Source Solde : l’Armée française veut faire oublier la débâcle de Louvois

Spread the love
  • Yum

Source Solde : l’Armée française veut faire oublier la débâcle de Louvois

Au terme d’un déploiement progressif, le ministère des armées a annoncé la semaine dernière le lancement de la dernière phase du logiciel Source Solde, qui gérera dorénavant l’attribution de la paie de l’armée de l’air et du service de santé des armées. Source Solde avait déjà été déployé en 2019 pour gérer la paie des effectifs de la marine nationale, et l’armée de terre et service interarmées en avril 2020. Avec cette dernière phase de déploiement, le logiciel est dorénavant effectivement mis en œuvre pour l’ensemble des 250 000 militaires concernés.

Annoncé en 2015, le projet Source Solde a été confié à la société Sopra Steria. Celle-ci indiquait avoir mis en œuvre une version adaptée de sa solution RH de Sopra HR Software, configurée et testée sous la houlette de la DRH-MD, la direction des ressources humaines du ministère de la Défense, de la DGA (Direction Generale de l’armement) et de l’État major des armées. Le montant du marché s’élève à 128 millions d’euros. L’attribution de ce marché public avait mis en concurrence plusieurs acteurs, dont Accenture et Atos. C’est finalement Sopra Steria qui a été retenue pour mener à bien le projet : la société avait déjà été approchée par le ministère pour travailler sur le prédécesseur de Source Solde, le logiciel Louvois.

publicité

L’activation de Source Solde va permettre au ministère des armées de faire oublier les déboires de Louvois, le précédent logiciel de paiement des soldes des militaires, qui avait été épinglé pour ses nombreuses erreurs dans la paie des militaires. Développé en interne par le ministère de la Défense, Louvois avait été mis en fonction au 1er janvier 2011 et s’était rapidement attiré une mauvaise presse en provoquant de nombreuses erreurs dans le calcul et l’attribution des soldes des militaires. Jean Yves Le Drian, ministre de la Défense sous le gouvernement de François Hollande, avait signé la fin de partie pour le logiciel en 2013, qualifiant celui-ci « d’instable ».

Louvois a pourtant continué de fonctionner plusieurs années en attendant la mise en œuvre de son prédécesseur, et des employés avaient été chargés de refaire les calculs défectueux à la main afin de limiter les erreurs du logiciel. Le logiciel peinait à prendre correctement en compte le système complexe de solde des militaires et provoquait parfois des trop-perçus, que l’état major devait réclamer aux soldats, ou oubliait parfois une partie de leur paie. Entre 213 et 2019, le ministère des armées a évalué le coût des dysfonctionnements du logiciel Louvois à 283 millions d’euros.

Leave a Reply

%d bloggers like this: