Les technologies permettant de réutiliser encore et encore les coûteux premiers étages d’une fusée pour effectuer de nouveaux lancements semblent désormais aujourd’hui parfaitement maîtrisées. L’entreprise spatiale américaine privée SpaceX en a fait la démonstration lundi 3 décembre 2018 en parvenant à mettre en orbite une grappe de 64 satellites à l’aide d’un lanceur Falcon 9 dont le premier étage avait déjà volé par deux fois. Une fois sa mission remplie, ce premier étage est de nouveau parvenu à se reposer sur une barge robotisée dans l’océan, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’au moins un vol de plus à l’aide de ce segment de lanceur. On peut admirer l’atterrissage tout en douceur sur cette vidéo du replay du lancement à partir de 27 minutes.

Désormais, l’entreprise tente de perfectionner un autre pan de sa technologie, de manière à pouvoir récupérer la coiffe de la fusée. Cet équipement dont la mission est de protéger les satellites des frottements très importants avec l’atmosphère durant la phase d’ascension, est larguée à partir d’une certaine altitude. SpaceX espèrait récupérer cette pièce dans un filet tendu au dessus d’un bateau baptisé Mr Steven à l’issue de sa chute.

Toutefois, cette opération de récupération là a échoué. “La coiffe du Falcon a manqué le filet, mais est retombée doucement dans l’eau. Mr. Steven est en train de la récupérer. Le plan est de la sécher puis de l’utiliser à nouveau. Il n’y a rien de mal à une petite baignade” a twitté Elon Musk, le directeur de l’entreprise pendant le lancement.

Les 64 satellites, eux, ont bien été déployés conformément au plan de vol. Parmi eux 15 microsatellites et 49 nanosatellites qui appartiennent à 34 organisations différentes, allant de sociétés commerciales à des universités. Presque tous les satellites qui ont été  lancés ont des fonctions similaires à des engins beaucoup plus gros placés encore plus haut dans le ciel. Mais les progrès technologiques permettent désormais d’obtenir des services identiques à des coûts nettement inférieurs, si bien que ces petits satellites sont en train de devenir une nouvelle norme spatiale.

E.L. avec AFP