TEMOIGNAGES. “Se déplacer, c’est s’exposer au virus” : ils expliquent pourquoi ils ont décidé de ne pas fêter – franceinfo

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“Pas plus de six à table.” La règle martelée par Jean Castex est venue s’ajouter à la longue liste des recommandations sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19. Pour éviter la propagation du virus, il est ainsi recommandé de ne pas organiser de repas de Noël avec plus de six adultes à table, où le port du masque est impossible. Il faudra composer avec les gestes barrières, porter le masque au maximum, et veiller à respecter une distance physique avec les autres convives. La question de maintenir ou non les fêtes de Noël s’est donc posée dans de nombreuses familles. Parmi les internautes de franceinfo qui ont répondu à notre appel à témoignages, certains ont finalement choisi de ne pas se réunir les 24 et 25 décembre.

Pour les familles qui profitent chaque année des fêtes pour se voir, impossible de respecter la règle des “six à table” en invitant tout le monde. “Je n’allais pas choisir entre mes enfants ! C’est tout le monde ou personne.” Alors Françoise a tranché : personne ne viendra à Noël.

Dans la famille d’Anne, en Franche-Comté, Noël est habituellement l’occasion de réunir une quinzaine de personnes. Pas cette année. Elles s’appelleront le soir du réveillon, mais il n’aura pas de grande tablée. Avec son frère et sa sœur, Anne a convenu qu’il était plus prudent de renoncer. Très soucieuse des règles sanitaires, cette Doubienne de 53 ans limite déjà ses contacts et va se confiner avec son mari, avant d’aller voir sa mère à la fin du mois. “Elle a été opérée du cœur à l’automne, elle est très fatiguée, nous ne voulons pas lui faire courir de risques supplémentaires”, explique Anne.

“Même lorsqu’on fait attention, on n’est sûr de rien.”

Anne, 53 ans

à franceinfo

Les enfants d’Anne, âgés d’une vingtaine d’années, ne se joindront pas à eux. Etudiants, ils ont continué à fréquenter des personnes en dehors du foyer familial et ne veulent pas prendre de risque.

Avec plus de 10 000 contaminations recensées chaque jour en France et une saison propice à la circulation du virus, Sabine, biologiste expatriée en Belgique, a préféré ne pas se déplacer pour Noël. “Je ne souhaite pas mettre en danger ma famille, me mettre en danger et participer à une troisième vague”, déclare-t-elle. Cette trentenaire, “entourée de scientifiques”, est amenée à travailler sur le Covid-19 et elle juge “irresponsable” de se réunir et de se déplacer partout en France pour les fêtes.

“Je suis très surprise et inquiète lorsque j’entends les intentions de ma famille de se déplacer à travers la France et de passer d’un foyer à un autre d’un jour à l’autre”, ajoute-t-elle. Sabine a bien pensé à s’isoler avant les fêtes, mais devoir prendre des transports en commun ne la rassure pas, malgré toutes les précautions qu’elle peut prendre. Pour elle, il est évident que “se déplacer, c’est s’exposer au virus.”

Dans son village de Savoie, où la deuxième vague a été particulièrement virulente, Sylviane a tranché aussi. “Mon fils habite à Strasbourg et ne viendra pas chez moi.” 

“C’est la première fois de ma vie, à 67 ans, que je ne fêterai pas Noël en famille. Mais ça me paraît nécessaire.”

Sylviane

à franceinfo

Une décision difficile à prendre pour cette retraitée. “Je n’en parle pas trop, sinon je vais me mettre à pleurer”, soupire-t-elle. Sylviane tient pourtant à participer à l’effort collectif face au virus. “Il faut que chacun agisse à son niveau. Près de chez moi, j’ai vu les personnels hospitaliers tomber comme des mouches”, poursuit-elle.

D’autres (grands) enfants doivent parfois se montrer plus sages que leurs parents. Florian, 38 ans, a imposé son choix à sa famille qui vit en Bretagne. “Nous habitons en Haute-Savoie, et je travaille à Genève (Suisse), où les cas sont extrêmement nombreux. Chez mes parents, il y a moins de cas. Je pense qu’ils ont moins conscience de la gravité de l’épidémie que nous, qui avons vécu une deuxième vague très intense.” Avec sa femme, ils ont renoncé à se déplacer durant la période de Noël.

Depuis la région de Perpignan, Viviane passera Noël en tête-à-tête avec son mari. A 65 et 66 ans, ce couple belge attendra la mi-janvier “si les mesures sanitaires le permettent” pour aller voir ses proches. “On se verra quand on pourra”, arbitre aussi Florian. Pour cet homme dont les parents “prennent de l’âge”, les mesures sanitaires priment sur l’envie de revoir ses proches. 

L’arrivée du vaccin laisse planer l’espoir de retrouvailles au printemps dans plusieurs familles, même si les gestes barrières devront être maintenus. “Si la population commence à être immunisée, je me rendrai plus facilement dans ma famille, explique Sabine, qui n’est pas remis les pieds en France depuis juillet.

D’ailleurs, renoncer à Noël suscite parfois un certain soulagement. Sophie ne supportait plus “la pression sociale autour de la période des fêtes. Il faut être content d’être en famille, faire semblant d’être heureux quand on reçoit un cadeau qui ne nous plaît pas…” Le Covid-19 fournit une excuse rêvée à cette développeuse informatique de 35 ans pour échapper au réveillon qui, l’an dernier, a fini en altercation avec son père, “raciste et complotiste.

Seul, à deux, trois ou cinq, Noël se fêtera en comité restreint pour ceux qui ont choisi d’éviter les réunions de famille. Pas question de s’infliger une ambiance morose pour autant. “Pour la première fois depuis quinze ans, on s’est acheté des cadeaux”, rit Viviane. Personne n’attend le père Noël chez Sophie, comme elle le souligne, alors elle passera le réveillon sera seule chez elle, “avec un bon repas et un bon film”.

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