pu être primé à Cannes, festival du film français sans intérêt et nombriliste. Quant au tueur, on oublie presque qu’il est là.

Un doute surgit

Néanmoins, si le film a une vertu, c’est de rappeler que n’importe qui peut vous espionner. Les vacanciers finissent par découvrir que des caméras sont cachées dans divers endroits de la location, notamment dans la salle de bain. Évidemment, les deux infidèles sont terrifiés que leur duplicité soit découverte. Quant au spectateur, il n’attend que ça.  

Ce point n’est pas une invention. Selon les conditions générales d’Airbnb, il est interdit pour un loueur de placer des caméras dans les chambres et les sanitaires et l’entreprise dit appliquer une tolérance zéro pour les caméras cachées.  En mars 2019, des plaintes ont vu le jour sur ce sujet. En réaction, des articles ont fleuri sur le Web pour aider les vacanciers à vérifier s’il n’y avait pas des caméras ou des dispositifs de surveillance cachés dans les logements loués. On recommandera cet article  ou le très sérieux Forbes  ou le désormais indispensable Wikihow.

À la lecture de ces tutoriels, on constate que la démarche est assez simple, presque à la portée de n’importe qui, du moins de n’importe qui ayant un bagage numérique suffisant. Or, même avec cet élément factuel, réel et attesté, le scénario ne tient pas. En effet, les deux créateurs d’entreprise travaillent dans les nouvelles technologies. On peut entendre qu’ils n’aient pas eu le réflexe de vérifier qu’il n’y avait pas de caméras dans le logement au moment de leur arrivée. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait quand ils ont découvert les caméras dans la salle de bain ? Pourquoi n’ont-ils pas tout simplement scanné le réseau pour voir s’il n’y avait pas une ou deux caméras IP ?

Une fin tirée par les cheveux

Quand on a souffert une heure sur un film, on s’attend à ce que la fin soit parfaite. Dans les films d’horreur, il arrive fréquemment que le rythme soit très lent pour parvenir à une conclusion glaçante. On citera Terreur pour l’exemple. Malheureusement, la fin de The Rental est toute aussi insipide que le reste du film.

On sait qu’il y a un tueur, mais on ne sait pas qui il est ni quelles sont ses motivations. Or, pour être crédible ou tout simplement regardable, un bon film de genre doit inclure une motivation, une raison même si elle est bancale ou gratuite. Dans American Psycho, on sait que Bateman tue par plaisir, pour se défouler, pour expurger sa colère. Dans la saga des Scream, chaque tueur a ses propres motivations. Ne reste que le côté voyeur du tueur, qui est sans intérêt, car mal exploité.

Au bout des 88 minutes du film, ne reste qu’une seule question : pourquoi Dave Franco a-t-il réalisé ce film ? La photographie est belle et les plans sont esthétiques, mais cela ne suffit pas pour faire un bon film ou même un film passable. Quant aux acteurs, on ne peut que déplorer le rôle attribué à Jeremy Allen White. Ce dernier est connu pour avoir incarné Lip Gallagher dans la série Shameless et il est sous-exploité dans The Rental.

On espère que les prochaines réalisations de Dave Franco seront plus abouties. The Rental est disponible en VoD sur Canal+ et à l’achat en DVD.

Leave a Reply

%d bloggers like this: