En démontrant qu’il pouvait envoyer des Hommes dans l’espace et les ramener au sol en sécurité, SpaceX entre une nouvelle fois dans l’histoire, avec un nouveau succès historique. Pour la première fois depuis juillet 2011, date de la dernière mission d’une navette, les États-Unis retrouvent la capacité à lancer des astronautes depuis le sol américain. Et pendant ce temps, l’Europe tergiverse sur l’utilité de développer un système de transport spatial habité.

Après une mission de cinq jours amarrée à la Station spatiale internationale, la Crew Dragon de SpaceX est redescendue sur Terre, vendredi à 14 h 45, heure de Paris. La capsule a amerri sur l’océan Atlantique, à 370 kilomètres au large de Cap Canaveral, en Floride. Elle a été récupérée par le navire de récupération Go Searcher de la même manière que les astronautes des missions Apollo revenaient sur Terre. Et c’est ainsi que les prochains astronautes américains termineront leurs futures missions à bord de Crew Dragon.

Les quatre immenses parachutes ont ralenti suffisamment la capsule pour qu’elle se pose en douceur sur l’océan. Avant l’ouverture des parachutes, le bouclier thermique a été mis à rude épreuve mais, comme le montre les premières images, il semble avoir correctement fait le job. Il faut savoir que des images acquises depuis l’ISS ont laissé supposer qu’il pouvait être « abîmé ». C’est un point à surveiller.

En attendant l’analyse des données de vol, SpaceX semble donc avoir réussi son examen et parie démontrer que le premier véhicule spatial habitable américain depuis les navettes (1981-2011) est fiable et sûr pour les astronautes.

Cependant, avant envoyer des humains à destination de l’ISS, la Nasa et SpaceX ont encore du travail à faire pour valider les performances du système de transport de SpaceX. Après le travail de l’analyse des données de la mission, les deux partenaires, qui ont œuvré de manière transparente, non seulement pour la préparation du vol mais également pour la gestion de celui-ci, ont un dernier test à réaliser : celui d’une démonstration en vol du système d’abandon de lancement !

En seulement moins d’une semaine, cette mission a enregistré un certain nombre de premières qu’a listées la Nasa :

  • premier système privé de lancement spatial habité américain à être construit et exploité commercialement depuis le sol américain pour des missions à destination de la station spatiale ;
  • premier véhicule spatial habité américain à être construit et exploité commercialement à s’amarrer à la Station spatiale internationale ;
  • premier amarrage autonome d’un vaisseau spatial américain à la Station spatiale internationale ;
  • première utilisation d’une nouvelle norme mondiale pour les adaptateurs d’amarrage reliant la Station spatiale internationale au Crew Dragon et qui servira aussi à Orion et à l’avant-poste lunaire LOP-G.

L’Europe dépendante des autres pour envoyer ses astronautes dans l’espace

Il a fallu seulement quelques années à SpaceX pour développer et qualifier un véhicule spatial habité, officiellement présenté en mai 2014, ce que les Européens n’ont jamais réussi à faire ! Le projet de navette spatiale européenne (Hermès) a été abandonné huit ans après son démarrage (1984-1992) pour des raisons techniques et financières. 

Le plus navrant, c’est que les industriels des États membres de l’Agence spatiale européenne disposent de toutes les briques technologiques nécessaires à la réalisation d’un système de transport spatial habité. Depuis 1992, l’Agence spatiale européenne a financé des programmes qui ont permis d’effacer les verrous technologiques qui avaient conduit à l’abandon d’Hermès et acquérir toutes les compétences et les technologiques manquantes et nécessaires au vol habité.

Et ce n’est pas qu’une question d’argent qui empêche la réalisation d’un système de transport européen. L’Europe manque aujourd’hui de vision politique de long terme. La plupart des dirigeants politiques des États membres de l’Union européenne ont comme seul horizon celui de leurs échéances électorales. À cela s’ajoute que la Commission européenne, qui finance les programmes spatiaux de l’Union Européenne (Copernicus, Galileo), et l’Agence spatiale européenne qui les finance et réalise les siens, doivent tenir compte de l’avis et des desiderata de chacun de leurs États membres, qui changent souvent à chaque alternance politique. Une absurdité qui freine les ambitions spatiales de l’Europe.

D’ici quelques années, l’Inde deviendra la quatrième puissance spatiale à envoyer des Hommes dans l’espace, après les États-Unis, la Russie et la Chine. Et pendant ce temps, SpaceX poursuivra ses affaires au-delà de la Station spatiale internationale et l’orbite basse. Comme le rappelle Elon Musk, le but « fondamental de SpaceX est et a toujours été de créer la technologie nécessaire pour implanter la vie sur Mars ».

Ce qu’il faut retenir

  • SpaceX qualifie la capsule Crew Dragon pour le transport d’équipage.
  • La Nasa autorise SpaceX à préparer un vol habité qui aura lieu cet été.
  • Avec ce vol de démonstration, et le succès du retour de la capsule Crew Dragon, SpaceX relance les vols habités américains et ouvre une nouvelle ère de l’exploration.
Pour en savoir plus

Avec le vol réussi de la Crew Dragon, SpaceX relance les vols habités américains

Article de Rémy Decourt, publié le 04/03/2019

Après avoir pris fin en juillet 2011, SpaceX relance les vols habités américains avec le succès du vol de démonstration de sa capsule Crew Dragon. Certes, ce vol était inhabité mais le prochain embarquera deux astronautes qui s’envoleront à destination de la Station spatiale internationale. Retour sur ce vol de démonstration qui consacre SpaceX et le secteur privé comme des acteurs incontournables de l’accès à l’espace.

Le vol inaugural de la Crew Dragon ouvre aux États-Unis une nouvelle ère du transport spatial. C’est en effet la première fois qu’une société privée construit un système de transport spatial habité. Certes, ce programme a été financé par la Nasa, qui l’a contrôlé de bout en bout et dont de nombreux ingénieurs et techniciens de SpaceX ont fait leur classe au sein de ses Centres, mais tout de même, quelle performance ! Ce lancement clôt aussi une période de huit ans, qui a débuté en juillet 2011 avec le retrait des navettes spatiales. Depuis cette date, les astronautes américains sont contraints d’utiliser le Soyouz russe pour effectuer leur rotation à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Le lancement a été réalisé à l’heure devant un public venu assister nombreux à ce vol malgré l’heure très matinale du tir. Le Falcon 9 a décollé à 2 h 49 min (heure locale), du centre spatial Kennedy, illuminant la côte de la Floride d’une couleur toute orangée. Onze minutes plus tard, la salle de contrôle de la mission confirmait la séparation de la capsule qui s’envolait à destination du complexe orbital, auquel elle s’est amarrée dans la matinée de dimanche. Sans surprise, le premier étage du lanceur est revenu sur Terre, atterrissant sur la barge Of Course I Still Love You, positionnée à quelque 300 kilomètres, au large de Cap Canaveral.

Pour ce vol, Crew Dragon transportait près de deux cents kilogrammes de fret qui ont été livrés aux trois astronautes actuellement à bord de l’ISS. La capsule transportait aussi le mannequin Ripley, du nom d’Ellen Louise Ripley du film Alien (1979). Ripley n’était pas simplement à bord pour faire de la figuration. Il était bardé de plusieurs capteurs pour notamment mesurer les forces auxquelles seront soumis les astronautes lors du décollage et lorsqu’ils seront de retour dans l’atmosphère terrestre.

Le retour de la Crew Dragon est actuellement prévu le 8 mars. De 35 à 40 minutes lui seront nécessaires pour retourner sur Terre et amerrir dans l’océan Atlantique au large de Cap Canaveral. Un deuxième site d’amerrissage est aussi prévu en cas de nécessité. Il se situe dans le golfe du Mexique, au large de Brownsville, dans le Texas.

Objectif : le vol habité !

Jim Bridenstine, le patron de la Nasa a profité de la conférence de presse d’après vol pour apporter des précisions sur la suite du programme. Il a annoncé que le « premier vol habité de Crew Dragon est officiellement prévu en juillet » mais qu’en raison des aléas propres à tous les programmes spatiaux habités un « report est probable et n’aurait rien d’anormal ». En revanche, il a bien souligné à 100 % les « chances que ce vol habité soit réalisé avant la fin de 2019 ».

Avant cela, SpaceX doit réaliser une démonstration en vol de son système d’abandon de lancement ! Ce système a pour fonction de séparer la capsule du lanceur Falcon 9, en l’éloignant sans risque, en cas d’urgence pendant les opérations au sol, lors de la mise à feu ou pendant l’ascension du lanceur. À la différence des capsules Soyouz et de la future Orion, le système de SpaceX est composé non pas d’une tour d’éjection mais de huit moteurs répartis tout autour de l’appareil. En mai 2015, SpaceX avait présenté son système lors d’un test d’abandon de lancement, qui a consisté à simuler une situation d’urgence au sol et nécessité une évacuation rapide de la capsule. L’essai d’avril est plus compliqué car il sera réalisé à max Q, un des moments les plus difficiles du lancement. Lors du lancement, et au fur et à mesure de l’ascension du lanceur, la vitesse et la densité de l’air se combinent pour exercer une pression sur le lanceur dont l’intensité maximale est atteinte environ une minute après le décollage.

C’est à ce moment que l’abandon de la capsule est le plus difficile à réaliser. À cet instant du vol, ordre sera donné à la capsule d’abandonner le lanceur. Instantanément, le Falcon 9 arrêtera ses moteurs et les huit moteurs SuperDraco du Crew Dragon s’allumeront pour s’éloigner le plus rapidement possible du lanceur, dont le vol aura été freiné par l’arrêt de ses moteurs.

Pour ne pas dépendre d’un seul véhicule et fournisseur, la Nasa a financé un second véhicule. Il s’agit du Starliner de Boeing dont le premier vol d’essai inhabité est prévu à partir d’avril 2019 avec l’objectif d’un premier vol habité vers la fin de l’été. Toutefois, des difficultés de calendrier devraient contraindre Boeing et la Nasa de le reporter de plusieurs semaines.

SpaceX : le premier vol d’essai inhabité de la capsule Dragon est prévu demain

Article de Rémy Decourt, publié le 01/03/2019

Cette fois-ci, tous les voyants sont au vert. La Nasa a autorisé le lancement d’un vol d’essai non habité du Crew Dragon de SpaceX. Ce vol de démonstration (Demo-1) a pour objectif de certifier que ce système de transport spatial est apte à conduire des équipages à destination de la Station spatiale internationale et de les redescendre sur Terre. Le lancement est prévu ce samedi 2 mars, à 8 h 48, heure de Paris.

Après plusieurs reports depuis fin 2017, la Nasa a autorisé le lancement du premier vol de démonstration du système de transport habité de SpaceX. Initialement prévu en janvier, ce vol avait été reporté à cause de la fermeture partielle du gouvernement des États-Unis (shutdown), du 22 décembre 2018 au 25 janvier 2019, et aussi en raison de la nécessité de réaliser une dernière série de tests sur un certain nombre d’équipements du système de transport de SpaceX.

Donc, si les conditions météorologiques sont favorables, le lancement du Crew Dragon à vide est prévu dans la matinée de samedi, à 8 h 48, heure de Paris. Le décollage aura lieu depuis le pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy de la Nasa, (Floride, États-Unis), un lieu historique qui a vu s’envoler les capsules Apollo à la conquête de la Lune et les navettes spatiales de la Nasa ainsi que le Falcon Heavy de SpaceX (le lanceur lourd le plus puissant au monde actuellement) qui a réalisé son vol inaugural en janvier 2018.

Le Crew Dragon doit s’amarrer à la Station spatiale internationale le dimanche 3 mars et revenir sur Terre le 8 mars.

S’assurer que tout fonctionne avant de faire monter des astronautes à bord

L’objectif de ce vol est de démontrer les performances opérationnelles de bout en bout du lanceur Falcon 9, dans sa configuration vol habité et du véhicule spatial Crew Dragon ainsi que les systèmes au sol et les opérations en orbite (amarrage et atterrissage). De nombreux systèmes critiques seront sous surveillance tout au long de la mission. L’avionique, l’amarrage, les communications, la télémétrie, le contrôle bord, les panneaux solaires, la distribution électrique et la propulsion sont tous les systèmes que la Nasa et SpaceX surveilleront en permanence, jusqu’au retour sur Terre de la capsule.

Ce vol sera aussi l’occasion de s’assurer du bon fonctionnement du système GNC (Guidage, Navigation and Control) qui assurera le contrôle du vol du Falcon 9, le pilotage et le contrôle du Crew Dragon lors de son ascension, son entrée en orbite et jusqu’à son retour sur Terre. Enfin, différents capteurs seront répartis sur le lanceur et la capsule pour mesurer les niveaux acoustiques et vibratoires, ainsi que les charges exercées sur l’extérieur et l’intérieur du Crew Dragon.

À l’issue de cette démonstration, et si aucune anomalie n’a été constatée, SpaceX sera autorisé à préparer le deuxième vol de démonstration qui sera aussi le premier vol habité du Crew Dragon. Lors de ce vol, les astronautes de la Nasa, Bob Behnken et Doug Hurley, avec chacun à leur actif deux missions à bord de la navette spatiale, s’envoleront à destination de la Station spatiale. Cette mission marquera aussi le retour en vol des astronautes américains à bord d’un système de transport spatial habité américain, sept ans et demi après le retrait des navettes spatiales (juillet 2011).

Le Crew Dragon de SpaceX est prêt pour son vol d’essai, mais la Nasa doit le reporter

Article de Rémy Decourt, publié le 14/01/2019

Nouveau report pour le vol d’essai inhabité de la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. En cause, la fermeture partielle du gouvernement des États-Unis et la nécessité pour la Nasa et SpaceX de mener à bien des tests complémentaires. Le vol est maintenant prévu dans le courant du mois de février et SpaceX a toujours pour objectif de qualifier son système de transport spatial d’ici la fin de l’année et de démarrer ses activités commerciales fin 2019, début 2020.

La fermeture partielle du gouvernement des États-Unis, qui a débuté le 22 décembre 2018 et se poursuit encore aujourd’hui, a contraint la Nasa à reporter au mois de février le vol d’essai de la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. Initialement, ce vol de démonstration, Demo-1, était prévu ce 17 janvier. Demo-1 est le premier des deux vols d’essais prévus par SpaceX pour qualifier son système de transport spatial habité, composé du Falcon 9 et de la version habitée de la capsule Dragon, qui prend le nom de Crew Dragon.

Le shutdown n’est évidemment pas le seul responsable de ce report. Bien que 95 % des employés de la Nasa soient au travail, SpaceX et la Nasa ont également admis que les derniers tests prévus sur un certain nombre d’équipements du système de transport de SpaceX, avant son vol d’essai, auraient été susceptibles de provoquer un report de quelques jours de la mission.

Ce report de plusieurs semaines est donc une bonne chose. Il va permettre aux équipes de SpaceX et de la Nasa d’être moins prises par le temps pour de nouveaux tests et de réaliser une dernière revue d’aptitude avant de donner le feu vert à ce vol.

Les taxis de l’espace de SpaceX et Boeing devront être opérationnels d’ici la fin de l’année

Bien que Demo-1 soit une mission inhabitée, le Crew Dragon la réalisera comme s’il était piloté par un équipage de deux astronautes. La capsule ira donc s’amarrer à la station spatiale internationale et y stationnera plusieurs jours avant de redescendre sur Terre. Des tests de manoeuvres orbitales devraient vraisemblablement être réalisés en orbite, du moins, c’est ce que l’on pense.

Si Demo-1 se déroule bien, Demo-2 aura lieu quelques mois plus tard, dans le courant de l’été 2019. Avant le report de Demo-1, ce vol était prévu en juin 2019. Ce deuxième et dernier vol de qualification sera habité. Le Crew Dragon sera piloté par les astronautes de la Nasa, Bob Behnken et Doug Hurley, qui réaliseront une petite mission de ravitaillement de fret non prioritaire. Avant de réaliser ce premier vol d’essai habité (Demo-2), SpaceX devra réaliser un test d’abandon de la capsule en vol (comme lors de l’échec du lancement de la capsule Soyouz MS-10) pour démontrer cette capacité essentielle et vitale pour la sécurité des équipages en cas de situation d’urgence lors du décollage du lanceur.

Quant au deuxième système de transport habité que la Nasa finance, Boeing prévoit de réaliser, en mars, un premier vol inhabité de sa capsule CST-100 Starliner. Cette dernière sera lancée à bord d’une fusée Atlas 5. Comme le Crew Dragon lors de Demo-1, elle simulera une mission habitée opérationnelle à destination de l’ISS. Elle s’amarrera, de façon automatique, également au complexe orbital avant de redescendre sur Terre. Ce vol sera suivi d’un deuxième vol qui transportera un équipage composé de deux astronautes de la Nasa, Eric Boe et Nicole Aunapu Mann, et du pilote d’essais de Boeing, Chris Ferguson. Cette mission est actuellement prévue en août 2019.

La Nasa s’est clairement exprimée sur la dépendance des astronautes américains aux Soyouz pour rejoindre la Station spatiale internationale qui devrait prendre fin cette année. Les systèmes de transport spatiaux de Boeing et SpaceX, les taxis de l’espace, devront être déclarés opérationnels dans le courant de l’année pour débuter leur rotation commerciale à destination de l’ISS dès le début de l’année 2020, voire la fin de cette année. 

SpaceX : la version habitée de la capsule Dragon prête pour un vol d’essai

Article de Rémy Decourt, publié le 28/11/2018

Le véhicule habité Crew Dragon, de SpaceX, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, réalisera son premier vol de démonstration inhabité en janvier 2019. Ce vol sera une répétition générale en vue du premier vol habité avec les astronautes de la Nasa, Douglas Hurley et Bob Behnke, qui pourrait avoir lieu dès le mois de juin 2019.

Seulement 16 ans après sa création, SpaceX s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa jeune histoire en débutant ses vols habités à destination de la Station spatiale internationale. D’ici quelques semaines, la version habitée de la capsule Dragon, la Crew Dragon, réalisera une première mission de démonstration inhabitée. Ce lancement est prévu le 7 janvier 2019. Un lanceur Falcon 9 décollera depuis le complexe de lancement 39A du Centre spatial Kennedy de la Nasa, un pas de tir historique, mais modernisé pour les besoins des activités de SpaceX, qui a vu s’envoler les capsules Apollo à la conquête de la Lune et les navettes spatiales de la Nasa.

Bien que la Crew Dragon soit inhabitée mais chargée de fret, elle ira tout de même s’amarrer à la station spatiale internationale. Elle restera stationnée au complexe orbital pendant plus ou moins 15 jours avant d’entamer son retour sur Terre. Cette capsule est dérivée de celle utilisée pour le transport de fret. Dans sa version habitée, elle a été adaptée pour transporter jusqu’à sept astronautes et une charge utile de 3,3 tonnes. Bien que ce vaisseau spatial soit conçu pour être réutilisé une dizaine de fois, la Nasa a souhaité utiliser une capsule neuve à chaque lancement.

Une liaison régulière entre la Terre et l’ISS

Ce vol de démonstration a pour but de s’assurer que la Crew Dragon est prête à réaliser les rotations d’équipage de la Station spatiale internationale telles que spécifiées dans un contrat de lancement pour ses astronautes, octroyé par la Nasa en 2015. Dans le cadre de ce contrat, d’une valeur de 2,6 milliards de dollars, SpaceX réalisera au moins deux rotations d’équipage et un maximum de six missions.

Lors de cette démonstration, SpaceX devra démontrer à la Nasa que son système de transport (c’est-à-dire le lanceur, le véhicule orbital et le système au sol) est prêt à effectuer un vol habité et surtout qu’il répond aux exigences de sécurité et de certification de la Nasa. Après ce vol de démonstration, et avant de réalisé un premier vol d’essai habité, SpaceX devra réaliser un test d’abandon de la capsule en vol (comme lors de l’échec du lancement de la capsule Soyouz MS-10) pour démontrer cette capacité essentielle et vitale pour la sécurité des équipages lors d’une situation d’urgence lors du décollage du lanceur.

SpaceX : la version habitée de la capsule Dragon prête pour un vol d’essai

Article de Rémy Decourt publié le 19/07/2018

Le véhicule habité Crew Dragon, de SpaceX, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, pourrait réaliser un premier vol de démonstration inhabité dans le courant du mois d’août. Le véhicule a terminé ses tests de vide et de résistance à des températures extrêmes sur le site de la Nasa de Plum Brook Station (Ohio, États-Unis), qui comprend la plus grande chambre à vide au monde.

Si le transport de fret à destination de la Station spatiale internationale (ISS) par des sociétés privées est une affaire qui fonctionne, la Nasa attend toujours l’ouverture d’un service commercial de transport de ses astronautes. Annoncé pour 2017, ce service pourrait débuter en 2019.

SpaceX prévoit toujours de réaliser deux des trois vols de qualification cette année. Le Crew Dragon, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, a récemment été testé dans la plus grande chambre à vide au monde, sur le site de la Nasa de Plum Brook Station (Ohio, États-Unis). Il se trouve aujourd’hui au centre spatial Kennedy (Floride, États-Unis) et pourrait réaliser un premier vol de démonstration inhabité dans le courant du mois d’août. Ni la Nasa, ni SpaceX n’ont souhaité commenter ces essais. 

D’ici quelques jours, devront débuter les essais finaux d’intégration du véhicule à son lanceur, un Falcon 9 de SpaceX. À moins de nouveaux ennuis techniques ou d’un retard de développement qui n’auraient pas été annoncés, SpaceX (comme Boeing d’ailleurs, qui développe un véhicule concurrent) pourrait donc réaliser ces deux vols de qualification cette année.

Un vol d’essai habité en décembre 2018 pour le Crew Dragon ?

Au vol de démonstration inhabité de cet été, s’ajouterait un vol d’essai habité qui serait réalisé en décembre. Le calendrier est similaire à celui de Boeing, qui prévoit, lui aussi, un vol inhabité en août (de son Starliner) et un vol habité en novembre.

Cela dit, la Nasa a récemment signalé que ce planning pourrait être modifié en raison du trafic à destination de la Station spatiale internationale (ISS). D’ici quelques jours, les dates de ces vols de démonstration et d’essais seront communiquées.

Si, du côté des industriels et de la Nasa, on se veut résolument optimistes, le GAO, l’équivalent américain de la Cour des comptes française, l’est moins. Celui-ci s’inquiète en effet du retard pris dans le développement des véhicules de SpaceX et Boeing, et il n’est pas convaincu que les véhicules seront certifiés avant 2020.

En raison de ce risque de retard dans la disponibilité des services de lancement et de transport de SpaceX et Boeing, la Nasa a prolongé le contrat qui la lie à Roscosmos pour l’acheminement de ses astronautes de fin 2018 à septembre 2019. Elle envisage aussi d’autres options que celle de l’achat de places à bord des capsules Soyouz. Deux d’entre elles consisteraient à réorganiser le calendrier des lancements de Soyouz, avec un dernier vol en janvier 2020, voire à prolonger la durée des séjours des astronautes américains à bord du complexe orbital.

SpaceX dévoilera une version habitée de sa capsule Dragon

Article de Rémy Decourt publié le 03/04/2013

Après le fret, SpaceX veut transporter des hommes à bord de la Station spatiale internationale. La firme, en compétition avec Boeing et Sierra Nevada pour fournir une capsule habitée à la Nasa, devrait présenter son modèle cette année. SpaceX mise sur une capsule réutilisable qui serait lancée par un Falcon 9 plus puissant.

Elonk Musk, le PDG de SpaceX, deux jours après le retour sur Terre de la capsule Dragon le 26 mars, a déclaré qu’il dévoilerait dans le courant de l’année la version habitée de la capsule Dragon. Très discret sur le design et les caractéristiques du futur modèle, lors de la conférence téléphonique, il a simplement lâché : « ça va être cool ».

Cela dit, quelques informations sont d’ores et déjà connues. Différente de l’actuelle Dragon, la capsule sera réutilisable et capable d’atterrir sur la terre ferme. Les propulseurs seront installés sur les flancs, et ses hublots seront suffisamment grands pour offrir une belle visibilité aux astronautes. Enfin, les pieds d’atterrissage seront rétractables.

Un lanceur plus fiable que le Falcon 9

Cette évolution somme toute assez rapide vers une version habitée de la capsule Dragon s’explique par les choix initiaux de SpaceX. En effet, dès le début du programme avec l’ISS, l’entreprise a su prendre en compte de nombreuses spécifications imposées aux vols habités. En clair, seules quelques modifications majeures sont nécessaires pour rendre habitable la capsule Dragon : bon nombre de ses systèmes et sous-systèmes sont qualifiés pour le vol humain.

Un autre modèle de capsule, baptisé Dragon Red et destiné au vol habité vers Mars, est également en projet. Mais c’est une autre histoire…

Cette capsule habitée sera lancée par une version améliorée et plus puissante du Falcon 9, dont le premier vol d’essai est prévu dans le courant du mois de juin. Ce lanceur, nommé Falcon 9 v1.1, se différencie de son prédécesseur par de nouveaux moteurs plus puissants, des réservoirs plus grands et une coiffe plus large. Ce premier étage sera propulsé par des moteurs Merlin 1D (oxygène liquide et kérosène), 25 % plus puissants que les moteurs 1C de la version de base. Ils sont surtout disposés différemment, de sorte que les forces exercées sur la structure de l’étage soient moins contraignantes.

Le pari de la réutilisabilité

Ce nouveau moteur Merlin 1D est actuellement employé sur le prototype d’étage réutilisable Grasshopper. Ce prototype de lanceur partiellement réutilisable, à décollage et atterrissage vertical, a réalisé plusieurs essais avec succès à moins de 80 mètres de hauteur.

Reste à savoir si SpaceX a trouvé une recette miracle, car les tentatives précédentes pour développer un lanceur partiellement ou entièrement réutilisable n’ont pas abouti. Les agences spatiales comme les constructeurs ont tous abandonné cette idée, en raison de l’absence de solutions technologiques économiquement viables. Ce choix est d’autant plus surprenant de la part de SpaceX, les entrepreneurs privés étant généralement soucieux de la rentabilité future de leurs investissements en recherche et développement. On peut s’interroger sur ce qui fait penser à la firme d’Elonk Musk qu’un étage réutilisable réduirait les coûts de l’accès à l’espace. À suivre donc.

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