De la Nintendo 64 à la Switch, en passant par la Gamecube, la Wii ou la 3DS, chaque console Nintendo a connu son épisode de Mario Party, pour un résultat plus ou moins convaincant. Les vétérans se souviennent sans doute avec un brin de nostalgie des parties endiablées à la toute fin des années 90 ou début 2000, sur leur canapé Ikea de célibataire, entourée d’une bande d’amis, de quelques boissons plus ou moins houblonnées et de cartons de pizzas. Mais la série s’était récemment perdue en route et les derniers épisodes (9 et 10) avaient clairement déçu. Bref, Mario Party n’était plus, depuis quelque temps déjà, le roi de la fête.

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Ce nouvel épisode, sobrement baptisé Super Mario Party, veut revenir aux bases, à savoir un jeu de plateau où chaque joueur lace un dé pour avancer et collecter le plus d’étoiles possible. À la fin de chaque tour, un mini-jeu se lance, qui permet de gagner des pièces pouvant ensuite servir à acquérir différents bonus. Super Mario Party permet ainsi à 4 joueurs de s’affronter, sur quatre plateaux différents, bien entendu inspirés de l’univers du plombier moustachu : ici un thème Donkey Kong Country, là une mine peuplée de Bo-Bomb… Chaque terrain de jeu offre une architecture différente, mais cela ne change fondamentalement pas le déroulement d’une partie. La fourberie et le coup de bol sont plus que jamais deux aspects particulièrement importants, le titre distribuant des points bonus en fin de jeu, ce qui peut radicalement modifier le classement final. De plus, les 60 minis-jeux proposés offrent une certaine variété dans leur schéma : purement compétitif, 1 joueur vs 3 joueurs, coopération pure et dure… Il est bien difficile de tomber sur les mêmes règles d’une partie à l’autre.

Minis-jeux, maxi-plaisir

D’ailleurs, on ne va pas se mentir, si l’on aime Mario Party, c’est avant tout pour ses minis-jeux, l’aspect “plateau” étant presque un mal nécessaire. Et il faut avouer que ceux de Super Mario Party sont assez réussis, misant sur un concept toujours très simple, mais efficace, et exploitant souvent astucieusement les spécificités de la Switch. Si les épreuves impliquant de la reconnaissance de mouvements manquent globalement de précision, celles qui utilisent les vibrations du Joy-Con restent très fun. À ce titre, le jeu se pratique avec un seul Joy-con par joueur et deux paires sont ainsi suffisantes pour jouer à quatre. Dommage, en revanche, que deux cartouches soient demandées pour profiter du mode “double-écran” vanté lors de l’annonce du jeu. Ce dernier reste cependant anecdotique et l’on peut largement s’en passer.

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Super Mario Party se joue donc essentiellement à 4 sur un grand écran, à l’ancienne, mais quelques épreuves nécessitent de poser la Switch à la verticale sur une table. On pense notamment au base-ball, qui se pratique à 2 contre 2, et qui demande à un joueur de lancer/renvoyer la balle, tandis que l’autre s’occupe de la rattraper. Une très bonne utilisation — jusqu’ici inédite — de l’usage “portable” de la console, et l’on n’en attendait pas moins de Nintendo.

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Si le mode “jeu de plateau” reste la principale attraction de ce Super Mario Party, il peut s’avérer un peu trop long pour des sessions rapides (compter presque 1 heure pour une partie complète). Heureusement, le titre offre d’autres distractions plus “apéritives” : possibilité de ne pratiquer que les minis-jeux, mode “Jeux de rythme” où les joueurs enchaînent les mouvements improbables en se calant au mieux sur le beat (voilà qui fait beaucoup penser à Wario Ware ou à l’excellent, mais trop méconnu Rhythm Paradise) ou encore mode “Rafting”. Ce dernier est particulièrement intéressant et mise sur la coopération : les 4 joueurs descendent une rivière et doivent pagayer en cadence pour atteindre la ligne d’arrivée dans le temps imparti. Pour gagner quelques précieuses secondes, ils peuvent choisir de participer à des mini-jeux 100 % coopératifs. Ici, la coordination est reine, cris et autres engueulades ayant vite fait d’envahir le salon.

Plutôt généreux en contenu, Super Mario Party revient donc à la fois à une recette très connue, tout en parvenant à exploiter quelques spécificités de son support. Difficile de crier à l’originalité, mais le potentiel pour animer une bonne soirée raclette est indéniable.