L’aventure a commencé avec un Kickstarter pour un projet alors appelé Flying Hamster II : Knight of the Golden Seed, la suite du premier jeu de chez Game Atelier, The Flying Hamster, un shoot’em up aux allures mignonnes et très smartphone. Cette demande de financement participatif présentait des mécaniques d’action-RPG avec une personnalisation avancée du protagoniste principal tout en pouvant le transformer, à la volée, en différents animaux. Quelques temps plus tard, c’est l’éditeur FDG Entertainment qui entre dans la danse en proposant de renommer le jeu en un Wonder Boy, étant donné les similarités entre les deux productions. Cependant, SEGA, qui possède les droits de toute la série Wonder Boy, ne permet pas cette réappropriation et oblige le jeu à changer de titre, d’où la naissance de Monster Boy and the Cursed Kingdom (Monster Boy et le Royaume Maudit). Il faut toutefois savoir que le créateur de la série des Wonder Boy, Ryuichi Nishizawa, a collaboré au développement de ce jeu, tout comme il l’avait fait avec Lizardcube sur Wonder Boy : The Dragon’s Trap.


L’aventure de Monster Boy et le Royaume Maudit débute avec Jin et ses cheveux bleus qui, comme tout le reste de la populace du monde, se retrouve transformé en animal par son oncle Nabu, un mec un peu trop porté sur le levé de coude. Après un entretien avec le sage du village, notre héros part en quête des orbes qui pourraient briser la malédiction. Le titre se présente comme un jeu d’action-aventure, mêlant des éléments de rogue-like et de RPG. Le déplacement est libre, dans un monde qu’on pourrait qualifier « d’ouvert » et dont la progression se fait à travers les combats, la découverte d’objets et la résolution de petites énigmes. Le jeu est en 2D, avec des animations entièrement grattées à la main et, graphiquement, c’est une vraie pépite que nous livrent ici les petits ouvriers de chez Game Atelier. Chaque niveau regorge de détails, d’effets et d’une qualité d’animation qui force le respect. Les palettes de couleurs utilisées sont chatoyantes et invitent à l’exploration. 

Monster Boy et le Royaume Maudit

La progression est assez classique pour le genre avec une nouvelle transformation débloquée à chaque boss vaincu, chaque transformation vous réservant son lot de nouvelles mécaniques de gameplay, vous permettant d’aller plus loin dans l’aventure. Vous commencerez d’ailleurs cette dernière sous les traits d’un cochon dont le pouvoir est de « sniffer » les indices et bonus cachés dans les pièces ainsi que la possibilité d’utiliser plusieurs consommations offensifs (comme des boules de feu, des mini-tornades ou encore des éclairs de foudre). Ce ne sont pas moins de six transformations au total qui vous attendent, du serpent (qui peut passer dans les cavités étroites), en passant par le lion et sa capacité à charger et “dasher” vers le haut ou encore le dragon qui peut cracher du feu tout en volant. Vous l’aurez compris, chaque transformation offre des possibilités différentes mais néanmoins indispensables à votre avancée dans l’histoire.

Monster Boy et le Royaume Maudit

Cette dernière se fait au gré des niveaux au level design tout aussi complexe qu’équilibré. Il vous faudra user de toutes vos ressources pour atteindre votre objectif qui est représenté par un cercle vert sur votre carte, dont le détail, segment par segment, vous fera économiser de longs allers-retours inutiles. Au-delà des combats classiques contre des ennemis de toutes sortes (volants, armés, en armure, etc), la fin du niveau passera par la résolution de petits puzzles qui nécessiteront aussi bien d’utiliser différents consommables, que vos pouvoirs de transformations, que celui de vos armes. La personnalisation de votre équipement est un atout fort dans la progression de ce Monster Boy et, en plus de pouvoir passer par la case marchand/forgeron, vous pourrez aussi en ramasser quelques unes au fur et à mesure de vos différentes quêtes dans le monde. Des coffres cachés dans le jeu dissimulent des gemmes de plus ou moins bonne qualité qui vous donneront la possibilité d’améliorer les diverses pièces d’équipement que vous porterez (notamment en débloquant des capacités bonus). Ces bonus passent par des récompenses plus intéressantes et nombreuses sur les monstres, de la possibilité de votre épée de glace d’envoyer des projectiles jusqu’à la création de blocs solides sur l’eau avec vos bottes. Bien évidemment, en plus de vos pouvoirs de base, ces capacités “en plus” ouvrent encore un peu plus le gameplay et faciliteront votre progression, tout comme l’obtention de certains objets très rares.

Monster Boy et le Royaume Maudit

Très classiquement, les niveaux vous opposeront à un maître des lieux représentant la prochaine transformation dont vous serez la cible. Moins difficiles que certains autres passages du jeu, les combats de boss sont intéressants et originaux même si la défaite de certains repose sur un brin de chance qu’il vous faudra forcer le temps de la rencontre. Au niveau des doléances, même si elles sont peu nombreuses, il est par moments difficile d’apprécier les distances avec les ennemis (et notamment la longueur de frappe vis-à-vis des hitboxes), il est aussi difficile de taper vers le haut (mis à part une transformation), ce qui rend quelques passages laborieux. Courant sur la même pensée, certains points de réapparition sont assez éloignés du lieu de la mort et repasser des obstacles peut être frustrant à la longue, surtout lorsque cela nécessite plusieurs transformations de suite. Malgré ces petits bémols, la difficulté du titre reste toujours bien dosée et nous permet de conserver l’envie de continuer sans jamais vraiment vouloir abandonner.

Monster Boy et le Royaume Maudit

Enfin, ne pas mentionner les compositions enjouées et bien rythmées de Monster Boy serait une hérésie, tant le gratin ayant composé et réarrangé les musiques du jeu évoque le respect. C’est donc Michiru Yamane (Castlevania : Symphony of the Night), Motoi Sakuraba (Tales of, Star Ocean, Valkyrie Profile), Yûzô Koshiro (Etrian Odyssey), Keiki Kobayashi (Ace Combat), Takeshi Yanagawa (Shenmue) ou encore Haruka Shimotsuki (Ar tonelico) qui font partie de la team douceur des oreilles pour ce jeu dont le développement, rappelons-le, a été dirigé par des parisiens.

Article rédigé par Lorris , le