Soupçons d’emplois fictifs au MoDem : Tout comprendre à l’affaire qui fragilise François Bayrou – 20 Minutes

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François Bayrou, président du MoDem. — PIERRE VILLARD/SIPA
  • François Bayrou a été mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics vendredi soir.
  • Des collaborateurs de députés européens sont soupçonnés d’avoir travaillé pour le parti centriste, alors qu’ils étaient payés par l’Union européenne
  • Depuis plus d’une semaine, une quinzaine de cadres, élus ou anciens élus MoDem, ont été mis en examen par les juges.

La pression s’accentue sur le MoDem. François Bayrou, patron du parti centriste, a été mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics, vendredi soir. Cette affaire d’emplois fictifs présumés, dans laquelle des collaborateurs de députés européens sont soupçonnés d’avoir travaillé pour le MoDem alors qu’ils étaient payés par l’U.E. fragilise le maire de Pau. Et complique la position de son parti dans la majorité. Si vous n’avez pas tout suivi, on vous résume l’affaire.

Que reproche la justice au MoDem ?

Une dizaine d’assistants d’eurodéputés MoDem sont soupçonnés d’avoir été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu’ils effectuaient des tâches pour le parti centriste, qui les employait à temps partiel. Les juges cherchent à vérifier si ces collaborateurs ont bien accompli des missions pour les eurodéputés, ou si ce montage servait à financer frauduleusement la masse salariale du parti. Deux autres partis, le Rassemblement national et  la France insoumise, sont visés par des enquêtes similaires.

Après l’ouverture d’une enquête préliminaire en juin 2017, qui avait contraint François Bayrou à démissionner du gouvernement, en même temps que Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, l’affaire n’avait plus fait grand bruit, jusqu’à la mi-novembre.

Qui a été mis en examen ?

Depuis plus d’une semaine, une quinzaine de cadres, élus ou anciens élus MoDem, ont été mis en examen par les juges. Lundi, Sylvie Goulard, l’ex-eurodéputée MoDem et candidate malheureuse de la France à la Commission européenne, a été mise en examen pour «détournement de fonds publics». Il lui est reproché d’avoir salarié pendant huit mois, en 2014-2015, un collaborateur sans pouvoir fournir de preuve de son travail.

Mercredi, Marielle de Sarnez, la vice-présidente du MoDem, a elle aussi été mise en examen pour le même motif.

Comment a réagi François Bayrou ?

Le patron centriste a toujours nié tout système d’emplois fictifs. Selon lui, les collaborateurs travaillaient « à temps partiel » pour le MoDem et « étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l’autre faction du temps par notre mouvement ». « Qu’est-ce qu’il y a de répréhensible à ça ? », a-t-il demandé. S’il est mis en examen pour détournement de fonds publics, il encourt jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende.

Il a relativisé les poursuites, déclarant la semaine dernière que « tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française ».

Il a aussi évacué la possibilité de démissionner de ses fonctions de maire de Pau. Mais cette convocation fragilise celui qui a fait de l’exemplarité de la vie politique son cheval de bataille, en portant notamment une des premières lois du quinquennat Macron. Ces soupçons d’emplois fictifs, ajoutés à la polémique sur des prestations réalisées pour un think tank américain, ont aussi coûté à Sylvie Goulard sa place dans la nouvelle Commission européenne, en octobre.​

Comment a réagi le MoDem ? Et la majorité ?

Les centristes font profil bas ce vendredi. Quant au parti présidentiel, son patron a défendu François Bayrou. « Il a consacré une bonne part de sa vie politique à faire avancer la question de la probité dans la vie politique, c’est une part inhérente de son combat politique », a souligné ce vendredi le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, qui lui maintient sa « confiance » et son « admiration ».

Un cadre de LREM assure que la « force de Bayrou, c’est sa relation privilégiée avec Emmanuel Macron. Il a la confiance du président, je ne vois pas pour quoi cela changerait, il faut laisser l’affaire aller jusqu’au bout. En attendant, il est présumé innocent ». Interrogée sur le poids du patron centriste dans la majorité, cette source sourit : « il va être beaucoup moins critique je pense ! ».

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