De l’importance des symboles. Dans la nuit de lundi à ce mardi 12 février, l’Assemblée nationale a adopté provisoirement un amendement rendant obligatoire “la présence du drapeau tricolore, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat“. Autrement dit, les élèves seront biberonnés au bleu-blanc-rouge et aux étoiles européennes de la maternelle au lycée.

L’amendement, déposé par le député Eric Ciotti (Les Républicains) avec le soutien de la majorité et du gouvernement, a été adopté dans le cadre de l’examen du projet de loi sur “l’école de la confiance” de Jean-Michel Blanquer. Son exposé justifie cette mesure en affirmant qu’il est “indispensable que le cadre scolaire soit le lieu privilégié au sein duquel les jeunes apprennent à respecter les valeurs de la République“. Loin de suffire à donner quitus au gouvernement sur l’éducation des citoyens, ce nouvel alinéa s’ajoute à l’article L11 du code de l’Education, qui fait du “partage” desdites valeurs l’autre mission fixée par la nation à l’école, en plus de la transmission des connaissances.

Jean-Michel Blanquer soutient le texte

Une seconde délibération aura toutefois lieu vendredi, à la demande de la gauche, qui n’a pas eu le temps de s’exprimer sur ce texte compte tenu de l’heure tardive des débats. La communiste Elsa Faucillon a estimé sur Twitter que la mesure était à côté de la plaque : “Alors que la droite soutenue par le Ministre réactive l’argument de la crise identitaire, du rejet des valeurs de la République, faisons entendre une exigence : la réelle application de ces valeurs, leur effectivité !“.

Interrogée par l’AFP, la socialiste George Pau-Langevin voit dans cette mesure – dont le coût est “tout à fait assumable par le ministère”, selon son patron Jean-Michel Blanquer, qui a soutenu l’amendement – un texte “pour se faire plaisir“, sans réelle utilité. En l’état, les drapeaux français et européen doivent déjà se trouver au fronton des collèges et des lycées. “Suffisant“, selon l’insoumis Michel Larive, qui rappelle à l’AFP que “les écoles ne sont pas des casernes“. L’insoumis invoque ainsi “le respect de la patrie sans aller vers le nationalisme“.