Suppression de l’ENA : A quoi ressemblera l’Institut du service public qui la remplacera ? – 20 Minutes

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L’entrée de l’Ecole nationale d’administration (ENA), à Paris le 12 février 2020. — Clément Follain / 20 Minutes
  • Considérée comme un lieu de la reproduction des élites, l’ENA est souvent critiquée. 
  • Emmanuel Macron a annoncé de jeudi qu’elle allait disparaître pour donner naissance à une nouvelle école de formation des hauts fonctionnaires, l’Institut du service public qui se veut plus ouvert.

C’est un symbole français qui tombe. L’ENA (Ecole nationale d’administration) va finalement être supprimée et sera remplacée par l’Institut du service public. Emmanuel Macron l’a annoncé ce jeudi devant 600 cadres de la haute administration réunis pour la Convention managériale de l’Etat, organisée en visioconférence par Matignon. Le chef de l’Etat avait évoqué ce projet à l’issue du grand débat national post crise des « gilets jaunes » avant de tergiverser et de laisser entendre en février qu’elle serait simplement réformée. Mais finalement, l’ENA qui forme des hauts dirigeants depuis 40 ans, va bel et bien disparaître. 20 Minutes vous explique ce que l’on sait du futur établissement qui la remplacera en 2022.

Pourquoi supprimer l’ENA ?

L’école est souvent taxée de représenter un entre-soi, de former des hauts fonctionnaires coupés des réalités de terrain. Le but recherché du nouvel établissement est de favoriser « l’ouverture de la haute fonction publique a des publics différents », précise l’Elysée et « renforcer l’attractivité de la haute fonction publique ». Tout en offrant à ses élèves « des perspectives de carrière plus claires ». L’institut du service public sera aussi plus « ouvert sur le monde de la recherche et l’international », poursuit l’entourage d’Emmanuel Macron.

Comment fonctionnera l’Institut de service public ?

Ce dernier sera installé à Strasbourg et ouvrira en 2022. Il accueillera les élèves de 13 écoles (ENA, INET, ENM, EHESP, EN3S, ENSP, ENAP, 4 écoles d’application de polytechnique, EOGN, ENS) qui y suivront un tronc commun. Les élèves suivront ensuite le cursus spécifique propre à leur école. 

Quelles seront les modalités de recrutement ?

Que les préparationnaires de l’ENA se rassurent : le concours sur lequel il planche sera maintenu. Ainsi que tous ceux des 13 écoles citées plus haut. A Nantes en février, Emmanuel Macron avait aussi promis que 1.000 places supplémentaires seraient créés dans les « prépas Talents », des classes préparant aux concours des grandes écoles de la fonction publique et dédiées aux jeunes d’origines sociales ou de zones géographiques défavorisées. De plus, l’allocation versée à ces jeunes sera doublée et montera à 4.000 euros. Ils passeront un concours spécifique, la voie « Talents » et des places leur seront réservées dans les écoles de la fonction publique.

Y aura-t-il toujours un classement des élèves à la sortie ?

Oui. « Il servira à déterminer les premières affectations, mais aucunement pour la suite du parcours », précise l’Elysée. IL ne sera plus possible d’intégrer directement les « grands corps » (Conseil d’Etat, Inspection des finances, Cour des comptes…). Les premières affectations auront donc lieu « sur le terrain » dans les administrations déconcentrées afin que les diplômes occupent des « missions opérationnelles » et connaissent « des premières expériences personnelles de l’encadrement », indique l’Elysée. Ils ne pourront être titularisés dans les « grands corps » qu’après « cinq ou six années d’exercice sur le terrain », précise l’Elysée. Un système d’affectation qui permettra aux fonctionnaires « de ne pas être assignés à une filière ou à un métier de manière définitive ».

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