Taxe numérique : ce sont les clients qui vont régler la facture de Google

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En décembre dernier, le ministère des Finances français a envoyé les premiers avis aux firmes concernées par la nouvelle taxe sur les géants du numérique. Ce dispositif fiscal s’applique aux entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 25 millions d’euros dans l’Hexagone et à 750 millions d’euros dans le reste du monde. Elle prévoit le prélèvement de 3 % des revenus de ces compagnies qui sont réalisés en France.

Google en fait partie et a trouvé une solution atypique pour la payer : taxer ses clients. Comme l’a relevé le journal Le Monde, le géant de la Tech a en effet envoyé un e-mail aux annonceurs français mercredi pour les prévenir que les prix de ses publicités vont augmenter de 2 % à partir du 1er mai. Et la firme de Mountain View n’en cache pas la raison, il s’agit bel et bien de compenser les dépenses générées par cette nouvelle taxe sur le numérique.

Vers la signature d’un accord mondial de taxation ?

Cette décision a fortement déçu les intéressés, à l’image de Jean-Luc Chetrit, le directeur général de l’Union des marques, qui représente les annonceurs tricolores. Cité par nos confrères, il précise : « Google est une plate-forme dominante, qui a fait de larges bénéfices en 2020, mais qui répercute sur ses clients une taxe votée au nom de l’équité. Sur le principe, ce report est discutable mais il l’est encore davantage maintenant, vu le contexte de crise économique. »

De son côté, Google dit s’opposer à l’idée de taxes nationales mais préférer une solution globale. Elle a donc adopté la même stratégie lorsque des pays comme le Royaume-Uni, la Turquie, ou encore l’Autriche, ont adopté ce type de dispositifs fiscaux.

Pour rappel, depuis plusieurs années, des discussions sont engagées sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) afin de trouver un accord international qui débouchera sur une taxation mondiale des géants du numérique. Ces négociations ont toutefois tendance à patiner car les États-Unis ne voient pas d’un très bon œil ces mesures qui frapperaient des fleurons de leur économie.

L’élection de Joe Biden ravive pourtant l’espoir de trouver un terrain d’entente. Ainsi, Janet Yellen, secrétaire au Trésor américain, a clairement laissé entrevoir la possibilité d’avancer sur ce dossier en indiquant que la taxe « permettrait de percevoir une juste part des entreprises, tout en maintenant la compétitivité de nos entreprises et en diminuant les incitations (…) aux activités offshore que nous ne voulons certainement pas récompenser ».

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