Sous un ciel d’apocalypse, la Californie se bat contre des dizaines d’incendies géants – Le Monde

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Le pont du Golden Gate sous la fumée à San Francisco, Californie, le 10 septembre.

San Francisco a été soulagée de s’apercevoir, jeudi 10 septembre, que le ciel avait repris une couleur « normale ». Celle, du moins, à laquelle elle a dû s’habituer depuis cette nuit du 16 août, quand la foudre a frappé le nord de la Californie à plus de 14 000 reprises et provoqué des centaines de départs de feu. Une teinte jamais très définie, entre brouillard et tempête de sable – en réalité de cendres, qui s’accumulent sur les pare-brise des voitures, héritage des méga-incendies qui brûlent depuis des semaines à des centaines de kilomètres de la baie.

L’orange avait disparu dans le ciel, mais, curieusement, l’odeur acre qui irrite la gorge était revenue. Mercredi, journée apocalyptique, entre rouge et noir, le soleil ne s’était levé qu’à midi, mais pour une fois, l’air ne sentait pas le brûlé. Les habitants étaient sortis photographier « l’éclipse », pas vraiment rassurés par les explications officielles : « les particules de fumée réfléchissent la lumière bleue et ne laissent passer que les rayons jaunes, orange et rouges », a expliqué l’agence en charge de la qualité de l’air.

Sur Ocean Beach, un groupe de jeunes surfait, indifférent à la chute brutale des températures. Le 6 septembre, il faisait 37,7 °C, un record historique dans une ville généralement baignée par les courants froids du Pacifique ; quarante-huit heures plus tard, il ne faisait plus que 16 °C sous le Golden Gate Bridge. « Les rayons solaires sont bloqués par la fumée », a expliqué l’agence.

Jeudi, l’air a de nouveau été déclaré « malsain » – pour le vingt-troisième jour. Les populations « vulnérables », les asthmatiques, les enfants, ont été invités une nouvelle fois à rester à l’intérieur, fenêtres calfeutrées. « La couche de fumée est en train de descendre vers la surface, ce qui détériore considérablement la qualité de l’air et risque de déclencher une crise de santé publique », a prévenu Daniel Swain, climatologue à UCLA, l’université de Californie à Los Angeles. Les Centres de détection et de prévention des maladies (CDC), l’autorité sanitaire fédérale, ont mis en garde contre un risque accru d’infections respiratoires, notamment au Covid-19. Il a recommandé le port du masque N95, plutôt que les masques en tissu, tout en admettant qu’il n’est « disponible que pour les professionnels de la santé ».

Sur la carte des incendies en Californie, les endroits épargnés commencent à se faire rares. La saison des vents, ces diablo winds qui chaque automne profitent des hautes pressions sur l’Utah et le Nevada pour franchir la Sierra et débouler sur la Californie, n’a pas encore vraiment commencé, mais les records de superficies brûlées sont déjà dépassés.

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